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lundi 31 août 2009

THE SILENT FLUTE


The Silent Flute

Installé en Californie dans les années soixante, Bruce Lee se fait connaître en donnant des cours d’arts martiaux à quelques célébrités, et parvient à décrocher des petits rôles dans la série télé Le Frelon Vert ou La Valse des Truands. "Malgré les nombreux amis qu’il comptait à Hollywood", se souvient son élève et ami Roman Polanski, "Bruce n’était pas encore parvenu à considérer ses ambitions cinématographiques. Les studios ne voyaient en lui que le meilleur moniteur et conseiller en arts martiaux de la ville."

En octobre 1969, Bruce Lee prend les choses en main et annonce un projet d’importance. "Il y eut une époque pour immortaliser le héros de western, puis l’escrimeur. Le tour de l’art martial viendra bientôt si je réussis à faire avec James Coburn un nouveau film dans lequel nous partagerons la vedette, The Silent Flute (La Flûte Silencieuse)." L’histoire est celle de Cord (Coburn), un guerrier qui participe à un tournoi d’arts martiaux, dont le vainqueur affrontera Zetan, être mystérieux détenteur du "Livre de la Connaissance". Bruce Lee doit interpréter cinq rôles : le Roi Singe, la Mort, l’aveugle, Chang-sha et Zetan. "Il y aura plein d’artistes martiaux du monde entier. Nous tournerons au Japon."

Le projet intéresse la Warner et Lee en propose la réalisation à Roman Polanski dans son chalet de Gstaad. The Silent Flute est sur la bonne voie. Le "Petit Dragon" espère monter une société de production avec James Coburn et le scénariste Stirling Silliphant (Dans la chaleur de la nuit). Les trois futurs associés partent en 1970 faire des repérages en Inde (à Madras, Goa et Bombay) mais ne trouvent pas ce qu’ils cherchent. L’entreprise devient incertaine et Lee commence à s’inquiéter, car il pense jouer son avenir cinématographique sur ce projet. À l’hôtel Taj Mahal de Bombay, il s’accroche avec Coburn, qui possède une suite quand lui n’a qu’une chambrette. Blessé dans son orgueil, Bruce Lee fait le pari qu’il deviendra une star beaucoup plus importante que lui.

Après l’abandon de The Silent Flute, Bruce Lee reste quelque temps à Los Angeles avant de repartir pour Hong Kong en 1971 tourner Big Boss, qui fait de lui une star. Il revient à Hollywood en 1973 pour Opération Dragon et meurt la même année. En 1978, Stirling Silliphant reprend le scénario de The Silent Flute, qui est réalisé par Richard Moore sous le titre Circle of Iron (Le Cercle de Fer), avec David Carradine et Christopher Lee.

SOURCE

Philippe Lombard - http://www.devildead.com/histoiresdetournages/


[Sources : "Roman par Polanski" de Roman Polanski (Robert Laffont, 1984), "Paroles de Dragon" de John Little (Guy Trédaniel, 1997), "Bruce Lee" de Simon B. Kenny (Pocket Essential, 2001)]

mercredi 26 août 2009

LA FORTERESSE NOIRE


On trouve toujours les mêmes films dans les bacs dvd ! par contre, il y a des films qui ne sont plus diffusés à la télé, qui ne sont plus édités depuis 15 ans et n'ont encore jamais vu le jour en dvd. vous allez me dire "des navets" des films de réalisateurs sans aucun talent ? pas du tout.

LA FORTERESSE NOIRE

Michael MANN

En Avril 1941, dans les Carpates, des nazis investissent de force une énigmatique forteresse-prison, malgré les avertissements du gardien. Mais deux soldats cupides, tentant de substituer une croix en or incrustée dans les murs, réveillent une force maléfique et mystérieuse qui va les décimer. L’arrivée du docteur Théodore Cuza et de sa fille Eva va causer certains problèmes dont un pacte que va établir Cuza avec la force maléfique et la rencontre amoureuse de sa fille avec Glaeken, un être mystérieux…

"The Keep". Malheureusement ce très grand film ne reçut pas un bon accueil de la part de la critique et du public et fut trop vite oublié. Le film de Mann a connu forcément de nombreux problèmes qui ont causé cet échec aussi douloureux qu’insupportable. Ainsi , le tournage fut incroyablement mouvementé par les exigences de Mann, le comportement capricieux des acteurs, la mort du superviseur des effets spéciaux, Wally Veevers, les conditions difficilement supportable de tournage, certains accidents techniques ( le matériel électrique est tombé en panne à cause de la très mauvaise température ) et un manque d’argent évident.

Mais l’horreur continue avec le remontage du film, qui de sa durée initiale de 180 minutes baisse à celle de 113 minutes. Ce montage initial de trois heures fut en fait rejeté par les pontes du studios. Que reste-t-il donc de "The Keep"? Eh bien un excellent film malgré tous les problèmes qui ce sont accumulés autour. Le film se déroule dans les Carpates, au col de Dinu, dans une immense forteresse aussi terrifiante qu’imposante. Des nazis s’y installent, n’hésitant pas à massacrer certains habitants du village voisin où ils sèment la terreur. Le docteur Cuza et sa fille Eva sont arrachés au camp de la mort et emmenés dans la forteresse pour prêter de l’aide aux nazis, Cuza étant un vieil historien. Un soir, deux gardes libèrent une force maléfique bloquée dans la forteresse depuis des lustres ; cette force se nomme Radu Molasar et elle cherche à se libérer de son antre pour répandre la mal sur la terre. Manquant de se faire violer par des soldats, Eva est sauvée par Molasar qui propose un pacte à son père : il lui donne la jeunesse, en échange celui-ci lui procure un talisman qui permet à la créature d’acquérir sa forme définitive. Mais Eva rencontre Glaeken, dont elle tombe amoureuse, un homme mystérieux qui semble venu pour détruire Molasar.

Quel scénario génial n’est ce pas ? Il faut dire que Mann s’en sort très bien, même dans cette version non définitive. Les effets spéciaux (assez inégaux) sont plutôt spectaculaires et il faut d’ailleurs signaler que c’est Enkil Bilal qui a crée le design du monstre. Les éclairages "clipesques" sont d’une grande beauté, donnant au film un côté irréel, onirique en parfaite harmonie avec les très beaux décors et la formidable musique de Tangerine Dream . Une bande son magique et lyrique, un atout formidable pour une œuvre exceptionnelle sur fond d’une confrontation originale et fascinante : le mal contre le mal. On pense également énormément à Lovecraft, autant au niveau de l’ambiance que de cette créature ancestrale et maléfique qu’est Molasar, dont la transformation progressive est un vraie bonheur. Sa transformation finale n’est pas sans rappeler la forme d’un Golem par ailleurs. On terminera sur l’excellent casting où on retrouve Ian McKellen ( Monsieur "Gandalf" et monsieur "Magneto") ainsi que Gabriel Byrne, Scott Glen ou encore Jurgen Prochnow, assez habitué au genre. Au final, "The Keep" est un film massacré et maudit mais qui restera une référence du cinéma fantastique, autant par son originalité que par ses nombreuses qualités scénaristiques, visuelles et sonores. Prodigieux et unique.

source : http://www.horreur.net

mardi 25 août 2009

SUPERMAN IV



Après le succès mitigé de Superman 3, les producteurs Ilya et Alexander Salkind décident d'épuiser, d'assécher et de décliner le filon de Superman. Ils donnent naissance à Supergirl, réalisé par Jeannot Szwarc l'année suivante et qui connut un bide monumental au box-office. Voyant la case banqueroute approcher, les Salkind refourguent les droits d'exploitation du personnage au cinéma aux boss de la Cannon, puissante boîte de production de séries B et Z : Invasion USA (avec Chuck Norris) , The Delta Force 1 et 2, Portés disparus, American Ninja, Cobra, Exterminator II et Les Maîtres de l'Univers, des titres aujourd'hui évocateurs dont les principaux responsables se nomment Menahem Golan et Yoram Globus.


Superman est de retour. Lex Luthor aussi et il est bien determiné à se débarrasser de l'oiseau bleu. Pour cela il crée avec l'aide de son neveu, un Homme-Nucléaire dôté des mêmes pouvoirs que Superman.


Persuadés de tenir enfin le jackpot au niveau international en produisant un hit assuré, les deux producteurs investissent leur plus gros budget dans ce projet pour rivaliser avec les productions antérieures des Salkind. Christopher Reeve, déçu des résultats du dernier opus (budget tout juste rentabilisé), se laisse convaincre pour la somme de 6 millions de dollars ainsi que par une participation au scénario aux côtés de Lawrence Konner et de Mark Rosenthal. Les scénaristes seront d'ailleurs accusés de plagiat après la sortie du film et sortiront vainqueurs d'un court procès. La réalisation est confiée à Sydney J.Furie, auteur du film Aigle de fer. Le budget est de soi-disant de 40 millions de dollars. Superman IV sort sur les écrans le 24 juillet 1987 aux Etats-Unis pour le cinquantième anniversaire du super-héros. Au total le film n'engrangera que 15 millions de dollars.


