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mardi 12 février 2013

MICHEL GALABRU, le livre


Michel Galabru a publié un livre « Je ne sais pas dire « non »
interview pioché sur ladepeche.fr


À quoi ou à qui n'avez-vous jamais su dire non ?



Je me risque rarement à un refus pour ne pas fâcher, par désir de plaire et aussi par timidité. Combien de fois j'ai accepté un piètre rôle parce que je n'osais pas dire non ! Comment dire non à quelqu'un qui est en face de vous ? Au cinéma, par nécessité financière on ne dit pas non à un film, à un mauvais scénario. Ah !, j'ai eu le navet facile. Mais un mauvais film ne pue pas davantage qu'un autre.


Vous avez tourné près de 250 films. Quels sont ceux que vous ne reniez pas ?


En priorité « Le juge et l'assassin », celui dont je suis le plus fier. Tavernier m'a pêché alors que je ne m'y attendais pas. J'ai été très honnête avec lui. Je trouvais que Dufilho serait bien mieux que moi et je le lui ai dit. Il n'a rien voulu entendre. J'avais peur de ne pas être à la hauteur. J'allais être en face de Noiret qui avait déjà tourné « Le vieux fusil ». C'est lui qui m'a encouragé et convaincu. « Ne t'inquiète pas, tu y arriveras », m'a-t-il dit et j'y suis arrivé.



Il y a bien d'autres films dans une carrière si bien remplie ?

Le plus souvent, chaque fois c'était deux ou trois jours de tournage pas plus. J'ai eu, tout de même, quelques très beaux rôles. « Dans « Uranus » de Claude Berri. Là, je suis très bien en collabo affairiste. Je me regarde de temps en temps pour me consoler des trucs ordinaires que j'ai fait. Il y a aussi « L'été meurtrier ». J'ai tourné une scène avec Adjani sans la voir. J'aime aussi, « Un poison violent » de Katell Quillevéré. Elle est très forte cette petite jeune -fille, elle vous dirige comme un maître.


Vous ne citez pas « Le Gendarmes de Saint-Tropez » ?

Ah, « Les Gendarmes » ! Toujours eux ! Toute ma vie, je traînerai l'adjudant Gréber. Je reçois encore du courrier des quatre coins du monde avec le même refrain : « vous êtes mon acteur préféré ». On ne peut pourtant pas parler d'un chef-d'œuvre ! Lorsque « Les Gendarmes » sont sortis, les « Cahiers du cinéma » qui se passionnaient pour Jerry Lewis les ont traités de « galéjade minable ». Un critique du Figaro leur a répondu « Je ne vois pas en quoi les grimaces de Jerry Lewis sont supérieures à celles de de Funès ».

« Les Gendarmes », c'est l'équivalent des « Ch'tis » ou de « La Grande Vadrouille ». La preuve que « populaire » n'est pas un gros mot.


Vous vous entendiez bien avec le maréchal des logis-chef Cruchot alias de Funès ?


De tous les timides, le plus atteint que j'ai connu, c'est Louis de Funès. Cette maladie était chez lui incurable. C'était un homme sain et bon, qui ne tirait jamais la couverture à lui, un bon camarade de tournage et un bon partenaire sur le plateau.


Qui vous impressionne aujourd'hui ?


Michel Bouquet mais aussi Gad Elmaleh, Jamel si cocasse et aussi de charmant garçon qu'est Jean Dujardin.

Vous avez reçu un César et aussi, à 85 ans, un Molière pour votre interprétation « Des chaussettes »….


Je suis à l'âge où les récompenses pleuvent car on sent que le type va bientôt glisser.

Vous imaginez-vous mourir en scène comme Molière ?

Ce serait finir en beauté mais je suis déjà mort plusieurs fois, dans « La Triche » en 1984, dans « l'Ibis rouge » et dans « Les Acteurs ».


l'enfance

« C'est toujours un régal de regarder un petit enfant. C'est une satisfaction de raconter des histoires aux gamins, de les faire rire, de les voir grandir. Mais je reste fidèle à mes convictions : naître est quand même un périlleux destin. »

Les metteurs en scène

« J'ai de l'admiration pour les grands metteurs en scène. Quand j'ai été nommé pour une récompense, j'avais tourné avec un excellent : Besson, Berri et surtout Tavernier » (photo ci-contre).


