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mercredi 31 mars 2010

"Votre mission si vous l'acceptez..."


"Votre mission si vous l'acceptez..." : la formule est dans toute les mémoires. Personne n'est passé à côté des aventures de Jim Phelps. Le 14 mars dernier, avec Peter Graves, son interprète, s'est éteint tout un pan du patrimoine « sériephile ». En son temps, Mission Impossible dama le pion au plus britannique des agents secrets qui triomphait au cinéma ! Retour sur cette série culte.


1966 : le contexte de l'époque intéresse aussi bien le septième art que la petite lucarne. Entre la guerre froide et la guerre au Vietnam, rien ne va plus Outre-Atlantique. Les scénaristes s'imprègnent de ce climat et pondent des projets. Bruce Geller propose à la Paramount de réaliser une série d'agents très spéciaux, et ce, en réponse à l'agent 007 qui s'installe progressivement dans le cœur des cinéphiles.

Cette série d'espionnage est d'un genre tout à fait nouveau : le héros n'est plus un solitaire, ni une personne de terrain, mais une équipe. Une équipe composée de plusieurs agents, tous spécialistes dans leur catégorie, travaillant pour le gouvernement et plus précisément pour une division ultrasecrète : l'IMF (Impossible Mission Force) chargée de missions dites impossibles. Une division (dont le nom de code gouvernemental est US ALPHA 716 CHARLIE) qui opère dans l'ombre à l'insu de tous car en cas d'échec, le Département d'Etat niera avoir eu connaissance des agissements de ces agents non-officiellement couverts.


C'est en 1967, quand la saison 1 est diffusée pour la première fois sur la deuxième chaîne, que les téléspectateurs français découvrent cette équipe atypique : un cerveau, Dan Briggs, un spécialiste en électronique, Barney Collier, un roi du déguisement, Rollin Hand, une séductrice, Cinnamon Carter et un homme à tout faire, Willy Armitage. Au bout de 28 épisodes, Steven Hill doit quitter la série pour des raisons personnelles. Et c'est à ce moment-là qu'il sera remplacé par l'inoubliable Peter Graves qui fera de Jim Phelps un personnage incontournable. La série va connaître son âge d'or. La scène d'ouverture avec le magnétophone qui s'autodétruit et le générique de Lalo Schifrin propulseront la série américaine au rang de série culte dans le monde entier.

Mission Impossible saison 1

Une construction sans faille

Chaque épisode repose sur la même structure : Jim Phelps reçoit des ordres de mission transmis par une voix enregistrée sur une bande magnétique qui s'autodétruit. Une fois réunie, son équipe traquera dictateurs, hommes d'affaires véreux et terroristes. Pourtant, si le schéma structurel est répétitif, chaque épisode fonctionne parfaitement grâce à un suspense bien équilibré autour d'une intrigue solide. Filmée en couleurs, avec une photographie impeccable et une mise en scène des plus épurées, Mission Impossible se révèle d'une implacable efficacité.

Le découpage témoigne d'une précision visant à capter l'essentiel et offre la même forme de suspense. Certes, ils vont réussir mais comment vont-ils s'y prendre ? Chaque épisode est rythmé par l'accompagnement musical de Lalo Schifrin soigneusement dosé en fonction des moments stratégiques et des points d'orgue émotionnels. Autre élément de succès : les gadgets et plus particulièrement les masques pour permettre aux membres de l'équipe d'usurper l'identité des bad guys. Cette astuce scénaristique permet d'élever le niveau d'intensité dramatique de manière très subtile.


Sept saisons et 168 épisodes plus tard, Mission Impossible a réussi à s'imposer en véritable série culte. Au fil des ans certains acteurs quittent l'aventure (Martin Landau et Barbara Bain délaissent l'IMF dès l'arrivée du nouveau producteur Douglas S. Cramer dont le but est de serrer les budgets jugés trop coûteux), d'autres la rejoignent (Leonard Nimoy et Lesley Warren) et certaines stars s'invitent (Martin Sheen, Robert Conrad...). En 1973, les producteurs jugeant les coûts de production trop importants décident de mettre un terme au tournage.


En 1988, Peter Graves reprit le rôle de Phelps pour deux saisons dans Mission Impossible, vingt ans après mais sans grand succès. Le cinéma prendra le relais en dénaturant quelque peu le concept initial, et la personnalité de Jim devenu, sous les traits de Jon Voight, un traître ! Certains fans verront là une autodestruction programmée.

source : dvdrama

mardi 30 mars 2010

GIL GERARD ALIAS BUCK ROGERS


Acteur américain né à Little Rock dans l'Arkansas le 23 janvier 1943. Chimiste de formation, il fit ses débuts sur scène au milieu des années 1960, jouant dans des productions comme I Do, I Do. Il tint le rôle du Dr. Alan Stewart dans la série télévisée The Doctors puis celui de Buck Rogers dans la série Buck Rogers in the 25th Century. Par la suite, il fut le guerrier pro-écolo, John Harding dans Earth Force (1990), je suis .......