Comment tuer un mythe ou comment ridiculiser un super-héros ? Il s'avèrera que le budget alloué à Superman IV n'était pas de 40 millions de dollars mais de la moitié. Ce qui expliquera entre autres la pauvreté des moyens techniques du film et des horribles effets spéciaux. C'est bien simple, en regardant le film on ne peut s'empêcher de rire tout du long surtout dans sa deuxième moitié où le combat Homme-Nucléaire/Superman rentre instantanément dans l'anthologie de la science-fiction ringarde mais rigolote. On pense à une succession de scènes coupées où les effets spéciaux font pitié et étaient déjà pathétiques à la sortie du film. En regardant bien le film, on se rend compte qu'il s'agit tout le temps du seul et même plan (moche) de Superman en train de voler, y compris dans l'espace. Même le S paraît scotché sur la cape. Les amateurs de nanars seront aux anges et Warner a mis les petits plats dans les grands avec les scènes coupées présentes sur le dvd présentant le premier Homme-Nucléaire raté de Lex Luthor. On « rêve » alors d'une version longue mais on se contente de ce que la Warner a bien voulu nous offrir.


Que reste t-il de Superman IV aujourd'hui ? Une succession d'invraisemblances comme l'évasion de Lex Luthor et surtout L'Homme-Nucléaire qui emmène sa bien-aimée faire un petit tour dans l'espace habillée en tailleur et talons hauts. La qualité du dvd fait ressortir la pauvreté des effets spéciaux en particulier les transparences hideuses des scènes de vol où les acteurs sont constamment entourés d'un halo bleu persistant. Guettez les bottes transparentes de Superman quand il rattrape la statue de la liberté au vol, les beaux rideaux noirs durant le dernier et mythique combat sur la lune ou bien le gros cercle bleu qui entoure Superman juste avant qu'il ne rattrape Lucy dans l'espace. Le film vaut essentiellement pour l'affrontement kitschissime au possible de Superman et de l'Homme Nucléaire dont vous pouvez déjà vous donner une idée par les captures d'écran. Mark Pillow interprète la créature de Lex Luthor, aisselles rasées, permanenté et manucuré pour son unique apparition cinématographique. Passant la plupart du film à beugler «Détruire Superman », on imagine que le bougre a dû se faire charrier un bon moment après la sortie du film. Aux dernières nouvelles il se cacherait avec sa famille au Texas... Toujours est-il que The Quest of Peace (titre original) comblera les fans de nanars. Les fans du super-héros ont crié au scandale et renient le film, certains n'en ont même jamais entendu parler et le film n'est passé à la télévision française qu'au tout début des années 90 sur Canal+. La version dvd diffère légèrement avec deux scènes manquantes du film mais présentes dans les scènes coupées non finalisées : la scène de la tornade et la scène où l'Homme-Nucléaire braque le missile sur les russes.

Sydney J.Furie enterre le mythe et se vautre dans le vaudeville lors de la scène où Loïs et Lucy invitent Superman et Clark à dîner, Clark devant faire l'aller-retour entre une identité et une autre. Christopher Reeve tenait beaucoup à évoquer le désarmement nucléaire mais paraît lui-même fatigué et frustré devant la médiocrité des effets mis à sa disposition. Superman devient une marionnette (les câbles sont constamment visibles) au propre comme au figuré dans le petit théâtre dépouillé de ses producteurs.

Le plus surprenant est que le film se regarde sans véritable déplaisir. Le charisme de Christopher Reeve subsiste et on rigole surtout beaucoup devant un tel naufrage artistique.

vendredi 21 août 2009

BELMONDO LE MAGNIFIQUE

RETOUR SUR LA CARRIERE
D'UN DES PLUS GRANDS ACTEURS DU CINEMA FRANCAIS !

On se souvient tous du jeune homme immortalisé par Godard dans A bout de souffle et Pierrot le fou, devenant une véritable icône de La Nouvelle vague. Il a rencontré à ses débuts d'autres personnages marquants (Leon Morin, prêtre, par exemple). Il a surtout été le héros d'un cinéma plus populaire, rencontrant un large succès (notamment L'Homme de Rio, Borsalino, le Professionnel, Flic ou voyou et bien d'autres). Incontournable comédien, on connaît son talent immodéré pour les cascades qui émaillent sa carrière et son goût pour les polars (Peur sur la ville). Il a abordé dans sa maturité un registre émouvant et chaleureux (auprès de Lelouch dans Itinéraire d'un enfant gâté ou les Misérables), à la hauteur de l'attachement que l'on éprouve depuis longtemps pour ce cher « Bébel ».


Fils du sculpteur Sicilien Paul Belmondo, Jean-Paul naît le 9 avril 1933. Pas très bon élève et plutôt turbulent, il devient acteur et trouve de quoi canaliser son énergie. Il entre au conservatoire où il est un exemple d'audace, profondément admiré par ses jeunes condisciples (Rochefort et Marielle), mais laisse perplexe ses maîtres. Dès ses tous débuts, il emporte pourtant l'adhésion du public. Sa jeunesse, sa silhouette sportive, sa manière d'être, imposent en effet une nouvelle manière d'évoluer sur les planches et à l'écran. Après être apparu chez Claude Sautet, cela se traduit au cinéma par l'insolent héros qu'il incarne dans A bout de souffle, véritable révolution mise en scène par le jeune Jean-Luc Godard en 1958. Belmondo rayonne de tout son charme canaille dans le rôle de ce jeune homme en cavale, formant un couple mythique et solaire avec Jean Seberg. Il retrouvera le cinéaste pour Pierrot le fou en 1965, uni à Anna Karina, incontournable muse godardienne. L'acteur retrouve auparavant le cinéaste dans Une femme est une femme. Claude Chabrol le fait également jouer dans A double-tour en 1961. Belmondo brille d'irrévérence et d'anticonformisme et s'impose comme une star d'un nouveau genre.

Auréolé de sa gloire, il peut côtoyer Jean Gabin et conter à ses côtés l'amitié fusionnelle de Un Singe en hiver de Henri Verneuil (où le jeune homme réveille la nature de noceur poétique de son glorieux ancêtre). Il aborde également le polar grâce à Jean Becker dans Un nommé La Rocca en 1961. Mais, on l'oublie parfois, la nature généreuse de Belmondo peut s'exprimer toute en retenue et en sensibilité dans le rôle titre de Léon Morin, prêtre de Jean-Pierre Melville, incapable de rendre son amour à Emmanuelle Riva. Melville le retrouvera pour un grand film de gangsters, Le Doulos.

mercredi 19 août 2009

TELEPHONE MAISON


Après 6 films, Steven Spielberg réalise à l’âge de 35 ans E.T. L’Extra-Terrestre qu’il présente au Festival de Cannes le 26 mai 1982. Après la projection, le public fait au film une " standing ovation " et l’applaudit pendant un quart d’heure. C’est déjà un présage… Le film sort sur les écrans américains quelques jours plus tard et devient rapidement un succès considérable. Pour un budget de 10 millions de dollars seulement, le film obtiendra en fin d’exploitation plus de 700 millions de dollars de recette mondiale.

Tout le talent de Spielberg réside dans sa manière de parler aux enfants et de parler des enfants. Son œuvre entière est irriguée par deux chefs d’œuvre essentiels de l’enfance qui ont marqué ses jeunes années : Peter Pan et Pinocchio. Le réalisateur avoue : " E.T. m’a vraiment donné le courage de raconter une histoire personnelle sans me ridiculiser, sans me dévoiler au point d’être gêné. Le film est en grande partie l’histoire de ma vie. Il faut oublier l’Extra-terrestre et se concentrer sur ce garçon et sa famille dont les parents sont divorcés depuis peu. On a alors un enfant solitaire qui cherche un ami pour compenser un vide personnel : la perte de son père. Ce petit garçon, c’est moi enfant ! "

A propos de la ressortie de E.T. 20 ans après, Spielberg explique : " Je n’ai jamais songé à faire une suite pour E.T., mais je voulais vraiment qu’il ressorte en salles. Son 20 ème anniversaire est l’occasion idéale. J’y ai apporté quelques améliorations pour satisfaire mon côté perfectionniste. " Pour cette " nouvelle version ", nous avons le droit à : un nouveau tirage négatif, une nouvelle bande-son numérique, des nouveaux effets spéciaux et des scènes inédites.

La société d’effets spéciaux, I.L.M., créée par Georges Lucas en 1977, avait déjà travaillé sur E.T. en 1982. Ils se sont aussi occupés cette fois de E.T. 20th. La modification la plus symbolique de cette nouvelle version est le remplacement, à l’aide de la technologie numérique, des armes des agents du FBI. par des talkies-walkies. Quelques plans du visage d’E.T. sont aussi plus expressifs grâce au numérique.