Les amateurs


« Cette manie que cultivent les réalisateurs d'employer des amateurs m'horripile. Selon eux, les professionnels font obstacle à l'œuvre en préparation par leur manière même de jouer, de phraser, d'empoigner le texte. A la longue on tue l'acteur. Si vous engagez un plombier dans un film pour jouer le plombier, il aura les gestes adéquats. Il sera plombier. Mais si son rôle suppose un certain trait de caractère, un sournois dessein qui peut influencer le reste de l'histoire, rien ne dit qu'il sera capable de l'interpréter. L'interprétation c'est le fait de l'acteur. »


Recueilli par Françoise Cariès
http://www.ladepeche.fr/article/2011/12/25/1247595-michel-galabru-j-ai-le-navet-facile-je-ne-sais-pas-dire-non.html


lundi 18 juin 2012

GEORGES REEVES 1914-1959



George Reeves est un acteur et réalisateur américain né le 5 janvier 1914 à Woolstock, Iowa (États-Unis), mort le 16 juin 1959 à Beverly Hills (Los Angeles). Pratiquement inconnu en Europe, George Reeves est une légende en Amérique pour son rôle de Superman à la télévision. Il n'a aucun lien de parenté un autre acteur qui a incarné Superman, Christopher Reeve.


En 1939, il fait partie de la distribution prestigieuse du chef d'œuvre Autant en emporte le vent auprès de Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland et Leslie Howard tourné par Victor Fleming.

Les dix années suivantes, il est engagé par la Warner, la Fox et la Paramount. Il tourne dans diverses productions le plus souvent sans grand intérêt, bien que peu connus on peut citer quelques titres comme Ladies Must Live en 1940 avec Rosemary Lane, Argentine Nightd en 1940 avec Constance Moore, Lydia en 1941 avec Merle Oberon, Edna May Oliver, Joseph Cotten et Sara Algood, Time to Kill en 1945, Special Agent en 1949 ou encore Samson and Delilah aussi en 1949 de Cecil B. DeMille avec Hedy Lamarr et Victor Mature.




En 1951, la gloire arrive avec le succès de la série "Superman". Elle lui offre une renommée mondiale et la série vit jusqu'en 1958 avec 104 épisodes. La fin de la série marque le déclin de l'acteur qui va de plus en plus mal dans sa vie. Après avoir quitté Toni, il se rend bien compte qu'il ne peut conserver son train de vie. De mauvais placements et des dépenses inutiles l'endettent. Toni l'entretenait en partie, lui offrait voitures et voyages. Mais George est fiancé et Toni ne s'est pas remise du départ de son grand amour.




Ce que le Show-Business hollywoodien ne comprend pas c'est la raison pour laquelle E.J Mannix incite sa femme à poursuivre cette relation adultère en public.

Il meurt prématurément le 16 juin 1959 à Beverly Hills : la cause officielle du décès est le suicide, à quelques semaines de son mariage, et en plein succès grâce à son interprétation de Superman, dans la série télévisée Les Aventures de Superman. Des théories sont évoquées quant à son assassinat. Certains pensent à un décès accidentel avec sa fiancée, pour d'autres à un meurtre commis par E.J Mannix (1891-1963), le mari de son ex-compagne Toni Mannix (1906-1983), travaillant à la MGM. L'enquête sur sa disparition n'a jamais été officiellement résolue et le présumé meurtrier est décédé. Il est enterré au cimetière de Mountain View à Altadena, en Californie.




Cette mort mystérieuse a fait l'objet d'un film, Hollywoodland, sorti en 2006, dans lequel George Reeves est interprété par Ben Affleck avec Adrian Brody dans le rôle d'un détective privé.




infos : wikipêdia

vendredi 25 février 2011

GAINSBOURG : Avé CESAR

Sous la présidence de l'actrice américaine Jodie Foster,  la 36e cérémonie des Césars est diffusée en direct sur Canal plus, depuis le théâtre du Châtelet à Paris


Le film sur Gainsbourg décroche 3 césars dont
le César du meilleur Acteur . ERIC ELMOSNINO


jeudi 8 juillet 2010

Pas si BRAVE (heart) que ça !