GIL GERARD

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Buck Rogers au XXVe siècle ou Buck Rogers (Buck Rogers in the 25th Century) est une série télévisée américaine en un pilote de 90 minutes et 35 épisodes de 46 minutes, créée par Glen A. Larson et Leslie Stevens d'après le personnage éponyme de Philip Francis Nowlan, et diffusée entre le 20 septembre 1979 et le 16 avril 1981 sur le réseau NBC. En France, la série a été diffusée à partir du 7 janvier 1984 sur TF1 puis en 2001 sur Série Club


ERIN GREY



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aujourd'hui


lundi 29 mars 2010

ROSCHDY ZEM



Drames intimistes, comédies populaires, films psychologiques, polars, cinéma social... Roschdy Zem a su s'imposer parmi les meilleurs acteurs français en privilégiant la variété. Dans Tête de turc, le premier film de son ami de longue date Pascal Elbé, en salles le 31 mars, il interprète un flic taciturne et un peu réac, en quête de vengeance après l'agression de son frère dans une cité. L'occasion de diversifier encore davantage une carrière déjà bien remplie, qui a contribué à ouvrir la voie aux comédiens d'origine arabe en France.


Premiers pas grâce au cinéma d'auteur
Né à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) en 1965, Roschdy Zem a grandi à Bobigny, taisant ses velléités d'acteur pour éviter qu'on se moque de lui. Il prend quand même des cours de théâtre qui l'amènent à se produire sur les planches parisiennes et à faire de la figuration, à 22 ans, dans Les Keufs de Josiane Balasko (1987). Vendeur de jeans sur les marchés pour gagner sa vie, il est repéré par un assistant d'André Téchiné qui lui offre un petit rôle de gigolo dans J'embrasse pas (1991). Une première expérience réussie puisque le réalisateur renouvelle leur collaboration en 1993 dans Ma Saison préférée, puis en 1998 dans Alice et Martin, mais toujours pour des personnages secondaires.


Avec la trentaine, Roschdy Zem se voit enfin confier des rôles plus importants. Il incarne d'abord l'attachant ange gardien de Sandrine Kiberlain dans En avoir ou pas de Laetitia Masson (1995). Il se montre ensuite très convaincant en toxico faisant découvrir la drogue et le sexe tarifé à un jeune étudiant en histoire de l'art dans N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois (1996). Sa carrière est lancée. Il se met alors à enchaîner les films, privilégiant dans un premier temps le cinéma d'auteur, excepté son rôle de caïd dans la comédie Le plus beau métier du monde de Gérard Lauzier (1996).

On le retrouve ainsi dans le milieu de la musique hip hop avec Clubbed to death (Lola) de Yolande Zauberman (1997), en ex-infirmier junkie chez Patrice Chéreau dans Ceux qui m'aiment prendront le train (1998) et questionnant ses origines maghrébines dans deux évocations de la guerre d'Algérie : L'autre côté de la mer de Dominique Cabrera (1997) et Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou (1999). Fils d'immigrés marocains, mais ne parlant pas un mot d'arabe, il apprend sa langue maternelle pour ce dernier film et s'inspire de son père afin de gommer sa démarche qu'il juge trop parisienne.

Fidèle aux réalisateurs qui lui ont donné sa chance à ses débuts, il retrouve Laetitia Masson pour jouer un banquier dans A vendre (1998) et apparaît dans Louise (Take 2) (1999), le premier film de Siegfried, qui l'a déjà fait tourner dans deux courts-métrages, puis refera appel à lui pour Sansa en 2004. Sa deuxième collaboration avec Pierre Jolivet (après Fred en 1997) lui permet alors d'obtenir une nomination au César du meilleur second rôle grâce au personnage sympathique de Sami, le prof de sport solidaire de son rival amoureux, dans Ma petite entreprise (1999). Un succès retentissant qui les poussera à récidiver avec Filles uniques en 2003, puis La très très grande entreprise en 2008.


L'ouverture aux films populaires
Son talent reconnu par la profession, Roschdy Zem fait désormais feu de tout bois et multiplie les rôles de composition. Chauffeur de taxi attaché à ses amis dans la comédie sociale Sauve-moi de Christian Vincent (2000), médecin élégant et attentionné dans le film psychologique Betty Fisher et autres histoires de Claude Miller (2001), compagnon de la vedette Ophélie Winter dans le premier long-métrage d'Yvan Attal, Ma Femme est une actrice (2001), marathonien algérien devenu prostitué travesti dans le drame Change moi ma vie de Liria Bégéja (2001), officier de la marine nationale dérouté par la réapparition de sa femme dans Ordo de Laurence Ferreira Barbosa (2004), il se transforme même en Maréchal Bertrand dans la production historique Monsieur N. d'Antoine de Caunes (2003).