Dans la version originale, c’est une certaine Pat Welsh, photographe amateur sexagénaire habitant en Californie qui prête sa voix à E.T.. C’est Ben Burtt, le " sound designer " du film, qui l’a découverte au début de la post-production : " Pat rêvait depuis toujours d’être actrice. Elle avait brièvement tenté de le devenir, mais n’était jamais passée profesionnelle. Je lui ai expliqué ce que je recherchais et elle a bravement accepté d’enregistrer le dialogue de l’alien. J’ai ensuite altéré son timbre par des procédés électroniques et y ai ajouté des souffles d’animaux pour lui donner une sonorisation extra-humaine. Au final, la voix d’E.T. mixe 18 sources sonores distinctes, y compris humaines et animales, dont certaines se limitent à un hoquet, un ronflement, un rot. Mais c’est assurément Pat Welsh qui a fourni le gros du travail. "

En ce qui concerne la version française, E.T. - 20ème anniversaire a bénéficié d’un nouveau doublage, tellement proche de l’original que même les cinéphiles " spécialistes " de la V.F. n’ont pas décelé la différence avec le doublage d’époque !

A ce sujet, nous avons interrogé Jenny Gérard, la directrice artistique qui s’est chargée du nouveau doublage. Elle s’est occupée de nombreux doublages dont les Batman de la Warner, Titanic, et plus récemment A.I., Harry Potter et le nouveau Spielberg Minority Report. Son rôle est de choisir les comédiens, de les guider dans leur jeu, tout en restant fidèle à la version originale.


Objectif cinéma : Est-ce un doublage partiel ou intégral ?

Jenny Gérard : C'est un doublage intégral.

Objectif cinéma : Pourquoi ne pas avoir choisi l'option de doubler juste les séquences additionnelles ou de les sous-titrées comme ça se fait parfois ?

Jenny Gérard : Le film ayant été tourné il y a 20 ans, les comédiens français du premier doublage, notamment les enfants, étaient maintenant trop âgés, et Marie Francey, la comédienne qui avait été choisie pour prêter sa voix si particulière à E.T. est décédée dans les années 80.

De plus, la ressortie d’un tel événement cinématographique comportant des scènes inédites et une nouvelle bande-son numérique a nécessité bien évidemment de refaire le doublage. Le seul sous-titrage des nouvelles scènes n’aurait pas été acceptable car le film et sa version française sont destinés principalement à un jeune public.

Objectif cinéma : Comment avez-vous eu l'idée de choisir Perrette Pradier pour doubler E.T. dans cette nouvelle version ?

Jenny Gérard : Après plusieurs essais, il s'est avéré qu'elle avait la voix la plus proche de l'anglais et le talent.

Objectif cinéma : Est-ce vous même qui aviez dirigé le premier doublage ?

Jenny Gérard : Non, le premier doublage avait été confié à Michel Gast à qui l’on doit les doublages de grands classiques du cinéma : L’Empire contre-attaque, Blade Runner, Jamais plus jamais, etc.

Objectif cinéma : Comment s'était effectué à l’époque le casting de Marie Francey sur E.T. ?

Jenny Gérard : Après plusieurs essais, comme Perrette Pradier, elle avait été choisie pour son talent et son timbre de voix. En 1982, Marie Francey était très âgée puisqu’elle doublait déjà dans les années 30 de grandes stars comme Marlene Dietrich et Carole Lombard. Elle a aussi prêté sa voix à la sorcière de Blanche-Neige et les sept nains pour le doublage de 1962.

Objectif cinéma : Avez-vous une anecdote précise sur le casting et la direction des deux différents doublages ?

Jenny Gérard : Pour le premier doublage, le distributeur du film avait demandé à Michel Gast de faire prononcer par les comédiens le nom de l’Extra-terrestre à la française (E.Té) et non à l’anglaise (I.Ti). Après le succès de " I.Ti ", nous avons évidemment employé dans la nouvelle version cette prononciation qui est passée dans le langage courant.

Pour le nouveau doublage, c’est le jeune Olivier Martret qui prête sa voix à Elliott, succédant ainsi à Damien Boisseau qui double souvent maintenant Matt Damon. J’avais engagé précédemment Olivier pour doubler le rôle de Ron, le meilleur copain d’Harry Potter, dans le film du même nom.

source : http://www.objectif-cinema.com

mardi 18 août 2009

BOB SINCLAR

LE MAGNIFIQUE
Philippe Lombard http://www.devildead.com/histoiresdetournagesEn 1972, alors qu’il vient d’essuyer deux échecs commerciaux (La Poudre d’escampette et Chère Louise), Philippe de Broca se voit proposer un scénario de Francis Veber par le producteur Alexandre Mnouchkine. "Quand on m’a proposé le scénario du Magnifique, j’ai trouvé tout de suite l’idée brillante. Cette histoire d’un romancier besogneux qui écrit à la chaîne des livres policiers au rythme de deux par mois pour payer ses factures et la pension alimentaire de son ex-femme, et qui s’identifie à son héros, le célèbre agent secret Bob Sinclar, c’était très séduisant. Et puis, j’ai eu peur de la difficulté que représentait le passage constant de la réalité à l’imagination. Je me suis dit "c’est rudement casse-gueule". Et quand Belmondo est venu me demander de jouer le rôle, il a emporté ma décision. Il était tellement le personnage que je n’ai plus pensé aux pièges possibles. Ça n’a tout de même pas été du gâteau."


En effet, la collaboration avec Veber est loin d’être facile. Il est alors un scénariste vedette, à l’origine de succès comme L’Emmerdeur, Il était une fois un flic ou Le Grand Blond avec une chaussure noire et s’enorgueillit de livrer des scripts "clé en main". "Je m’entends très bien avec des gens qui n’ont pas de prétention de scénariste", dit-il à l’époque. Le problème pour De Broca est qu’il n’y a pas d’histoire d’amour et il souhaite développer le personnage de la voisine intégrée par l’écrivain dans son roman. Devant le refus de Veber, le réalisateur fait alors appel à Jean-Paul Rappeneau. Les deux hommes vont écrire le double rôle de Christine / Tatiana, l’étudiante en sociologie et l’espionne fatale.
Mnouchkine a l’idée de confier le personnage à Jacqueline Bisset, actrice anglaise passée par Hollywood (Bullitt, Airport, Le Détective…) et qui vient de tourner La Nuit américaine de François Truffaut. Belmondo est d’accord mais De Broca n’est au départ pas très enthousiaste ; il finira par se laisser convaincre. Sur le tournage cependant, qui commence au Mexique en mars 1973, des doutes subsistent sur la crédibilité de l’actrice dans ce double rôle. "Nous étions nombreux à nous demander si elle serait vraiment crédible en Tatiana, la femme fatale de rêve, raconte le maquilleur Charly Koubesserian. Le jour où je lui ai fait le maquillage de Tatiana, je me suis rendu compte que cette fille qui a des yeux superbes et possède un magnifique sourire, pouvait aller très loin dans la séduction. Sur elle, quel que soit le maquillage, rien ne devient jamais vulgaire. Ainsi est-elle parfaitement capable de devenir une séductrice ravageuse, une vamp dans le sens pur du terme, et l’instant d’après, avec un autre maquillage, redevenir l’étudiante tranquille."
Philippe de Broca s’était rendu à Acapulco quelques mois auparavant afin de repérer les lieux du tournage. Il en était revenu enchanté mais n’avait pas réalisé qu’il était tombé en pleine saison des pluies et que le tournage se déroulerait en saison sèche. "Il n’y avait plus que des palmiers avachis, une végétation toute grise, moche, assoiffée. Je ne savais plus où foutre la caméra." Les problèmes continuent quand un laboratoire mexicain raye le négatif des premières scènes et que Belmondo se tord gravement la cheville en sautant de sa Ford LTD décapotable. Alexandre Mnouchkine décide alors d’interrompre le tournage deux semaines, le temps que la star se repose et que De Broca fasse de nouveaux repérages à Puerto Vallarta.
Lorsque les prises de vues reprennent, l’équipe se heurte à des difficultés techniques qui étaient toutefois prévues, eu égard à certaines scènes mouvementées du script. "Immerger une cabine téléphonique par dix mètres de fond dans des eaux infestées de requins, dresser un miroir de 10 mètres de large et de 5 mètres de haut au milieu d’une route en lacets, diriger un ballet d’hélicoptères au-dessus des pyramides Teotihuacan, ça pose quelques problèmes."
De Broca a soigné les transitions entre le monde imaginaire de Bob Sinclar et l’univers quotidien de François Merlin. La première se fait sur une plage mexicaine où la femme de ménage du romancier passe l’aspirateur au milieu d’une fusillade. Pour ce plan, la comédienne Monique Tarbès a fait l’aller-retour dans la journée ! D’autres, comme André Weber (partenaire de Belmondo dans Ho ! et plus tard dans Le Professionnel), Jean Lefebvre (imposé par Bébel) et Vittorio Caprioli (doublé par Georges Aminel) restent sur place plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Pour simplifier ces passages entre le Mexique et la France, De Broca choisit de donner certains petits rôles à des membres de son équipe (le maquilleur, l’assistant-opérateur) ou à lui-même (il est un des plombiers), afin d’être certain d’avoir tout le monde sous la main.
Pour Jean Lefebvre, le tournage est l’occasion d’une belle frayeur. "J’avais une scène où je devais mourir, fusillé par Jean-Paul. Les Mexicains m’ont bourré d’explosifs. Ils ont passé deux heures à m’en mettre partout et on s’est préparé à tourner. Mais, au moment où De Broca était sur le point de dire "moteur" j’ai vu le type qui était derrière la caméra faire le signe de croix. J’ai été pris d’une peur panique et j’ai hurlé à De Broca d’arrêter tout. J’ai expliqué à mon metteur en scène ce que je venais de voir et je lui ai dit que tout cela n’avait pas l’air très sûr. De Broca m’a assuré que c’était le même cascadeur qui faisait les grands westerns américains, qu’il avait un talent fou en matière d’explosifs… Il avait beau dire, je n’étais pas rassuré pour autant. On a tourné et tout s’est très bien passé. Mais c’est quand même ce jour-là que j’ai eu la plus grande peur de ma vie. Et pendant ce temps, Belmondo hurlait de rire !"
Après une soirée délirante où De Broca et Belmondo fêtent leurs quarante ans (une partie du mobilier de l’hôtel finit dans la piscine !), le tournage se poursuit à Paris : la mosquée de Paris (la mission de Bob Sinclar à Bagdad), le 17 de la rue des Tournelles (l’appartement de François Merlin), une résidence étudiante de la rue Tournefort (le Centre international de Sociologie), le Jardin des Plantes, les places de la Bastille et de la Concorde et le canal Saint-Martin. À Epinay, François de Lamothe construit le décor de l’intérieur d’un temple mexicain, QG de l’organisation ennemie. Bob Sinclar y tue ses adversaires et une rivière de sang s’écoule du grand escalier. "Je voulais faire une parodie de la violence, du sadisme, du sexe et de la cruauté, explique à l’époque De Broca, me venger de tout ce que je n’aime pas dans le cinéma d’aujourd’hui, faire un sort à ces héros que l’on voit mourir en tombant au ralenti et qui pissent le sang comme des fontaines." Le sang utilisé est d’origine animale et l’odeur restera dans le studio des semaines durant, indisposant les tournages suivants…
Lors de la première projection privée du film, Francis Veber sort dès la deuxième bobine et refuse que son nom soit crédité au générique (aucun ne le sera, d’ailleurs). "C’est un sujet que j’aime beaucoup et qui me tenait particulièrement à cœur, dira-t-il plus tard. Cet auteur qui se prend pour ses personnages, c’est un peu moi. Mais je n’ai vraiment pas aimé la façon dont Philippe de Broca l’a réalisé et c’est pourquoi j’ai fait retirer mon nom du générique. C’est un film que j’aurais aimé faire et que j’aimerais pouvoir refaire un jour. De Broca en a fait une bouffonnerie mais je pense qu’en le traitant de façon sincère, il pouvait être cent fois mieux." Fair-play, De Broca reconnaîtra les apports de Veber. "Je le dis, je l’affirme, la plupart des éclats de rire du film lui reviennent. Mais à mon avis, il ne savait pas bien exploiter toutes ses idées."
Le scénario s’est intitulé Raconte-moi une histoire puis en cours de tournage Comment détruire la réputation du plus célèbre agent secret (sur le clap, cependant, ne subsistait que Agent secret par manque de place !). Il sera d’ailleurs traduit ainsi en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie, mais deviendra en France Le Magnifique, sur une idée du coproducteur Robert Hamon.

