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dimanche 3 janvier 2010

LA SAGA JONES


Il était une fois deux bar­bus qui rê­vaient au bord d'une plage. Le pre­mier s'ap­pelle George. Il vient de sor­tir un film, mais pas des moindres. Grâce à lui, le monde en­tier s'est re­trou­vé la tête dans les étoiles, à cas­ser du strom­troo­pers ou à se­con­der Chew­bac­ca dans les plus dé­li­cates ma­noeuvres du Fau­con Mil­lé­nium. Le deuxième s'ap­pelle Ste­ven. Il a fait fré­mir des mil­lions de per­sonnes de­vant les Dents de la Mer ou de­vant Duel, fait rire des mil­liers d'autres de­vant 1941.

La science-​fic­tion bat son plein et George sou­rit dans sa barbe. Tout ça, c'est un peu à cause de lui. Pour­tant, son nou­veau pro­jet se dé­roule bien sur le plan­cher des vaches. Il pense à un film d'aven­ture à l'an­cienne, avec un vrai héros, une sorte de ba­rou­deur. Ste­ven, qui vient de finir ses Ren­contres du troi­sième type, voit éga­le­ment là l'oc­ca­sion de pas­ser à autre chose... Le script change de mains et la suite, nous la connais­sons tous.

En cette année 1981, Spielberg qui n'a déjà plus grand chose à prou­ver au­près des pro­duc­teurs, lance les pre­miers tours de ma­ni­velles de ce qui de­vien­dra à la fois une tri­lo­gie culte et la ré­fé­rence ul­time en ma­tière de films d'aven­tures. In­dia­na Jones était né, porté par les larges épaules d'un HARRISON FORD qui, à près de 40 ans, peine en­core un peu à faire dé­col­ler sa car­rière, mal­gré Han Solo. In­utile de dire qu'il trou­ve­ra là le rôle de sa vie, rôle qu'il faut éga­le­ment pla­cer dans l'his­toire des Grands Dé­sis­te­ments, puis­qu'à l'ori­gine, c'est ce bon vieux Mag­num de Tom Sel­leck qui au­rait dû por­ter fouet et cha­peau.

Fouet ? cha­peau ? Dif­fi­cile de dire qui d'Henry Jones Ju­nior ou de son look est de­ve­nu le plus cé­lèbre. Veste en cuir, un fouet, un gros flingue et bien sûr, un éter­nel cha­peau vissé sur le crâne (pour les cha­pe­liers, il s'agit d'un fé­do­ra...), In­dia­na Jones en outre d'avoir la gueule, pos­sède mine de rien ce qui de­vien­dra le cos­tume de tout ap­pren­ti ba­rou­deur, créant une telle ima­ge­rie qu'il en de­vint cli­ché.

Lais­sons-​là les ru­briques chif­fons pour nous in­té­res­ser plus en pro­fon­deur à la pre­mière aven­ture,


Les aventuriers de l'arche perdue

Les Aven­tu­riers de l'Arche Per­due nous em­mène en 1936, sur les traces de l'Arche d'Al­liance et des tables de la Lois.

Au pro­gramme : mé­chants nazis, temples pous­sié­reux, pièges an­ces­traux, cas­cades ahu­ris­santes, une bonne dose d'hu­mour, une pe­tite ro­mance et un brin de nos­tal­gie. Tous les in­gré­dients sont déjà là pour pré­fi­gu­rer l'énorme di­ver­tis­se­ment que re­pré­sente la saga de l'aven­tu­rier. Tout com­mence au fin fond de la jungle, à la re­cherche d'une idole sa­crée, ja­lou­se­ment gar­dée par des mé­ca­nismes sans âges et de fé­roces in­di­gènes. Bur­roughs, vous avez dit Bur­roughs ? Les aven­tu­riers de l'Arche Per­due ou près de deux heures d'aven­tures à l'an­cienne, sor­tie tout droit d'un roman de Tar­zan, avec son lot de voyages, de bonne hu­meur...