L'acteur n'hésite pas non plus à s'ouvrir à un cinéma plus commercial en participant aux comédies populaires Le Raid de Djamel Bensalah (2002), Blanche de Bernie Bonvoisin (2002) et Chouchou de Merzak Allouache (2003), où il campe l'hilarant et pittoresque Frère Jean. Roschdy Zem passe sans problème d'indic, dans 36 Quai des Orfèvres d'Olivier Marchal (2004), à flic, dans Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois (2005). Il apprend l'hébreu pour incarner un père de famille sépharade vivant à Tel-Aviv dans Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu (2005), puis prend l'accent serbe pour La Californie de Jacques Fieschi (2006).

Sa carrure imposante, son charisme et sa sensibilité lui permettent de tout jouer. Cependant, c'est grâce à sa troisième collaboration avec Rachid Bouchareb, après le téléfilm L'honneur de ma famille (1998) et Little Senegal (2001), qu'il atteint la consécration. Indigènes, film de guerre sur le sort des soldats originaires des colonies pendant la Seconde Guerre mondiale, lui rapporte en effet le Prix d'interprétation masculine, partagé avec ses quatre partenaires, au Festival de Cannes en 2006. Une sacrée victoire pour celui qui a dû se battre à ses débuts afin de se faire accepter par les autres acteurs et aura finalement réussi, avec Sami Bouajila, à défricher le terrain pour les générations de comédiens d'origine arabe à venir.



Acteur vedette... et réalisateur
Loin de se reposer sur ses lauriers, Roschdy Zem relève un nouveau défi en s'attaquant à la réalisation avec Mauvaise foi en 2006. L'histoire de ce couple mixte, lui musulman, elle juive, qui doit faire face aux réticences familiales sur fond de conflit israélo-palestinien, délivre un message de tolérance salvateur. La mise en scène s'avère bien un peu conventionnelle, mais fait la part belle au jeu des acteurs et à leur justesse, comme dans la plupart des films réalisés par des comédiens.



Après ce passage réussi derrière la caméra, on le retrouve en tête d'affiche de films toujours aussi divers que variés. Mari infidèle dans la comédie romantique Détrompez-vous de Bruno Dega et Jeanne Le Guillou (2007), garde du corps ombrageux dans le drame psychologique La Fille de Monaco d'Anne Fontaine (2008), officier de police infiltré et surentraîné dans le film d'action Go Fast d'Olivier Van Hoofstadt (2008), il interprète également un avocat désenchanté dans le thriller Commis d'office d'Hannelore Cayre (2009).

Et l'acteur n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin puisqu'on devrait le retrouver sur les écrans avec quatre films cette année. D'abord dans Tête de turc, le polar de son vieil ami Pascal Elbé le 31 mars, on le verra ensuite dans Hors-la-loi, la nouvelle production historique d'un autre complice, Rachid Bouchareb, puis dans A bout portant de Fred Cavayé et Happy Few d'Antony Cordier. Une hyperactivité comme si le comédien mettait un point d'honneur à profiter de toutes les portes qu'il a su ouvrir.

samedi 27 mars 2010

SCENES CULTES

100 % LESLIE NIELSEN



vendredi 26 mars 2010

L'ENNEMI INTIME



Les opérations militaires s'intensifient. Dans les hautes montagnes Kabyles, Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, un militaire désabusé. Leurs différences et la dure réalité du terrain vont vite mettre à l'épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu'ils n'ont comme pire ennemi qu'eux-mêmes.


Avec un sujet plutôt rare, la guerre d’Algérie, Siri réalise ce film façon western et film de guerre en ajoutant une dimension psychologique profonde. Ce film est sombre et dure psychologiquement.

Dupontel est magnifique et Benoit Magimel trouve peut être pour la première fois un grand rôle dans sa carrière.

Même si il film n’a pas eu le succès qu’il méritait, Ennemi intime peut rivaliser sans problème avec les grands classiques (platoon) et deviendra une référence dans les années à venir.


jeudi 25 mars 2010

JAMES CAMERON

James Cameron voit le jour au Canada, le 19 août 1954. Dès l'enfance, il développe un grand intérêt pour la science-fiction. Lecteur vorace, il lit tout ce qui lui tombe entre les mains. Inventif, il construit très jeune des maquettes et s'intéresse au cinéma. Il commence par réaliser des petits films grâce à la caméra super-8 familiale. Il connaît enfin la révélation de sa vocation devant 2001, l’Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick en 1968.

Il le voit une bonne dizaine de fois et en tire son inspiration. Pourtant, il faut un autre déclic pour qu'il se lance véritablement vers son destin. Après avoir découvert Star Wars de George Lucas en 1977, il décide que sa vie consistera à faire des films. Il quitte tout pour s'y consacrer enfin. Il commence par réaliser en 1978 un court-métrage où il démontre déjà son aise à user d'effets spéciaux. Cela lui vaut une première reconnaissance et son premier boulot sera de construire des maquettes pour les productions à petit budget de Roger Corman. Cela lui permet entre autres choses, de réaliser un premier film frustrant pour lui (puisque sans budget), Pirhana 2 : les tueurs volants en 1981.