L'image du comédien et réalisateur Mel Gibson, déjà sérieusement écornée depuis quelques temps, n'est pas prête de s'améliorer.Son ex-compagne avait récemment livré à la police des enregistrements de ses conversations téléphoniques avec Gibson.


Les propos tenus par le héros de "L'Arme Fatale" sont plus que consternants: "Tu ressembles à une putain de truie en chaleur, et si tu te fais violer par un groupe de nègres, ce sera ta faute", "Je vais venir mettre le feu à ta putain de maison" sont quelques-unes des phrases prononcées par l'acteur.Dans un nouvel enregistrement remis à la police, l'acteur admet avoir frappé sa compagne et ne semble pas le regretter. Selon Radaronline, alors que la jeune femme lui demande "Quel genre d’homme peut taper sur une femme alors qu’elle tient un bébé dans les bras, la frapper deux fois en pleine face? ", Mel Gibson réplique: "Tu sais quoi, tu l’as bien mérité !"


En 1977, Mel Gibson est diplômé de l'institut national des arts dramatiques de Sydney. Il commence alors sa carrière d'acteur dans quelques séries télévisées. Son premier succès cinématographique a lieu en 1979 quand il interprète le rôle titre du film de science-fiction Mad Max du réalisateur George Miller. Film indépendant à petit budget, il rencontre un succès inattendu, rapportant une centaine de millions de dollars. Mel Gibson est alors propulsé au rang de star du cinéma. Deux autres films suivront, centrés autour du personnage de Mad Max.

En 1984, Mel Gibson reprend le rôle de Fletcher Christian dans le remake Le Bounty, où il donne la réplique à Anthony Hopkins.


En 1987, la comédie policière L'Arme fatale (Lethal Weapon) de Richard Donner, où il forme un tandem de policiers avec Danny Glover, est un énorme succès mondial qui le rend plus populaire aux États-Unis. Après sa suite et d'autres films d'action, il s'oriente vers la tragédie classique en reprenant le rôle d’Hamlet dans le film de Franco Zeffirelli, où il a pour partenaire des acteurs aussi renommés que Ian Holm et Alan Bates. Mel Gibson se lance peu après dans la production avec Forever young puis la réalisation avec L'Homme sans visage, où il interprète respectivement un aviateur cryogénisé et un professeur défiguré. En 1995, il s'attaque à son oeuvre la plus ambitieuse, le film de guerre historique Braveheart, dans lequel il interprète l'indépendantiste écossais William Wallace. Ce grand succès public et critique lui vaut l'Oscar du meilleur film et l'Oscar du meilleur réalisateur.

Après cette victoire il enchaîne les films à gros budget (La Rançon, Complots, L'Arme fatale 4, Payback) mais s'essaie également au film d'auteur avec The Million Dollar Hotel de Wim Wenders. Il revient au film épique avec The Patriot, le chemin de la liberté de Roland Emmerich, ce qui ne l'empêche pas de goûter à la comédie romantique avec Ce que veulent les femmes. Acteur décidément éclectique, il s'aventure par la suite dans le cinéma surnaturel avec Signes de M. Night Shyamalan.

En 2004, il écrit, produit et réalise La Passion du Christ, une reconstitution des douze dernières heures de Jésus Christ. Le film est tourné en araméen, en hébreu et en latin. Les critiques du film sont très partagées, déplorant les scènes sanglantes. Le film fut nommé aux oscars et reçut le prix du public pour la meilleure œuvre dramatique.

Le dernier film réalisé par Gibson est Apocalypto (sorti fin 2006). L'action se situe juste avant la conquête espagnole de l'Amérique centrale. Le thème central est le déclin de l'empire maya.

Après 6 ans d'absence en tant qu'acteur, en 2010 il revient devant la caméra dans le polar Edge of Darkness de Martin Campbell, où il donne la réplique à Ray Winstone.