lundi 17 août 2009

RETOUR EN 1996


Rappelez vous, nous sommes en 1996, le dvd n'existe pas encore, les pionners de l'internaute surfent avec des modems à 28K au mieux 56K. La VHS et Le CD audio sont les supports les plus populaires, le LASER DISC (le papa du DVD) reste un produit de luxe pour tous les cinéphiles de l'époque.

FLASHBACK, 1996 - le VIDEO-CD

un marché en plein essor en Asie

D'après les informations diffusées par les industriels japonais de l'électronique grand-public, le marché du Video-CD sera florissant en Asie du sud-est.

© MOS - ARCA 1996 - Tous droits réservés.

Si l'on se réfère aux déclarations de dirigeants de grandes sociétés japonaises, par exemple ceux de Sony, le Video-CD connaît un succès phénoménal en Asie, grâce avant tout à ses applications de type Karaoke. Ils estiment que le nombre de lecteurs capables de lire des Video-CD se monte à six millions dans le monde dont cinq millions se trouvent en Asie du sud-est. Il y aurait de par le monde 7.000 titres publiés dont 3.000 sont des programmes de Karaoke; le reste est constitué de films, de documentaires et de programmes éducatifs. En ce qui concerne les USA et l'Europe, on ne dispose d'aucun chiffre, ni statistique.

En Europe, Philips est le seul à proposer des lecteurs qui permettent de relire des Video-CD. Ce sont en fait des lecteurs de CD-I auxquels on rajoute, en option, une cartouche de décodage de la vidéo MPEG-1 pour la lecture de Video-CD sur des téléviseurs. Les Video-CD disponibles en Europe ne sont pas aussi nombreux que sur le marché de l'Asie du sud-est. C'est encore Philips, via sa filiale Philips-Media, qui fait office de principal éditeur européen. Elle compte un peu plus de 200 titres à son catalogue (voir sur le serveur internet: http://www.mosarca.com/VIDEOCD un extrait du catalogue de titres disponibles en français). Deux autres éditeurs français sont également actifs sur ce marché, Infogrames et TF1-Video. D'après nos informations, c'est en Hollande que le marché du Video-CD est le plus porteur, talonnée par la France et la Grande-Bretagne. En revanche, les consommateurs allemands boudent le Video-CD.

Il est possible que le Video-CD se fasse une place dans l'univers de la micro-informatique domestique. Jusqu'à cette année, il fallait passer par une carte additionnelle munie d'un circuit de décodage MPEG-1 pour relire un programme. Aujourd'hui grâce à la puissance de calcul des microprocesseurs et à la disponibilité de logiciels de décompression, il devient possible de visionner des Video-CD sur un écran d'ordinateur sans acheter de matériel complémentaire. Certains fournisseurs livrent désormais avec leur offre standard de tels logiciels de décompression de la vidéo (MPEG-1) et du son (MPEG-Audio) ; mais le micro-ordinateur est-il la meilleure plate-forme pour visionner un film ?



Différences entre le CD-Vidéo et le VCD

Si vous regardez (pour ceux qui le possède encore !) le manuel de votre lecteur de Laserdiscs, dans les formats de lecture, vous pouvez voir le logo CD-Vidéo : Celui-ci n'est à ne pas confondre avec le VCD ou SVCD.

Le CD-Vidéo, est tout d'abord le nom que possédait pendant un moment le Laserdisc en France : si vous avez des films en LDs des années 80 vous verrez qu'il porte le logo CD-Vidéo et non Laserdisc. Mais très vite, devenu Laserdisc, le nom à été gardé pour les petits LDs de 12cm (format CD) et ainsi les distinguer des grands LDs de 20 et 30 cm. Mais entre-temps, Philips sorti un appareil appelé CD-I, une sorte de console de jeux intéractive, et qui proposait de lire des films sur un nouveau type de format numérique : le Video-CD. Ce support grâce à une carte de décompression que l'on ajoutait au CD-I lisait des CDs de 12cm avec dessus une image en MPEG-1 (format de compression des données vidéo, comme le MPEG-2 et 4 correspondent aux DVDs !) d'une qualité pas terrible. Mais ceci eu pour effet d'embrouiller les gens, et bientôt pas mal de monde se mit à confondre les deux supports qui sont pourtant radicalement différent ! Voici le logo du VCD :

Différences entre le CD-Vidéo et le VCD (et SVCD) :

La première et pas des moindre, c'est que l'image sur le CD-Vidéo est entièrement analogique comme son grand frère le Laserdisc, et ainsi non-compressée le petit CD de 12cm ne peut contenir au maximum que 5mn de vidéo par face. De plus, du fait que l'image soit analogique : seuls les lecteurs de Laserdiscs peuvent lire ce support ! Enfin pas tout à fait, devrais-je dire : la plupart du temps, ces petits CD-Vidéo contenant des chansons ou musiques en plus de la vidéo, il est possible de les lire sur un lecteur de CDs ou DVDs et sur un PC, mais seuls les pistes audio seront lisibles, et votre lecteur le reconnaîtra d'ailleurs comme un CD Audio.

Et l'inverse est aussi vraie : le VCD, lui, qui possède une image numérique en MPEG-1, ne pourra être lu que sur les CDI, les lecteurs de DVDs ou votre PC ! Si vous essayez de le lire sur votre lecteur de laserdiscs, vous aurez la désagréable surprise de constater que ça ne fonctionne pas ! Normal : l'image étant numérique. De plus la capacité de stockage est supérieure (74 minutes de vidéo pour le VCD).

