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jeudi 8 octobre 2009

LES BARBOUZES

« - Un barbu, c'est un barbu...Trois barbus, c'est des barbouzes ! »

IL ETAIT UNE FOIS... LES BARBOUZES

Un an après la sortie de son film aujourd'hui culte Les Tontons flingueurs, le cinéaste Georges Lautner s'empressa de réunir la fine équipe et d'imaginer de nouvelles aventures. Ainsi, Michel Audiard concocta une histoire encore plus délirante, avec la complicité de son ami Albert Simonin, et prit bien évidemment à sa charge les dialogues. De son côté, Lautner fit appel aux principaux Tontons, à savoir Lino Ventura, Bernard Blier et Francis Blanche. En revanche, exit Jean Lefèbvre, Venantino Venantini... Place à la jeune et fringante Mireille Darc (première égérie du cinéma Lautnérien, bien avant Miou-Miou).

Les Barbouzes appartient donc à une trilogie, celle créée par le cinéaste, en compagnie d'Audiard et de Ventura. S'en suivra deux ans plus tard Ne nous fâchons pas, l'une des plus grandes réussites du genre parodique en France, oeuvre dans laquelle Jean Lefèbvre exécute un numéro tout bonnement sensationnel. Mais suite à la projection du film, Lino Ventura refusera toute nouvelle collaboration avec le réalisateur, regrettant la place donnée à l'humour, selon lui excessif et définitivement trop imposant. Ses futures participations à l'affiche d'une comédie se révèleront en effet plus « soft » (L'emmerdeur, La Gifle, L'aventure c'est l'aventure). Et cela ne l'empêchera pas de travailler à nouveau avec Michel Audiard, mais à l'occasion de films plus sombres (Garde à vue, Espion, lève-toi).

Etrangement, Les Barbouzes demeure aujourd'hui encore le volet le moins célèbre de la saga. A tort.

Un célèbre trafiquant d'armes lègue à sa jeune veuve un château et une importante collection de brevets qui intéresse les services secrets de plusieurs pays. Ainsi, quatre barbouzes sont envoyés pour récupérer les précieux documents mais c'est l'agent français Lagneaux qui, recevant l'ordre de séduire la blonde héritière, accomplira sa mission jusqu'au bout.

A l'instar des Tontons flingueurs, il faudrait consacrer des livres entiers pour vanter tous les mérites d'un film tel que Les Barbouzes, et ce, à sa juste valeur. Une fois de plus, impossible de passer outre les excellents dialogues signés Michel Audiard. Parmi eux, citons pas exemple :

« - Un Chinois vient de tomber de la terrasse, il est mort !

- Du calme mon enfant, un client part, un autre arrive... »

« - Un barbu, c'est un barbu...Trois barbus, c'est des barbouzes ! »

« - J'ai la tête vide. Moi, la trahison, ça me démolit !

- Une question de formation... Moi, ça m'inspire ! »

« - Excusez-moi, mon colonel, mais, vous savez, une brute, ça rit d'un rien, hein, un missile qui passe, un champignon qui monte dans le ciel, le temple d'Angkor qui passe au-dessus de Billancourt... J'me marre de tout, j'ai des goûts simples ! »



Lorsque le cinéaste annonça son intention de mettre en scène ce nouveau long-métrage, il en parla sur un ton presque enfantin : « Je voudrais introduire dans Les Barbouzes tous les poncifs du film d'espionnage. Il y aura donc des micros partout, des couloirs secrets, des personnages qui apparaissent et disparaissent, d'autres qui prennent toutes sortes de déguisements, des attentats, des explosions, des bagarres... » On le sent dès lors tout excité. Et cela se retrouve au coeur du métrage. Il prend un malin plaisir à retrouver ses camarades rencontrés sur le tournage des Tontons. Il sait désormais trouver un juste milieu entre imposer une direction minutieuse à ses acteurs et leur laisser une certaine marge de liberté. Comme à leur habitude, Ventura, Blier et Blanche s'en donnent à coeur joie et livrent au final une performance impeccable. A leurs côtés, la jeune Mireille Darc se réserve une place de tout premier choix, face au grand Lino, et joue tout aussi bien la femme fatale qu'une simple blonde idiote. On pourrait la croire fraîchement débarquée dans le milieu. Il s'agit pourtant de son dixième long-métrage, après avoir participé à Pouic-Pouic (elle était la fille de Louis de Funès), au film Les veinards, Des pissenlits par la racine (déjà réalisé par Georges Lautner), ainsi que Monsieur, avec Jean Gabin. On est donc loin d'avoir affaire à une débutante. Si l'on ajoute à cela la présence de l'excellentissime Noël Roquevert dans le rôle du colonel, et d'une multitude de « seconds couteaux » que l'on prend toujours plaisir à croiser au générique d'un film (parmi eux, Robert Dalban, Hubert Deschamps, Philippe Castelli ou bien encore Jess Hahn), Les Barbouzes demeure encore aujourd'hui une référence, une véritable leçon de cinéma où tout est parfait.

Cette bande de vieux copains s'illustre donc dans l'une des premières parodies du cinéma français. Les Tontons flingueurs avait d'ores et déjà ouvert la brèche. Les Barbouzes l'entretient. Au delà des dialogues, bien souvent surréalistes, les situations, toutes aussi loufoques les unes que les autres, vont également bon train. Les morts se succèdent à un rythme effréné et les protagonistes continuent d'évoluer comme si de rien n'était. Cette ambiance des plus macabres semble même être un quotidien pour eux, puisque chacun enchaîne les costumes et autres mascarades pour tenter de récupérer les fameux documents. Pour eux, le travail et l'amour envers leurs patries respectives passent avant tout. On se trouve donc en présence d'une oeuvre au sujet sérieux, définitivement adulte (affaire d'espionnage, voire politique), mais traité sur un ton bon enfant. Telle est la base du genre parodique. Et c'est très certainement ce qui fit le succès du film à l'époque (2 400 000 spectateurs), encore aujourd'hui lors de ses (trop rares) diffusions télévisées.


L'humour est une chose. Encore faut-il savoir le mettre en scène. Georges Lautner restera une grande référence en ce domaine. Loin des cinéastes plan-plan qui exercent en ce même Temps, Lautner cherche, explore, tente, et propose à l'arrivée une oeuvre originale, totalement cinématographique et non théâtrale. Ses cadres dénotent un sens précis et le montage saccadé un spectacle à lui tout seul. L'ennui est donc quasi impossible.

"Les Barbouzes" fait partie de ces films intemporels où le talent ne vieillit pas. Le charme des différents interprètes agit toujours autant, si ce n'est plus. De même, la finesse de l'écriture et la modernité de sa mise en image font de ce long-métrage un très grand classique qu'il convient de voir et revoir jusqu'à la fin de nos jours. Terminons en citant l'extraordinaire partition composée par Michel Magne, déjà présent à l'affiche des Tontons flingueurs, et qui livre ici une musique fidèle à sa folie et à son imagination

source : dvdrama.fr

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