Le prochain film de Mel Gibson sera basé sur les vikings, avec une sortie probable en 2012. Leonardo DiCaprio est déjà annoncé pour tenir un rôle dans ce film.
source : morandini.com
filmographie selective
mad max
mad max 2
L'arme fatale 1 2 & 3
La rançon
Braveheart

lundi 31 mai 2010

DENNIS HOPPER


Il combattait depuis plusieurs mois la maladie, un cancer de la prostate. Dennis Hopper a terminé son combat ce samedi, entouré des siens, dans sa maison de Venice en Californie.

Né en 1936 au Kansas, Dennis Hopper part pour Hollywood à l'âge de 18 ans avec la ferme intention de réussir dans l'univers du cinéma. Ses débuts sont marqués par de petits rôles dans des séries télé. Il faudra attendre 1954 pour le voir à l'affiche de La Fureur de vivre dans lequel il incarne De Goon. James Dean qu'il côtoie sur le tournage lui enseigne alors la méthode de l'Actors Studio. Malgré le succès du film, Denis Hopper connaît une période creuse dans les années qui suivent. Loin des plateaux de cinéma, il s'essaie alors à la photo et se découvre une passion pour l'art contemporain.

A cette époque il travaille pour Vogue et Harper's Bazaar, parcourt les Etats-Unis à la recherche de sujets à photographier et s'illustre en immortalisant Martin Luther King en plein discours lors des manifestations pour les droits civiques. Dennis Hopper réalise à la même période les portraits d'Andy Warhol et de Roy Lichtenstein


A partir de 1965, Dennis Hopper renoue avec le cinéma. Il tourne dans de grosses productions sans véritablement connaître la notoriété à laquelle il aspire. Mais l'année 1969 va marquer un tournant. Dennis Hopper réalise Easy Rider, un road movie déjanté qui lui apporte enfin la reconnaissance du public et de la critique. La même année, le film recevra le Prix de la meilleure œuvre au Festival de Cannes. La chevauchée sarcastique de Dennis Hopper et Peter Fonda va devenir culte. Avec Easy Rider, le cinéaste réinvente le western n'hésitant pas à faire de ses héros des contre pionniers dealers de cocaïne qui seront d'ailleurs abattus, le film se terminant sur le mythique "We blew it" (on a merdé !).


Drogue et alcool


Fort de ce succès, le cinéaste entame deux ans plus tard la réalisation de The Last Movie, qui malgré le Grand Prix du Festival de Venise en 1971, ne convainc pas les critiques américains. Ce que Dennis Hopper voyait comme un aboutissement de sa conception cinématographique est un échec. Universal lui demande de revoir sa copie. Dennis Hopper refuse et se réfugie dans la drogue et l'alcool loin du monde du cinéma.


La fin des années 1970 est marquée par le tournage d'Apocalypse Now de Francis Ford Coppola dans lequel Dennis Hopper incarne un journaliste photographe. Au même moment Out of the Blue lui apporte également le succès, mais l'acteur réalisateur ne parvient pas à rompre ses addictions qui lui empêcheront notamment d'achever le tournage de Jungle Fever, projet qui ne verra jamais le jour.


Après une cure de désintoxication et une longue convalescence, Dennis Hopper se remet au travail en 1986 et enchaîne six films jouant notamment dans le Blue Velvet de David Lynch. En 1988, il tourne dans Colors. On le verra également dans Speed en 1994. C'est finalement au cours des années 2000 que Dennis Hopper tourne le plus. On le retrouve à l'affiche d'une trentaine de films et série TV dont Américano, ou plus récemment Swing Vote son dernier film avec Kevin COSTNER.

Carrière en dents de scie et engagement politique


Artiste controversé, Dennis Hopper s'est engagé politiquement au côté du parti républicain dès 1980. Connu pour avoir soutenu les candidatures de Ronald Reagan, George H. W. Bush et George W. Bush, il réaffirme ses opinions conservatrices en France en octobre 2008 sur le plateau du Grand Journal. Le ministre français de la Culture Christine Albanel profite de son passage à Paris pour le faire commandeur dans l'Ordre National des Arts et des Lettres.