A la suite de ce chaos naît pourtant un script, celui de Terminator. Cameron dit que l'histoire lui est venue d'un cauchemar à propos d'un robot meurtrier. Le cinéaste pouvait enfin faire ses preuves et imposer sa marque dans le cinéma d'action. A le revoir, ce premier volet est étonnant. Il est d'inspirations très hétéroclites. Le volet science fiction d'abord : l'avenir d'où viennent le fameux Terminator et son poursuivant. On y voit une Terre dévastée, gouvernée par les machines, traversée ça et là par des rayons lasers dévastateurs, les hommes s'y terrant dans des tranchées. Le présent est celui, d'abord insouciant, de Sarah Connor, jeune serveuse à New York pendant les années 80. Bientôt, elle se voit pourchassée par deux hommes, un qui la protège et l'autre qui veut la supprimer pour qu'elle ne donne pas naissance au héros de la résistance humaine à venir. L'histoire est audacieuse. Le traitement inédit, entre cauchemar d'anticipation, thriller et policier. Cameron choisit pour incarner son cyborg exterminateur, l'ancien champion de culturisme Arnold Schwarzenegger qui fait une prestation impassible et glaçante, entrée dans la légende.

Le réalisateur explose les frontières entre les genres, pose des personnages tourmentés et fouillés et explore les relations entre eux. En même temps que des scènes d'action absolument exceptionnelles, il met en scène un spectacle total et émouvant, notamment par le lien qui se tisse entre Michael Biehn et Linda Hamilton. On découvre les thématiques chères au cinéaste : les dangers du progrès, l'humanité fragile et faillible, l'amour comme seul salut et également la hantise d'un avenir apocalyptique.

James Cameron écrit le script de Rambo 2 : la mission. Il insiste ensuite pour réaliser une autre suite à un film d'envergure. Aliens sort en 1986.

L'action domine, effrénée, dans une surenchère permanente. Ripley retourne dans l'espace avec une escouade de militaires gouailleurs et bien entraînés pour affronter non plus une seule créature, mais toute une colonie, défendue par leur mère. L'opus est moins impressionniste que l'original, plus direct, spectaculaire et martial. Le réalisateur s'y sert de grands archétypes, comme le déconneur de service un peu irritant campé par Bill Paxton. Cependant, Cameron confère du souffle à l'ensemble, de l'émotion même, dans la relation avec la fillette ou dans l'attitude de la « reine mère ». L'efficacité alliée à la sensibilité de Cameron continuent de faire merveille.

Auréolé de ses succès, le réalisateur peut se consacrer à son prochain film, Abyss, sorti en 1989, où l'on voit émerger un décor plus que récurrent dans son œuvre : l'océan. Le récit se déroule dans une plate-forme en eaux profondes, troublée par l'arrivée de marines, venus explorer un sous-marin qui a mystérieusement sombré. La cohabitation est mouvementée, d'abord par le fait que les soldats soient accompagnés par l'ex-femme du maître des lieux. Entre Mary Elizabeth Mastrantonio et le toujours impeccable Ed Harris se développe une relation orageuse et passionnelle. Michael Biehn, ici chef des marines, a la fièvre des profondeurs et se laisse gagner par la démence. A cela vient s'adjoindre la manifestation d'une vie extraterrestre sous-marine, prenant vie à l'écran grâce à une utilisation somptueuse -et pionnière- des images de synthèse. Le tournage est difficile : tendu et éprouvant, pour les acteurs et l'équipe. Comme toujours, Cameron compose une histoire totale et ambitieuse, avec une tension et des confrontations spectaculaires où la claustrophobie agit sur les esprits. Le film est surtout riche d'une indéniable sensibilité, les sentiments entre les personnages sont forts et émouvants. Enfin, la nature humaine est encore double : capable de monstruosité (les explosions nucléaires, les guerres, les génocides) et des élans les plus nobles (l'amour et l'altruisme). Le film ne rencontra pas à sa sortie le succès escompté. Il s'est imposé depuis comme une oeuvre d'importance, notamment dans sa version longue.


Terminator 2 : le jugement dernier reprend ces mêmes thématiques en 1991 et marque une évolution par rapport au premier épisode. Cette fois le robot terrifiant (Schwarzenegger) se fait protecteur de John Connor, poursuivi par un T-1000 (Robert Patrick) venu du futur pour l'éliminer. Les scènes d'action sont spectaculaires à souhait (des poursuites à couper le souffle, une tension de chaque instant).

les effets spéciaux sont d'une qualité exceptionnelle (dont une utilisation magistrale du morphing pour l'increvable méchant de l'histoire). Mais c'est avant tout par l'émotion que cet opus se démarque. La fragilité de Linda Hamilton internée dans un asile, le jeune Edward Furlong se trouvant un père de substitution dans le Terminator. Et toujours cette vision troublante dérangeante, d'un avenir inquiétant, où l'humanité a le pouvoir d'oeuvrer à sa propre destruction.