Pour faire simple : votre lecteur de laserdiscs ne lit que de la vidéo en analogique, donc les CD-Vidéo qui sont en analogique. Le VCD étant numérique, il est incompatible. Et vice-versa : les lecteurs de DVDs ne lisent que de la vidéo en numérique donc les VCD et SVCD qui sont numérique MPEG-1. Si vous regardez en détail le logo des deux supports, vous constaterez qu'ils sont légèrement différents, et seul l'ordre d'un mot change. Mais ce mot change tout !

Qu'en est-il du VCD et SVCD :

Malheureusement pour Philips la mauvaise qualité du support, et le bide de son CDI, fera couler pour de bon le VCD en Europe, USA et au Japon (qui commençait pourtant à s'intéresser au support). Pourtant, quelques années plus tard celui-ci va renaître de ses cendres sans le vouloir dans un pays inattendu : La Chine, et pour une raison fort simple et peu glorieuse pour Philips : le piratage des films ! C'est un tel succès là-bas, que les chinois utiliseront également par la suite l'évolution du VCD, le SVCD : un Super VCD contenant non plus du MPEG-1, mais du MPEG-2 en vidéo. A meilleure qualité d'image, place réduite : les 74mn du VCD passent à 40mn maxi sur un SVCD. Même les Japonais se sont mis au VCD, et il n'est pas rare de trouver des titres de Japanimation sur ce type de support. Aujourd'hui avec le DVD, et surtout les graveurs de DVDs : le VCD et SVCD sont pratiquement morts, même en Chine.

Et pour le CD-Vidéo :

Le CD-Vidéo qu'on le veuille ou non, était condamné avant même d'avoir du succès : peu de place pour la vidéo en analogique, évolution pratiquement impossible ! Et puis lorsque Pioneer à dépoussiérer le Laservision, il était devenu obsolète.

vendredi 14 août 2009

MADONNA ET CINEMA


Madonna, dans le milieu très fermé du cinéma, a toujours été vue comme une parvenue, une paria. Quoiqu’elle fasse elle a toujours été répudiée. Pourquoi cette artiste multicartes amatrice de défis et très ambitieuse s’est-elle mis à dos toute la planète cinéma ? Pour cela il faut remonter au tout début de sa carrière d’actrice à laquelle elle a récemment mis un point fut-il définitif.

Tout d’abord sa carrière est très liée à l’image et au cinéma. Se consacrant avant tout à la chanson (premier album en 1983), Madonna n’en n’avait pas pour autant oublier son envie de devenir une icône complète incluant par la même le cinéma. Après l’énorme succès de ses deux premiers albums (The First Album et Like a Virgin) contenant plusieurs tubes de la chanteuse dont Lucky Star, Borderline, Holiday, Material Girl, Like a Virgin, et Into the Groove, Madonna avait une réputation qui commençait à naître mais qui avait aussi son revers de médaille et elle ne rentra pas par la grande porte du cinéma. Susan Seidelman eut du mal à imposer son projet et Madonna pour la production de Recherche Susan Désespérément. C’est lors d’un second screen test qu’elle fut choisie pour interpréter le rôle de Susan.


A ses côtés on retrouve Rosanna Arquette avec qui elle forme un joli duo à l’écran. Le film, même si aujourd’hui daté, fut en son temps un succès critique qui révéla Madonna au cinéma. C’était la révélation de l’œuvre éclipsant par la même sa partenaire. Et il est vrai que son naturel et son charisme font mouche dans ce petit film.

Un an après ce succès et celui de sa tournée (Virgin Tour) Madonna retourne vers les studios pour, ce qui peut-être considéré aujourd’hui comme son pire film : Shangai Surprise. C’est à partir de ce moment précis que Madonna sera considéré comme l’une des plus mauvaises actrices du monde par la presse et le public. Tourné avec son mari de l’époque avec qui Madonna défrayait la chronique (Sean Penn), le film de Jim Goddard tentait de surfer sur une mode éphémère : celle des films d’aventures vintages (Indiana Jones et ses pâles copies Allan Quatermain par exemple). Malheureusement pour elle le film était mal écrit et le couple star fut très mal dirigé, donnant l’impression aux spectateurs du monde entier qu’ils n’en n’avaient rien à faire de ce gros projet. Cette année là (1986) elle remporta la framboise d’or de la pire actrice pour le film ce qui fut entièrement mérité malgré le fait que son mari la méritait lui aussi amplement. C’est à partir de ce moment que la presse ciné s’est acharnée sur elle. Peut-être un peu plus de modestie de la part de la star dans ses propos auraient pu attendrir les critiques ! Mais que nenni, Madonna reste fière et droite comme un i et continue sa route du côté d’Hollywood. Son album True Blue est un immense succès (Papa don’t Preach, La isla bonita…) faisant oublier le ratage artistique de son film mais n’effaçant pas aux yeux des critiques ce qu’ils avaient tous envie de faire à l’époque : descendre la star.


Un an plus tard elle revient sur les écrans du monde entier dans une comédie furieusement barrée, idiote comme tout mais qui a gagné au fil des années une aura pop culte pas piquée des hannetons. Rendons grâce en France à feu La Cinq qui diffusait toutes les joyeusetés américaines dont Who’s That Girl et Les Goonies entre autres étaient pour moi les meilleurs moments de mon enfance devant cette chaîne. Ce film fut vivement critiqué (encore une fois) mais pour les mauvaises raisons. Le film, à l’évidence, est taillé pour la star, la réinventant le temps d’un générique en personnage de cartoon (excellente intro). Dans ce film particulièrement elle pousse le bouchon de la comédie si loin qu’elle en devient très attachante. Jouant l’idiote charmante et dangereuse, elle forme à l’écran un duo croquignolet avec Griffin Dunne, tout droit débarqué de chez Scorsese (l’excellent After Hours avec Rosanna Arquette, tiens tiens) sous la direction de James Foley qui l’année précédente avait dirigé son mari dans Comme un chien enragé (tiens tiens). On comprend désormais mieux pourquoi les critiques furent plus tendre à l’encontre de son mari pour sa désastreuse interprétation dans Shangai Surprise !


Tout le casting sur-jouant le burlesque avec un plaisir communicatif feront de ce petit objet culte 80’s, une vraie bouffée d’air pur. Ce qui ne sera pas du tout du goût des critiques qui casseront une fois de plus Madonna (framboise d’or de la pire actrice) et le film. Madonna avouera plus tard qu’elle était aussi mauvaise que le film. Sûrement influencée par les critiques et le vacarme autour du film, on voit dans cette déclaration un premier stigmate sur sa carrière ciné qui ne prend pas du tout. C’est bête car le film est un joyeux bordel sympathique qui respire le burlesque à plein nez et l’aura mythique des productions us. des années 80. Pas du grand cinéma pour la plupart mais des divertissements qui pour nous, enfants de cette période, signifient quelque chose d’important. Ecrit par Andrew Smith de l’écurie Saturday Night Live et Ken Finkleman, Who’s That Girl mérite d’être considéré pour ce qu’il est : un film fun ! Le film fut donc un bide commercial mais n’empêcha nullement son album et sa tournée Who’s that Girl d’être des succès colossaux.

1989 est l’année où Madonna apparaîtra dans un film médiatiquement confidentiel (Bloodhounds on Broadway) qui passera au festival de Cannes et puis c’est tout. Sorti uniquement aux U.s.a. et en vidéo dans le reste du monde, le film est devenu une rareté au point que personne ne semble s’en souvenir. Une comédie musicale qui lui vaut une nomination à la framboise d’or de la pire actrice de second rôle. L’acharnement ayant débuté trois ans auparavant, il n’en sera que plus intense au fil des ans. C’est aussi l’année où ses clips et chansons deviennent plus suggestifs que jamais. La religion étant mélangée au sexe font de son clip Like A Prayer un véritable scandale un peu partout dans le monde. Et malgré le succès moindre mais tout de même très impressionnant de son album Like a Prayer, Madonna à l’air de s’attacher au cinéma comme si elle attendait LE rôle où son talent d’actrice serait enfin salué. Et c’est un an plus tard avec Dick Tracy que Madonna va recevoir quelques éloges. Baissant drastiquement son salaire, assurant la bande originale (au demeurant franchement pas terrible à part le tube Vogue), Louise Ciccone va voir un espoir dans une carrière qui n’a jamais vraiment décollé. Le film, réalisé par Warren Beatty, fut un succès relatif au box-office mais fut pourtant remarqué à sa sortie. Superbes maquillages, décors et costumes ; comédiens sur-jouant avec un plaisir évident (Al Pacino en est la meilleure preuve), le film remporta plus d’une trentaine de nominations dans diverses cérémonies. Aux Oscar le film remporta trois Oscar sur 7 nominations mais Madonna, épargnée par la presse, ne fut pas nominée. On voit déjà avec ces nominations que Madonna était persona non grata à Hollywood. Pourtant brillante en vamp sexy, elle ne reçut qu’une nomination aux Saturn Awards qui, objectivement, nominèrent son talent dans ce film. Pas bien grave, la Madone en veut et va continuer son bout de chemin.