C'est in­vrai­sem­blable pour ne pas dire abra­ca­da­brant, c'est gros comme des mai­sons, c'est pas tou­jours très fin... et alors ? C'est fait avec tel­le­ment de bonne hu­meur qu'ici, dans les Aven­tu­riers comme dans les autres, la pi­lule passe et passe même très bien. Quand, lé­gè­re­ment couard, il règle un duel au sabre d'un coup de pé­toire, on est aux anges. Quand il saute d'avion en avion, de plate-​forme et plate-​forme, c'est l'ex­tase dans son fau­teuil.

C'est toute la force de Spiel­berg, faire pas­ser les choses les plus far­fe­lues sans qu'on s'en aper­çoive, on marche à fond et on en re­de­mande. Les Aven­tu­riers de l'Arche Per­due est un film énorme, où l'on en prend plein les mi­rettes, où l'on voit du pays, où l'on rit, l'on fris­sonne. Har­ri­son Ford se fond lit­té­ra­le­ment dans son per­son­nage, un per­son­nage hu­main à dé­faut d'être sur­hu­main : ba­gar­reur, frous­sard (les ser­pents), par­fois gaf­feur. Un héros po­pu­laire au bon sens du terme, qui donne fu­rieu­se­ment envie de par­cou­rir le monde à ses côtés, voire à sa place.

Dy­na­mique, fun, lé­gè­re­ment cra­dingue, fran­che­ment dé­pay­sant... Les Aven­tu­riers de l'Arche Per­due, non content de ser­vir d'in­tro­duc­tion à tout ce qui ca­rac­té­ri­se­ra la saga, est une réus­site in­dé­niable et l'un des meilleurs films du genre exis­tant à mon goût.

On pour­rait en par­ler des heures, évo­quer la mu­sique de John Williams, dé­crire les bourre-​pifs d'an­tho­lo­gie, ana­ly­ser en pro­fon­deur toutes les ca­rac­té­ris­tiques d'Indy... mais je dois gar­der un peu de place pour par­ler du deuxième volet.


Le Temple Mau­dit,


deuxième aven­ture toute aussi sa­vou­reuse que la pré­cé­dente. Aussi la plus mal-​ai­mée des trois. Re­pla­çons les choses : un pre­mier épi­sode no­va­teur, amu­sant, du pur di­ver­tis­se­ment. Le Temple Mau­dit est, comme toutes les tri­lo­gies, celui de la noir­ceur, de l'am­bi­guïté. Plus violent, moins ma­ni­chéen, un choix osé qui fera que ce film re­ce­vra un ac­cueil plu­tôt mi­ti­gé.

Alors mau­vais ou pas mau­vais, le Temple Mau­dit ? le film se ré­vèle être un petit chef-​d'oeuvre. Sombre, per­vers, san­glant, pro­fon­dé­ment ré­pu­gnant, le Temple Mau­dit est sans doute l'épi­sode le moins grand pu­blic et le plus violent. Spiel­berg le com­prend vite et se lâche, par­tant sou­vent dans l'au­to-​pa­ro­die ou dans le cy­nisme. Ainsi, il n'hé­site pas à nous res­ser­vir la scène du sa­breur du pre­mier épi­sode, mais qui se ter­mine cette fois en pied de nez, Indy ne trou­vant pas son arme. Le même In­dia­na Jones qui per­dra en­core une fois de sa su­perbe lorsque dro­gué, il en de­vien­dra traître et violent. L'hu­mour est tou­jours là, mais plus noir, plus grin­çant. On se sou­vient de la scène du repas, an­tho­lo­gique, où l'on sert des plats plus épou­van­tables les uns que les autres. Ce qui n'était qu'un for­mi­dable di­ver­tis­se­ment de­vient un objet étrange et dé­li­cieu­se­ment mal­sain, em­me­né par des sé­quences fas­ci­nantes comme le ri­tuel où un sor­cier ar­rache un coeur pal­pi­tant à main nue.