True Lies en 1994 est un intermède réjouissant, lointain remake de La Totale de Claude Zidi. Ici, l'action est décomplexée, jubilatoire et improbable comme dans un James Bond bien troussé. Cameron et Schwarzenegger ont pris le parti de s'y amuser (on voit le héros aussi à l'aise pour chevaucher un avion à réaction que pour danser le tango). Le couple formé avec Jamie Lee Curtis dégage une allégresse naïve et énergique, rappelant les belles comédies d'antan. Encore un exercice de style réussi avec classe et ce soupçon de démesure qui fait tout le panache du réalisateur.

Après cela il participe à l'écriture et à la production de l'excellent Strange days de Kathryn Bigelow (dont il avait déjà produit Point Break, extrême limite). On connaît l'ambition du bonhomme et sa capacité à s'attaquer à des projets épiques et fous, à les tourner en perfectionniste, jusqu'à l'épuisement.

Mais rien n'annonce en 1998 le phénomène que deviendra Titanic, plus gros succès de l'histoire du cinéma. Certes, le thème est porteur, mais il fallait quelqu'un comme Cameron, avec sa sensibilité et son sens du spectacle, pour le transcender.

Plus qu'une vision romantique du naufrage, on retrouve les grands thèmes qui occupent le cinéaste depuis longtemps : les dangers du progrès, l'imprudence de l'homme face à des forces qui le dépassent, l'amour comme seul espoir. Le cinéaste dispose de moyens hors du commun pour reproduire fidèlement le paquebot. Il s'astreint dès l'écriture à une préparation méticuleuse, une immersion totale dans cette histoire. C'est ainsi que l'on retrouve l'âme qu'il sait apporter au spectaculaire. Il crée un jeune couple qui nous attache à ce naufrage. Deux grands acteurs se révèlent dans cet imposant décor, Kate Winslet et Leonardo DiCaprio. Leurs personnages sont pourtant assez simples : il est un artiste désargenté, elle est une aristocrate promise à un mariage sans amour. Mais par leur spontanéité et la dimension très personnelle que James Cameron a donné à Jack Dawson, ils touchent au coeur. Encore une fois, la prouesse est à la fois technique et sensible. Ce film attire tous les superlatifs et fait tomber tous les records.

Après pareille aventure, il se passe un peu de temps avant de retrouver le cinéaste. Il s'attarde sur l'épave mythique dans Les Fantômes du Titanic. Il se consacre au documentaire pendant un temps (dont un consacré au vaisseau de guerre le Bismarck, dont il explore l'épave au fond de l'Atlantique). Il crée une série télévisée, Dark Angel en 2000 dont il réalise quelques épisodes. On parle de son projet, fascinant, de raconter l'éruption du Vésuve durant l'Antiquité. Enfin il porte en lui depuis des années un projet ambitieux et révolutionnaire dans sa conception, Avatar.

James Cameron a toujours su livrer des films riches et divertissants, innovants techniquement (il fut l'un des premiers à utiliser avec brio les images de synthèse), et profondément émouvants. Il a aussi souvent montré une nature humaine contrastée dans des productions souvent épiques, hors du commun. Il est un artiste qui s'est consacré totalement à ses films, pour qu'ils correspondent à sa vision, n'acceptant pas de la laisser compromettre.

Pour son Avatar, il a attendu que la technologie soit à même de rendre justice à l'histoire qu'il voulait raconter. Il est un réalisateur certes peu prolifique, mais son oeuvre est assurément celle d'un visionnaire qui a marqué son temps et l'histoire du cinéma.

source : ecran large.com

mercredi 24 mars 2010

UN RêVE DE PRODUCTEUR



Certains films ont tout pour réussir :


Un bon casting,

Un bon réalisteur,

Une bonne histoire,

Réunir DELON et BELMONDO 25 ans après BORSALINO, c'était l'idée de génie de Christian FECHNER (producteur de l'aile ou la cuisse, les spécialistes, marche à l'ombre ...) mais à l'arrivée... c'est la catastrophe, le film ne prend pas...


Dans une interview*, Patrice LECONTE disait :

" Ce film c'est un rêve de producteur, c'est aussi le rêve d'un réalisateur (avoir devant la caméra DELON et BELMONDO dans un même film) , mais ce n'était peut être pas le rêve du spectateur finalement"


LA PETITE HISTOIRE

AUTOUR DU FILM

En 1996, Christian Fechner prépare en effet dans le plus grand des secrets un coup remarquable, celui de réunir sur grand écran Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. Un événement de taille, auquel Vanessa Paradis participera bien évidemment. Le concept n'est pas nouveau et rappelle vaguement un film de Francis Veber (la finesse en moins), Les Compères (avec Pierre Richard et Gérard Depardieu), où deux hommes se disputent la paternité d'un même enfant.