L’année suivante elle apparaîtra dans le documentaire In bed with Madonna, la montrant sous tous les angles et pas les plus glorieux (on voit bien son caractère dur et son côté prétentieux qui peut en excéder plus d’un), le film restera comme un testament à charge et à décharge. Nouvelle nomination aux Framboises d’or (là ils commencent à ne plus être drôles du tout ) ! La même année elle accepte un petit rôle dans un grand film d’un grand maître : Ombres et Brouillard de Woody Allen. Mal connu du grand public ce film magistral du bigleux le plus célèbre du 7ème Art prouve son envie de projets plus prestigieux non plus bâtis sur son nom. Madonna veut une légitimité et pourquoi pas un rôle à Oscar ?

Son talent dramatique après ces quelques expériences s’aiguise peu à peu jusqu’à devenir franchement émouvante dans la comédie dramatique de Penny Marshall (réalisatrice culte des 80’s avec Jupin’ Jack Flash et Big à son actif), Une Equipe hors du commun. Interprétant le troisième rôle de ce bon film sur le base-ball féminin, Madonna commence vraiment à s’imposer lentement mais sûrement, dans le bon œil des critiques de l’époque. Laissant le spot lumineux sur Tom Hanks et Geena Davis, elle fait preuve d’humilité, sentiment qu’on ne lui connaissait guère auparavant. Le tube qu’elle chante sur la b.o. est un succès (This used to be my playground) et fait revivre aux spectateurs encore émus l’émouvante vision de ce film aussi simple qu’efficace. 1992 est aussi l’année où Madonna entre dans une période que je décrirais volontiers d’extra-séxuée ! Avec la sortie du livre et du cd Erotica, Madonna choque une fois de plus son audience et plus largement les bonnes mœurs. Désormais il sera difficile de voir la star mondiale redescendre de son piédestal pour la simple et bonne raison qu’en artiste complète, elle se réinvente à chaque fois. Un film où elle tient un rôle sage sort l’été ; pas de souci elle va vous chavirer tous les sens à l’automne avec ses dépravations. Son image devient de plus en plus floue et en même temps fascine au plus haut point. Le disque se vend moins bien que les autres (faut dire que mis à part les titres Erotica et Bad Girl voire Fever, il est trop étrange et sombre pour retrouver tout son large public) mais le livre est un véritable succès.


Surfant sur cette mode sexuelle de mise à Hollywood aux début des années 90 et jouant de son personnage de femme libre et sans tabous, Madonna interprète le rôle principal de Body face à Willem Dafoe début 1993. Le film est un échec commercial et artistique. Trop copié sur le hit Basic Instinct, Body se vautre largement ne laissant qu’aux spectateurs (et trices) du monde entier le souvenir d’une Madonna au corps sublime jouant toujours avec sa sexualité débridée de l’époque. A la revoyure, le film fonctionne comme une série b., variation mollassonne des films noirs des années 40, mais comparé à un grand film comme Basic Instinct, Body ne tient jamais la comparaison. Elle obtiendra une nouvelle fois la framboise d’or de la pire actrice et des critiques peu élogieuses pour son rôle de mante religieuse. Mais ce qui reste amusant c’est le fait que la même année les critiques du monde entier saluent tous sa prestation dans le film de Abel Ferrarra, Snake Eyes. Face à Harvey Keitel elle s’y montre géniale dans un film entre vérité et fiction absolument fascinant. Et cette fois-ci les framboises d’or ferment leur clapet de mauvaise augure ! Le film est très critiqué pour son scénario mi documentaire mi fictionnel et même Madonna n’est pas tendre avec l’artiste Ferrarra, aussi bordélique que ses films. Elle dira de lui, habituée qu’elle est des piques mortelles : « Je pensais que je pouvais m’en servir pour faire une performance mémorable… Car même si je déteste ce film, je suis bonne actrice dedans. ». Ferrarra rétorquera à cela une dizaine d’années plus tard « qu’elle ne fait pas partie du monde du cinéma » ! Tout est dit ! Madonna a la langue trempée dans le cyanure et comme sa seule idéologie est d’être la plus grosse star possible, le monde du cinéma habitué aux sourires hypocrites et aux compliments feints, ne lui fera plus jamais de cadeaux !

Quelques petits rôles dans Brooklyn Boogie, Girl 6 et Four Rooms la feront patienter jusqu’à son plus grand rôle à ce jour, celui d’Evita Peron. L’adaptation musicale de la vie de la plus controversée des figures politiques de ces cinquante dernières années était une aubaine pour elle. Ce rôle elle l’a ardemment désiré. Meryl Streep a failli remporter le morceau mais sa voix étant ce qu’elle est (Mamma Mia quand même !), Madonna finit par obtenir le rôle de sa vie. Entièrement constitué comme un opéra-rock (Andrew Lloyd Webber et Tim Rice derrière le musical) Evita est une œuvre formidable. Décrié ici et là pour sa froideur, le film reste totalement critique vis-à-vis du personnage historique et entraîne le spectateur de la plus belle façon avec un livret ahurissant. Mis en lumière par le génie de la photo Darius Khondji, le film d’Alan Parker est une réussite formelle qui en a laissé plus d’un de marbre. Sûrement l’aspect entièrement chanté a dû en agacer certains. Pourtant la prestation aussi bien dramatique que musicale de Madonna est parfaitement maîtrisée. Les Oscar ignorent encore Madonna, là où les Golden Globes lui donnent la statuette de meilleure actrice dramatique. Véritablement mérité, ce prix n’altérera rien à l’image que Madonna renvoie aux yeux du monde du ciné. Elle n’y est pas désirée !

Deux ans après Madonna sort un nouvel album (après la bo d’Evita) qui deviendra l’un de ses plus grands succès : Ray of Light. Se réinventant un nouveau personnage (plus spirituel, loin de ses excès sexuels d’il y a quelques années) Madonna s’éloigne un temps des studios qu’elle rejoindra en 2000 pour la chronique Un couple presque Parfait aux côtés de Ruppert Everett. Le film ne sera pas un grand succès et son interprétation mitigée donnera du grain à moudre à ses détracteurs du monde entier et aux Razzies en particulier qui lui décernèrent le prix de la pire actrice, un an après celui de la pire actrice du siècle. On sait bien que ces récompenses ne valent pas grand-chose (Showgirls, pire film de la décennie alors que bon nombre de critiques influents revoient aujourd’hui leurs copies et affirment ce que j’ai toujours pensé : Showgirls est un grand film mésestimé, en totale adéquation avec le reste de la production de Verhoeven) mais elle sont la preuve de l’acharnement médiatique que Madonna a subi en entrant dans la sphère bien fermée du 7ème Art.

Après un court métrage avec son mari de l’époque, Guy Ritchie (Star en 2001), brillant exercice de style sur une star cruelle, où la Madone joue avec sa réputation et son image de bitch, folle de contrôle, l’actrice la plus détestée de la planète joue de nouveau sous la direction de son mari dans ce qui semble être l’aboutissement de Star dans un remake d’un film italien anodin des années 70, A la dérive. Peut-être le film le plus mésestimé de sa carrière. Bide monumental, critiques plus qu’assassines, A la dérive est le premier échec critique de Guy Ritchie qui quoiqu’on en dise est un réalisateur anecdotique. Cet opus tourné avec sa femme est aussi superficiel que Snatch ou Arnaque, crimes et Botanique. Mais ça les spectateurs du monde entier ne veulent pas l’entendre. Oui A la dérive est anecdotique mais tout autant que ses autres opus et également tout aussi fun. J’avais fait le pari de montrer ce film au plus grand nombre de personnes possible juste avant qu’il n’arrive en France ainsi que sa réputation peu flatteuse et bizarrement, sans que les gens ne sachent rien de la réputation du film (merci aux zone 1 de sortir souvent avant la sortie ciné en France), sur un ratio de 25 personnes aux goût aussi différents les uns que les autres, seuls deux-trois personnes n’aimaient pas le film soit pour sa fin dramatique contrastant avec la reste du métrage, soit pour Madonna qu’ils exécraient plus que tout. Donc ce petit exemple montre bien les limites de critiques plus que subjectives ! Madonna dérange par son côté orgueilleux, prétentieux et les gens ne veulent pas admettre qu’elle puisse être plutôt bonne comédienne. Je dis plutôt car cet article n’est pas fait dans le but de faire découvrir aux yeux des gens une grande actrice mésestimée mais juste de remettre les points sur les i. Madonna peut être atroce comédienne (Shangai Surprise par exemple), moyennement convaincante (Body), convaincante (A la dérive, Who’s that Girl, Recherche Susan…), bonne comédienne (Une Equipe hors du commun), brillante (Snake Eyes, Evita) et ça personne ne le relève souvent.