Mal­gré tout, le Temple Mau­dit n'ou­blie pas son pro­logue et est bel et bien un In­dia­na Jones : vi­suel­le­ment, on en a une fois de plus pour son ar­gent, trim­bal­lé dans les mys­té­rieuses contrées d'Asie. Les in­gré­dients sont tou­jours là : si­tua­tions in­con­ce­vables, rythme éche­ve­lé, dia­mants, pièges, vieilles cé­ré­mo­nies... mais agré­men­tés de pas­sages su­per­be­ment sa­diques qui font de ce Temple Mau­dit un épi­sode riche et in­té­res­sant, où Indy dé­ve­loppe une sorte de côté obs­cur in­at­ten­du, prou­vant qu'il n'est qu'un homme avec ses tra­vers.

Situé chro­no­lo­gi­que­ment avant les Aven­tu­riers, Le Temple Mau­dit est un épi­sode in­jus­te­ment boudé, plu­tôt à part dans la série et qui prouve que l'on peut re­nou­ve­ler un concept. Deux films, deux styles. Qu'en se­ra-​t-​il du troi­sième ?

Tran­si­tion toute trou­vée pour em­brayer sans plus at­tendre vers In­dia­na Jones et la Der­nière Croi­sade, troi­sième volet et sans doute, le volet ul­time de la saga. Spiel­berg va loin, très loin dans le di­ver­tis­se­ment et l'aven­ture. Exit les san­glantes ex­cur­sions du Temple Mau­dit, La Der­nière Croi­sade est un re­tour aux sources, et se rap­proche des Aven­tu­riers de l'Arche per­due : re­lique bi­blique, vi­lains nazis, des pièges en veux-​tu en voilà...

Mêmes re­cettes pour un film qui dé­marre sur les cha­peaux de roues pour ne plus lâ­cher son rythme jusqu'à un final d'an­tho­lo­gie, bas­cu­lant car­ré­ment dans le fan­tas­tique. Les vielles re­cettes po­pu­laires marchent à nou­veau à fond, mê­lant hu­mour, grosses bas­tons, sus­pense et un zeste de ro­mance. In­utile de ré­pé­ter tout ce qui a été dit pré­cé­dem­ment.

La Der­nière Croi­sade se per­met une jolie ré­flexion sur les re­la­tions père/fils. Pris dans un in­cen­die, Indy se la­mente : "nous n'avons ja­mais pu par­ler" re­pro­che­ra-​t-​il. Et Jones Se­nior de ré­pondre "Et bien par­lons main­te­nant, qu'as-tu à me dire ? ". Ju­nior res­te­ra muet. Le­quel des deux né­gli­gea l'autre, telle est la ques­tion qui se pose...

La dernière croisade

La Der­nière Croi­sade est sans aucun le doute le meilleur épi­sode de la saga, vé­ri­table BD sur grand écran, spec­ta­cu­laire, gi­gan­tesque, poi­lante. Une vé­ri­table illus­tra­tion des pos­si­bi­li­tés du ci­né­ma, quand Hol­ly­wood pro­dui­sait le rêve.

Peut-​on vrai­ment cri­ti­quer les In­dia­na Jones ?

Spiel­berg et Lucas nous ont livré une saga culte, le rêve de tout gosse enfin mis en images. Ils ont dé­pous­sié­ré un genre, jusqu'à en re­créer les codes. Cas­ting, effet, scé­na­rio, to­na­li­tés... la tri­lo­gie re­pré­sente une sym­biose par­faite, où tout est co­hé­rent, tout s'en­chaîne sans heurt. On peut trou­ver des dé­fauts à In­dia­na Jones, mais il fait par­tie de ces films dont on se fout éper­du­ment des points ban­cals, trop oc­cu­pé que l'on est à re­gar­der l'écran pour ne pas en perdre une miette.

source : http://www.devildead.com/histoiresdetournages/


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