Seulement, sous la direction d'un Patrice Leconte particulièrement énergique, le résultat se révèle tout autre. Ainsi donc, place à l'action, aux cascades et aux nombreux hommages cinématographiques. En ce sens, les inconditionnels de Bébel et de Monsieur Alain Delon en ont pour leur argent, et il n'est pas rare de verser une larme ou deux lors de certaines séquences pour le moins nostalgiques.

Mais c'est justement là qu'est le problème. Au milieu de ces deux mastodontes du cinéma, Vanessa Paradis ne trouve pas vraiment sa place et ne leur sert finalement que de faire-valoir. Une cruelle déception, surtout au vu de ses premiers films dans lesquels elle faisait preuve d'un véritable charisme. Mais avec Une chance sur deux, tout n'est que gâchis. Et malgré un divertissement honnête, le public ne s'y intéresse que très modestement. Double raté."

source : dvdrama.com
* bonus du dvd "les spécialistes"

mardi 23 mars 2010

LE RETOUR DE LUCIEN

C'est le dernier Lucien de Franck Margerin. Vous ne connaissez pas Margerin, ni Lucien ? Margerin imagine le personnage de Lucien en 1979. Il s'agit d' un rocker au cœur tendre, à la coiffure banane et au gros nez. C'est assez surprenant, dans cette aventure, Lucien, Ricky, Gillou et Riton ont 30 ans de plus que dans les albums précédents. Je ne suis pas un mordu de BD, mais Lucien de Margerin, c'est la seule collection que j'ai complète !


LE RETOUR DE LUCIEN !

lundi 22 mars 2010

SUBWAY

Après avoir dérobé des documents compromettants, un homme se réfugié dans l'univers fascinant et agité du métro parisien. Une impitoyable chasse à l'homme s'organise au cours de laquelle d'étranges liens se tissent entre le cambrioleur et sa victime.


Un film que j'adore, d'abord pour son univers si particulier, mystérieux, avec Besson le Métro devient un monde fantastique. Le scénario est innovant, il nous montre une petite société vivant dans dans le métro.

Isabelle Adjani est magnifique, autant physiquement qu'au niveau de l'interprétation . Au début femme snobinarde et bourgeoise qui se laisse peu à peu guider dans l'univers de Fred, et découvre les joies d’une vie simple.

Christophe Lambert est formidable en blond simplet avec une vision enfantine du monde et son obsession pour la musique qui le pousse à monter un groupe. Pour info, il avait tourné juste avant Greystoke (le film qui l'a révélé).... La musique est signé ERIC SERRA



Pour tout savoir sur le film :

SECRETS DE TOURNAGE




Le deuxième long métrage de Besson

Deuxième long métrage, Subway (1985) succède dans la filmographie de Luc Besson au Dernier combat, réalisé en 1983.
Pour l'occasion, Luc Besson retrouve Jean Reno pour la troisième fois, après L'Avant-dernier et Le Dernier combat. Il s'agit également de la troisième collaboration du cinéaste et du compositeur Eric Serra.

Un couple peut en cacher un autre

Le couple incarné dans le film par Christophe Lambert et Isabelle Adjani devait initialement être interprété par Sting et Charlotte Rampling. Les défections successives du chanteur et de la comédienne anglaise ont conduit Besson à faire appel à Isabelle Adjani qu'il avait déjà dirigé pour le clip Pull Marine, ainsi qu'à Christophe Lambert.

Le sacre de Lambert

Avant de jouer dans Subway, l'acteur avait été dirigé par Hugh Hudson dans Greystoke, un film qui n'était pas encore sorti sur les écrans français au moment du tournage de Subway. Le succès de Greystoke permit à Lambert d'accéder au rang de star du grand écran. L'accueil que le public réserva à Subway fit que confirmer la tendance.

Un tournage sous contrôle

La direction de la RATP n'autorisa Luc Besson à tourner dans le métro parisien qu'à la condition de respecter des horaires très stricts : de 9h00 à 16h00 et de 1h00 à 5h00. Soucieux de l'image de la Régie, la direction de la RATP délégua un représentant sur le tournage, ce qui obligea Besson et son équipe à déployer des trésors d'ingéniosité pour réaliser certaines séquences violentes qui montraient le métro sous un jour peu flatteur.

Trois Césars en 1986

Sur les 13 nominations que le film obtint aux Césars 1986, Subway récolta trois trophées. Christophe Lambert fut élu par le jury Meilleur Acteur de l'année. L'Académie récompensa également Alexandre Trauner (Meilleur décor), ainsi que l'équipe son du film (Meilleur son).


bref, un film culte par le (futur) réalisateur du GRAND BLEU / NIKITA/LEON...etc...

Dans la série « on a pas du voir le même film », voici l’avis d’un internaute.