Après une brève apparition rigolote dans Meurs un Autre Jour, Madonna a décidé d’arrêter la comédie. Pour satisfaire les critiques, sûrement. Près de vingt ans de critiques catastrophiques font de Madonna l’actrice la plus détestée du cinéma (dans le même genre je la trouve aussi crédible qu’Angelina Jolie, qui comme elle peut être bonne comme mauvaise) et reste pour moi un mystère quant à l’objectivité de la plupart des critiques et spectateurs. Pour exemple, son premier long en tant que réalisatrice, Obscénité et Vertu, un petit film aussi atypique que frais, salué ici et là, a reçu un accueil plus que détestable en France alors que pour un premier film, il est plutôt maîtrisé. Madonna étant une énorme star mondiale, son succès en agace plus d’un et son incursion dans le milieu du cinéma est l’une des incursions les plus ratées en termes de succès autant public que critique et seul Evita restera dans l’histoire comme son unique réussite. Pourtant malgré quelques ratés, Madonna reste une personnalité aussi fascinante qu’irritante qui a un charisme fait pour être filmé. On attend donc de voir son nouveau long de réalisatrice, Blade to the Heat, et ainsi pouvoir mesurer son réel talent de conteur. Madonna et la cinéma, une histoire qui n’a pas fonctionné mais qui reste l’un des cas les plus suspects de haine envers une star omniprésente.

jeudi 13 août 2009

UN JOUR SANS FIN


n 1992, Bill Murray et Harold Ramis sont connus du grand pu­blic pour leurs rôles de ghost­bus­ters dans SOS Fan­tômes (1984) et sa suite (1989). Le pre­mier est déjà au­teur de nom­breux scé­na­rios (dont ceux des deux films en ques­tion), et est passé trois fois der­rière la ca­mé­ra pour si­gner des co­mé­dies un peu be­nêtes : Le golf en folie (avec Bill Mur­ray), Bon­jour les va­cances (avec Chevy Chase) et Club Pa­ra­dis (avec Robin Williams). Mais rien ne per­met de pré­sa­ger que les deux hommes li­vre­ront avec Un jour sans fin l'un des meilleurs films des an­nées 90. A peu de choses près, l'étin­celle au­rait pu ne pas se pro­duire : Ramis hé­si­ta entre dif­fé­rents ac­teurs (Steve Mar­tin, Tom Hanks, Chevy Chase, John Travolta) avant de se ré­soudre à confier le rôle prin­ci­pal à Bill Mur­ray, et leurs concep­tions op­po­sées du scé­na­rio les amena à se fâ­cher gra­ve­ment à l'issue du tour­nage.

Phil Connors (Bill Mur­ray) est un pré­sen­ta­teur météo égo­cen­trique et mé­pri­sant, char­gé de cou­vrir le tra­di­tion­nel ‘jour de la mar­motte‘ (‘ground­hog day', le titre ori­gi­nal) dans la pe­tite ville de Pun­x­su­taw­ney. Es­cor­té de son ca­mé­ra­man Larry (Chris El­liott) et sur­tout de sa nou­velle pro­duc­trice Rita (Andie Mac­Do­well), Phil compte bien pas­ser le moins de temps pos­sible sur place. Mal­heu­reu­se­ment pour lui, il se re­trouve pri­son­nier d'une boucle tem­po­relle, et se ré­veille tous les ma­tins au même en­droit pour vivre la même jour­née...

In­con­tes­ta­ble­ment, l'his­toire pré­sente des al­lures de conte. A la ma­nière du Scrooge de Charles Di­ckens (dont Bill Mur­ray a d'ailleurs in­car­né une ver­sion mo­derne dans Fan­tômes en fête), Phil est un homme seul qui n'aime per­sonne, en­fer­mé dans un ré­seau de cer­ti­tudes dont la plus te­nace est la croyance que per­sonne ne mé­rite son at­ten­tion, son res­pect ou son af­fec­tion. Ce ca­rac­tère ré­so­lu­ment aso­cial four­nit au film ses res­sorts les plus co­miques : confron­té au sur­na­tu­rel de sa si­tua­tion, la pre­mière ré­ac­tion du héros (une fois la pa­nique pas­sée) est d'en pro­fi­ter comme un gros sa­gouin, en pur égoïste jouis­seur.


Si le cy­nisme laisse pro­gres­si­ve­ment la place à la mo­rale, ce n'est pour­tant pas pour sa­tis­faire la norme hol­ly­woo­dienne en dépit de tout bon sens : passé par une phase de dé­pres­sion, le héros réa­lise petit à petit que son bon­heur passe par celui des autres, et qu'il ne tient qu'à lui de trans­for­mer sa jour­née pour­rie en jour­née de rêve. Il ap­pren­dra éga­le­ment que sé­duire une femme n'est pas une science exacte... Après avoir tra­ver­sé une in­croyable série de gags ex­plo­rant im­pi­toya­ble­ment les li­mites du concept de la jour­née sans len­de­main.


mercredi 12 août 2009

FAN EDIT


Après avoir vu un film, ne vous êtes-vous pas déjà dit que "Ah ben mince alors, le film c'était un sans faute jusqu'à cette fichue scène qui sert à rien. Pourquoi le réalisateur n'a pas fait comme ça ?". Aaaaah des films gachés par des petits détails, il y en a tellement ! Et bien sachez que vous n'êtes pas les seuls à le penser. Mais voilà, certains ont décidés d'être actifs et de corriger ces erreurs !

J'ai donc découvert le site fanedit.com qui propose des versions alternatives de films. En gros, des gars se sont amusés à couper des passages, à en rajouter d'autres (par exemple les scènes coupés que l'on trouve sur les bonus DVD), à virer des bruitages, à en rajouter... et d'obtenir un film sensiblement voire carrément différent ! Vous trouvez que tel film était trop grand public ? Pas de problème on va virer les scènes concons et gommer les blagues à deux balles. Vous n'aimez pas cette fin absurde ? T'inquiète, on va couper par-ci par là et tu vas voir le résultat...

L'initiative est vraiment intéressante et le résultat vaut le coup d'oeil, sans aucun doute.


Le site propose bien d'autres films modifiés et j'avoue que certains m'ont vraiment mis l'eau à la bouche. Ainsi, on trouve une version de Pearl Harbor... sans cette histoire du triangle amoureux ! L'auteur coupe 40 mn et nous promet le film tel que nous le désirions : une grosse large product photomachine d'action et de guerre bien huilée ! On y trouve aussi des versions modifiés de Star Wars qui ont pour but de rendre les 3 premiers moins cul-cul en virant les dialogues un peu niais, en dégageant au maximum Jar Jar Bings notament.

Tous les projets n'ont pas vraiment le même but. Ainsi, on trouve une aberration totale pour Indiana Jones et le Temple maudit qui est transformé en film moins glauque (qui fait tout l'interet de celui-ci), une sorte de version censuré pour les plus jeunes. On y trouve aussi un mix de Kill Bill 1 & 2 remis dans l'ordre chronologique. Pourquoi pas, cela peut-être un bonus interessant même si cela fait perdre beaucoup de force aux films. Même chose pour le film Alexandre d'Oliver Stone, remis dans l'ordre chronologique ce qui le rend un peu plus grand public.

Chacun pourra fouiller dans ces versions et y découvrir ce dont il rêvait ou bien juste une curiosité. Que l'on aime ou pas le résultat, on ne peut que saluer le travail de ces véritables petits génies de la table de mixage. Si cela vous interesse, il faut savoir que la plupart de ces films sont en VO étant donné que les scènes coupées ne sont jamais doublées en français. Quand il n'y a que des coupures, c'est par contre tout à fait possible si l'auteur se donne la peine de le faire (comme pour Matrix Dezionnized par exemple). Fort heureusement, on y trouve parfois des sous-titres... mais en anglais. Il faut donc avoir un certain niveau dans cette langue pour pouvoir regarder ces versions la plupart du temps.

Décidément, le net est une source de richesses insoupçonnées. C'est pas demain que je vais me remettre à regarde la télé !

mardi 11 août 2009

ENVOYES TRES SPECIAUX


Frank, reporter vedette d’une grande radio et Albert, ingénieur du son se retrouvent envoyés en Irak afin de couvrir le conflit. Mais suite à de nombreux quiproquos, l’argent et les billets du voyage finissent à la poubelle, bloqués à Paris et sans ressource, ils n’ont d’autres solution que de bidonner leur reportage afin de faire croire qu’ils sont bien au Moyen-Orient !

le film est sympa, sans plus, Lanvin fait du Lanvin, Jugnot du Jugnot, ils sauvent le film de justesse.

Les seconds rôles sont tous mal joués, mention à Valérie Kaprisky, archi mauvaise. L'affiche présage d'une comédie avec de l'action, et bien à part la scène finale bien représentée sur l'affiche, c'est le minimum syndical au niveau action.