Tout ce que vous ne devez pas faire dans un film par l’ami Luc B. en 10 leçons: Premièrement n’écrivez pas de scénario, ça sert a rien-

Deuxièmement créez des personnages grotesques et affublez les de noms ridicules du genre batman ou gros bill, c'est tellement rigolo-

Ensuite, cherchez des costumes et des coupes de cheveux qui donnent mal aux yeux et servez vous en- Puis truffez votre film de scènes musicales en veillant bien à ce qu’elles se ringardisent le plus vite possible-

Mettez le paquet sur une mode de l’instant par exemple le roller (Subway a notre époque ce serait Jean Hugues Anglade qui braque en dansant la tektonik)-

Engager les acteurs qui cartonnent, même s'ils n’ont aucun talent- Laissez les faire n’importe quoi, c’est plus créatif, comme une isabelle Adjani sous tranxene qui déclamerait son texte face caméra sans y croire une demie seconde-

Délayez avec beaucoup de blabla et d’humour à deux francs, n'hésitez pas à employer l'humour de répétition, c'est le moins cher-

Ramassez le plus de clichés possible et imaginables sur un sujet qui n’en demandait pas tant, par exemple le métro- Et enfin arrangez vous pour que la fin soit incompréhensible. Ca y est, vous obtenez une bouse innommable et branchouille, vous êtes enfin prêt à recevoir un césar du meilleur film prétentieux.

dimanche 21 mars 2010

COLUCHE ET LA POLITIQUE

Voici un document assez rare de Coluche parlant de politique. Ce qui est surprenant c'est que les scketchs ou les discours de Coluche sont toujours d'actualité, 25 ans après... en voici encore la preuve.

samedi 20 mars 2010

CINEMA & POLITIQUE



Ce week end, c'est le second tour des Régionales, pour "coller" à l'actualité, voici un extrait d'un de mes films cultes, signé PIERRE TCHERNIA avec Michel SERRAULT et Jean POIRET, un must !

LA GUEULE DE L'AUTRE :
Synopsis : Lors de sa campagne électorale, un homme politique prend peur à l'annonce d'un tueur évadé qui en veut à sa personne. Il engage un sosie, acteur raté, qui n'est autre que son cousin.




vendredi 19 mars 2010

L'HOMME QUI N'A JAMAIS PEUR


L'acteur américain Fess Parker, considéré comme une icône du cinéma aux Etats-Unis pour avoir incarné "Davy Crockett" dans les années 1950, est mort jeudi à 85 ans dans sa propriété viticole de Santa Ynez, en Californie, annonce un communiqué de la famille.



"L'acteur, l'impresario et le vigneron Fess E. Parker est mort aujourd'hui, le 18 mars, dans sa maison de Santa Ynez", indique le communiqué diffusé par la famille installée dans cette vallée vinicole située à quelque 200 km de Los Angeles, près de Santa Barbara.



Fess E. Parker a marqué des millions de jeunes américains en incarnant à la fin des années 1950, dans la célèbre série télévisée "Davy Crockett, roi des trappeurs", un personnage mythique de l'histoire américaine, David Stern Crockett, qui vécut au début du XIXe siècle.



source : Morandini.com

jeudi 18 mars 2010

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mercredi 17 mars 2010

LA TELE REND CON


La télé rend sadique ?

Zone extrême, émission polémique

Par Chloé Leprince | Rue89 | 16/03/2010

France 2 diffuse ce mercredi soir une vraie-fausse émission sadique. Le programme s'appelle « Zone extrême » et louvoie entre téléréalité et document militant. Christophe Nick, le réalisateur, affirme que son but était de dénoncer le pouvoir avilissant de la télévision sur nos esprits. Pour ce faire, il a repris à son compte l'expérience de Stanley Milgram, psychologue à l'université américaine Yale.


En voyant la bande annonce de « Zone extrême » et le reportage au journal de 20H hier soir , j'ai tout de suite pensé à deux films français :

I comme ICARE d’Henri Verneuil


et le magnifique film d’Yves BOISSET de 1983 avec Gérard Lanvin : Le prix du danger


L'histoire: Le Prix du Danger est un jeu télévisé à succès présenté par Frédéric Mallaire (Michel Piccoli), où un candidat, pour gagner, doit échapper à des tueurs avant de rejoindre une cachette secrète. François Jacquemart (Gérard Lanvin), un chômeur, se voit sélectionné pour participer au jeu. Mais très vite, il s'aperçoit que les dés sont truqués : les gens qui lui apportent de l'aide ne sont autres que des employés de la chaîne... Afin d'échapper à la fin atroce qui lui est réservée, François se rebelle et se transforme lui même en tueur. Il n'a qu'un but en tête : révéler la supercherie en direct...


LE PRIX DU DANGER


Dans les années 50, Milgram avait procédé à une expérience aujourd'hui bien connue : dans un laboratoire, des blouses blanches invitaient des quidams, choisis au hasard, à envoyer des décharges électriques à un cobaye humain (complice de l'expérience) : ils s'exécutaient docilement.