J’ai l’impression que ce film aurait été mieux s’il avait été tourné avec Lanvin et Jugnot 20 ans plus tôt. En tous les cas il n'arrive pas à la cheville d'un "marche à l'ombre", "les compères" ou même "le boulet"(film plus récent). D'ailleurs, Lanvin est moins bon que dans marche à l'ombre ou le boulet. Peut être la faute à un réalisateur pas assez expérimenté.

Ca me fait penser au film de Dominique Farrugia avec Jugnot et Lhermitte* en 1998, il y avait un très bon casting (Jugnot /Lhermite), une bonne histoire, de bons dialogues, une super bande annonce, un bon réalisateur (Farrugia avait fait juste avant le très drôle "Delphine 1 Yvan 0) mais quand on voit le résultat, on est un peu déçu, on ne sait pas vraiment pourquoi, tous les ingrédients sont présents pour faire un très bon film mais voilà... "ça ne prend pas".

Pour en revenir à "Envoyés tres spéciaux" c'est vrai que les films ayant pour thème la radio, c’est pas très "cinématographique" (sauf « Tandem » avec jugnot / « Good morning vietnam » / « talk radio » et « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil) c'est même un sujet "casse gueule"; filmer ou regarder un gars devant un micro, même avec un grand acteur comme Lanvin, et bien on s'emmerde rapidement. Heureusement que les scènes sont courtes.

Une comédie qui ne "mange pas de pain" avec un sujet intéressant, j'ai vu pire comme comédie (camping / disco /Brice de Nice / Seul two/ OSS17) mais j'ai aussi vu mieux (le boulet / les bronzés 3 ) bref je reste un peu sur "ma faim".

Filmographie sélective de

Gérard Jugnot :

Tandem / Une époque formidable / Casque bleu / Papy fait de la résistance / les bronzés / les choristes / faubourg 36

Gérard Lanvin :

Les spécialistes / marche à l'ombre /Tir groupé /Le prix du danger / Il y a des jours et des lunes/Le boulet

lundi 10 août 2009

YVAN ATTAL


Yvan Attal a une filmographie marquée par sa sensibilité et sa personnalité, d'abord en tant qu'acteur, plus encore comme réalisateur. Ses choix sont souvent exigeants, ses rôles intenses (notamment auprès de Eric Rochant qui l'a révélé). Il est également à l'affiche de comédies assez réussies (par exemple Love etc). Pourtant sa sensibilité va surtout s'affirmer dans ses mises en scène, aux dialogues ciselés et aux situations mordantes, pleines d'ironie (dans Ma femme est une actrice sur la jalousie, dans Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants sur l'insatisfaction chronique des couples). L'acteur a atteint une envergure internationale grâce à Munich de Spielberg. Il ne dédaigne pas les divertissements plus grand public (de Anthony Zimmer à Rush Hour 3).

Né en Janvier 1965 à Tel-Aviv en Israël, arrivé en France deux ans plus tard, le jeune Yvan grandit en banlieue parisienne, à Créteil. Il éprouve un choc devant le Parrain. Les acteurs qu'il admire sont ceux qui ont incarné des rôles aussi légendaires. Il s'inscrit au prestigieux Cours Florent, se fait remarquer au théâtre au milieu des années 80 dans la pièce « Biloxi Blues » de Neil Simon. Il commence par tourner dans un téléfilm de Elie Chouraqui en 1988. Sa rencontre avec le cinéaste Eric Rochant alors qu'il est encore au cours Florent marque véritablement le début de sa carrière cinématographique. Il lui offre un rôle dans Un Monde sans pitié en 1989. Dès cette première apparition, l'acteur se voit honoré du César du meilleur espoir masculin. Suivront Aux yeux du monde (où il rencontre Charlotte Gainsbourg) et l'ambitieux Les Patriotes en 1994 (où l'acteur aborde une première fois les services secrets israéliens). Il retrouve sa compagne dans Amoureuse de Jacques Doillon ainsi que dans Love etc...


Comme beaucoup de comédiens de sa génération, ses références s'appellent Pacino et De Niro et son inspiration est en partie anglo-saxonne. Il veut imposer un univers plus personnel, comme en témoigne son court-métrage I got a woman qu'il a mis en scène lui-même, ébauche de son futur Ma Femme est une actrice.


Dès 2001, avec ce film, la carrière de Yvan Attal prend un tour nouveau. L'acteur s'avère un très bon metteur en scène. Il offre à Charlotte Gainsbourg une merveilleuse déclaration d'amour. Ma Femme est une actrice évoque les tourments du pauvre compagnon journaliste sportif d'une célèbre comédienne. Il se laisse peu à peu gagner par la jalousie de la voir embrasser d'autres hommes à l'écran. Attal s'amuse des clichés liés au cinéma, et se compose un personnage anxieux et touchant, un double attachant qui fait partager les doutes qu'il éprouve pour son couple. Il évoque de manière originale et drôle l'étrange « secte » du septième art, où l'on peut tomber sur une équipe de tournage complètement nue pour satisfaire la demande d'une actrice.


De nouveau, les problèmes de couples constitueront le coeur de son second film, Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants en 2004. Le monde est peuplé de gens misérables et menteurs : il y a ceux qui sont mariés et se déchirent (Alain Chabat et Emmanuelle Seigner, merveilleuse dans son contre-emploi de harpie), les couples qui ont l'apparence du bonheur mais qui sont minés par l'infidélité (Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg), et enfin le célibataire coureur et perpétuellement sans attaches (s'étourdissant de liaisons éphémères pour masquer sa solitude). Le ton est léger, mais le fond est grave.


On voit ces vies se décomposer peu à peu, Attal se plaisant à évoquer tous ces petits détails qui viennent gripper l'existence et entraîner les détresses ordinaires (de l'aigreur de Chabat à la dépression larvée de Charlotte Gainsbourg). Le regard est juste, presque désabusé. Mais il peut être poétique comme dans cette belle scène où Charlotte écoute le merveilleux Creep de Radiohead au casque dans un grand magasin, et que Johnny Depp est en face d'elle, partageant cette belle parenthèse. Le bonheur est fragile, on fera tout pour le saloper, mais il est là, quelque part, miraculeux et fugace. Ce film, même avec ses maladresses (quelques séquences qui s'étirent), est de nouveau une belle réussite.


L'acteur continue d'explorer des chemins variés. Rencontrant Sophie Marceau dans Anthony Zimmer, il est un homme ordinaire, piégé par une femme fatale, elle-même compagne d'un mystérieux bandit. Attal est entraîné dans une intrigue haletante. Bientôt, Attal va camper un second rôle dans L'Interprète de Sydney Pollack en 2005, avec Nicole Kidman. Spielberg le choisit pour se joindre à son ambitieux Munich, lui confiant un personnage assez mystérieux, un mercenaire vendant ses services au plus offrant, sans allégeance politique. A sa sortie et avec sa manière de ne pas être manichéen, de dénoncer les excès des deux camps, le film a fait grand bruit. Attal a confirmé quant à lui sa propension à aborder tous les univers. On sent dans sa carrière d'acteur une envie de s'essayer à tout, de l'action de Anthony Zimmer, au film politique de Niels Arestrup, Le Candidat (où il incarne un homme formé en urgence pour être le candidat d'une campagne présidentielle). De nouveau en 2007, il incarne un homme dont le destin bascule violemment après qu'il ait retrouvé un inquiétant camarade de classe (Clovis Cornillac) dans Le Serpent de Eric Barbier. C'est un trait commun à beaucoup des interprétations de Attal, il a cette faculté d'incarner un être pris dans son quotidien, pour le transcender, le transformer peu à peu, au gré de circonstances exceptionnelles, de le faire gagner en intensité quel que soit le contexte.


L'acteur provoque une identification immédiate, incarnant ses personnages avec générosité. Sa sensibilité juste, chaleureuse, parfois amère, fait également tout l'attrait de ses réalisations.


filmographie sélective :

aux yeux du monde

les patriotes

le serpent

Ma femme est une actrice

samedi 8 août 2009

John Hughes


Jeudi 6 aôut 2009 : sale news pour les teenagers du monde entier puisqu'on vient d'apprendre que le Dieu de la comédie US teenagers, John Hughes, est décédé d'une crise cardiaque alors qu'il se promenait dans New York. Le réalisateur de Breakfast Club n'avait que 59 ans.


S'il avait arrêté la mise en scène depuis un bail (1991) et s'était lancé dans une carrière très lucrative de producteur (il était scénariste et producteur de la saga des Maman, j'ai raté l'avion et ses 915 millions de dollars de recettes mondiales pour 3 films), John Hughes restera à jamais dans nos cœur comme le créateur de la sainte trilogie des années 80 : Breakfast Club, Une créature de rêve et La Folle journée de Ferris Bueller.



Trois films que les trentenaires ont vu en boucle durant leurs jeunes années (Ferris Bueller faisant personnellement partie des films que j'ai vu le plus de fois) et qui n'ont pas pris une ride. Jetez un œil sur Breakfast club si vous en doutez.

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