Le but de l'opération étant de démontrer la docilité extrême de l'individu. Lequel ne rechigne pas, sous la force de l'injonction, à s'adonner à une violence extrême. Une nouvelle forme de banalité du mal, en somme, comme le montre la bande-annonce de l'émission (Voir la vidéo)

Christophe Nick a marché dans les traces de Milgram. Il a recruté, via un cabinet marketing, un échantillon représentatif de la société pour constituer son panel de « questionneurs » censés passer un cobaye au grill de tests de mémoire ; il a embauché un comédien à même de singer douleurs atroces et silence inquiétant sous le coup des décharges électriques.

L'intérêt pédagogique de l'opération n'est pas négligeable. Et même les chercheurs les plus sceptiques jugent qu'il s'agit d'une « adaptation convenable » de Milgram.

Les conclusions du livre de Nick sont discutables

Sauf que ses conclusions, médiatisées en amont dans l'ouvrage « L'Expérience extrême » que Nick cosigne avec Michel Eltchaninoff, sont controversées. En affirmant que les Français, parmi les plus réfractaires en 1958 du temps de Milgram, sont devenus autrement plus soumis, Nick s'avance.

De même lorsqu'il soutient que son expérience révèle que la télévision a pouvoir d'injonction hautement plus contraignant que celui des autorités scientifiques.

Laurent

Bègue, chercheur en psychologie sociale à l'université de Grenoble, a visionné le programme dans les studios de production en décembre

2009. A l'écouter, le programme relève de la caricature de Guy Debord et de sa « Société du spectacle », adaptée à l'ère de la téléréalité et pimenté d'un brin de sadisme.

Ce qui rendrait ambigüe la démonstration de Nick : pourfend-il ou pratique-t-il le dérapape télévisuel ? Bègue a listé quatre points qui lui posent problème.


Les chiffres n'indiquent pas davantage de soumission

Sur le papier, l'expérience renouvelée par Christophe Nick affiche des chiffres éloquents : 81% des questionneurs seraient prêts à électrocuter le cobaye, contre 60% chez Milgram dans son étude française la plus connue.

Laurent Bègue :

« Nick s'est focalisé sur un livre qui a plus de cinquante ans mais qui a été nourri, depuis, par nombre de travaux. Lesquels montrent parfois des taux de soumission au moins équivalents à ce qu'il obtient sur le plateau. »

L'émission ne compare pas ce qui est comparable

La démonstration portée par Nick est paradoxale : elle vise à démontrer, sur le petit écran et en prime time, que la télévision serait avilissante pour notre éthique et ruinerait notre capacité de discernement.

Mais comme le remarque Bègue, le public chauffé à bloc par le dispositif télé n'est pas comparable aux passants recrutés par Milgram :

« Les gens dans le public étaient simplement venus chercher cela. N'oublions pas qu'ils ont été recrutés pour participer à une émission de téléréalité. Ils s'adonnent simplement à ce pour quoi ils sont là. »


La docilité à faire du mal serait imprévisible

Dans leur ouvrage, Nick et Eltchaninoff relancent une vieille lune : on n'a « toujours pas trouvé le gène de l'obéissance et de la soumission ». Comprenez : n'importe qui serait capable de passer à l'acte, sans qu'aucun déterminisme psychologique ou social ne vienne interférer.

Bègue, lui, leur oppose d'autres études sur l'autorité, qui viennent nuancer cette vision fataliste. Il affirme ainsi que les êtres qui se révèlent « les plus aimables, les plus consciencieux », sont par exemple plus à même d'appuyer sur le bouton qui déclenchera la décharge électrique…

C'est aussi valable pour « les femmes orientées à droite et moins enclines au militantisme » -pas de chiffres significatifs de ce point de vue-là chez les hommes.

Laurent Bègue rappelle en outre que Milgram avait lui-même démontré une relation statistique avec ce qu'il appelait « l'autoritarisme de droite ». Et cela dès les années 60.


Des conditions d'expérience pas très éthiques

Huit mois après l'expérience, lorsque Laurent Bègue et son laboratoire ont recontacté les participants au prétexte d'un sondage sur leur rapport à l'obéissance, 90% ont accepté de passer vingt minutes au téléphone avec le chercheur. Moyennant 20 euros.

Aucun n'a mentionné de lui-même le fait d'avoir participé à l'émission quelque temps plus tôt. Quand Bègue les a interrogés sur l'expérience, très rares sont ceux qui ont émis regrets ou suspicion vis-à-vis du dispositif.


Sur la base de leurs récits et quoiqu'on pense du programme, impossible donc de conclure que les participants se seraient retrouvés traumatisés par une émission avilissante.

Une anecdote insuffisante cependant pour combler les failles éthiques de l'expérience. Pour Laurent Bègue, ce n'est pas la recherche sur l'extrême qui est condamnable mais le fait de ne pas avoir prévu de dispositif d'accompagnement digne de ce nom. Notamment l'assistance psychologique, immédiatement après le programme, et le suivi en aval des participants.

Le psychologue grenoblois parle carrément de « faute professionnelle » dans la mesure où l'expérience a bien déclenché ce que les chercheurs appellent une « altération de l'état émotionnel du sujet ».

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