Malgré les frasques qui ont marqué les différentes étapes de sa carrière, Dennis Hopper restera une figure emblématique de la révolte des sixties.

source : dvdrama.com

jeudi 25 mars 2010

JAMES CAMERON

James Cameron voit le jour au Canada, le 19 août 1954. Dès l'enfance, il développe un grand intérêt pour la science-fiction. Lecteur vorace, il lit tout ce qui lui tombe entre les mains. Inventif, il construit très jeune des maquettes et s'intéresse au cinéma. Il commence par réaliser des petits films grâce à la caméra super-8 familiale. Il connaît enfin la révélation de sa vocation devant 2001, l’Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick en 1968.

Il le voit une bonne dizaine de fois et en tire son inspiration. Pourtant, il faut un autre déclic pour qu'il se lance véritablement vers son destin. Après avoir découvert Star Wars de George Lucas en 1977, il décide que sa vie consistera à faire des films. Il quitte tout pour s'y consacrer enfin. Il commence par réaliser en 1978 un court-métrage où il démontre déjà son aise à user d'effets spéciaux. Cela lui vaut une première reconnaissance et son premier boulot sera de construire des maquettes pour les productions à petit budget de Roger Corman. Cela lui permet entre autres choses, de réaliser un premier film frustrant pour lui (puisque sans budget), Pirhana 2 : les tueurs volants en 1981.

A la suite de ce chaos naît pourtant un script, celui de Terminator. Cameron dit que l'histoire lui est venue d'un cauchemar à propos d'un robot meurtrier. Le cinéaste pouvait enfin faire ses preuves et imposer sa marque dans le cinéma d'action. A le revoir, ce premier volet est étonnant. Il est d'inspirations très hétéroclites. Le volet science fiction d'abord : l'avenir d'où viennent le fameux Terminator et son poursuivant. On y voit une Terre dévastée, gouvernée par les machines, traversée ça et là par des rayons lasers dévastateurs, les hommes s'y terrant dans des tranchées. Le présent est celui, d'abord insouciant, de Sarah Connor, jeune serveuse à New York pendant les années 80. Bientôt, elle se voit pourchassée par deux hommes, un qui la protège et l'autre qui veut la supprimer pour qu'elle ne donne pas naissance au héros de la résistance humaine à venir. L'histoire est audacieuse. Le traitement inédit, entre cauchemar d'anticipation, thriller et policier. Cameron choisit pour incarner son cyborg exterminateur, l'ancien champion de culturisme Arnold Schwarzenegger qui fait une prestation impassible et glaçante, entrée dans la légende.

Le réalisateur explose les frontières entre les genres, pose des personnages tourmentés et fouillés et explore les relations entre eux. En même temps que des scènes d'action absolument exceptionnelles, il met en scène un spectacle total et émouvant, notamment par le lien qui se tisse entre Michael Biehn et Linda Hamilton. On découvre les thématiques chères au cinéaste : les dangers du progrès, l'humanité fragile et faillible, l'amour comme seul salut et également la hantise d'un avenir apocalyptique.

James Cameron écrit le script de Rambo 2 : la mission. Il insiste ensuite pour réaliser une autre suite à un film d'envergure. Aliens sort en 1986.

L'action domine, effrénée, dans une surenchère permanente. Ripley retourne dans l'espace avec une escouade de militaires gouailleurs et bien entraînés pour affronter non plus une seule créature, mais toute une colonie, défendue par leur mère. L'opus est moins impressionniste que l'original, plus direct, spectaculaire et martial. Le réalisateur s'y sert de grands archétypes, comme le déconneur de service un peu irritant campé par Bill Paxton. Cependant, Cameron confère du souffle à l'ensemble, de l'émotion même, dans la relation avec la fillette ou dans l'attitude de la « reine mère ». L'efficacité alliée à la sensibilité de Cameron continuent de faire merveille.

Auréolé de ses succès, le réalisateur peut se consacrer à son prochain film, Abyss, sorti en 1989, où l'on voit émerger un décor plus que récurrent dans son œuvre : l'océan. Le récit se déroule dans une plate-forme en eaux profondes, troublée par l'arrivée de marines, venus explorer un sous-marin qui a mystérieusement sombré. La cohabitation est mouvementée, d'abord par le fait que les soldats soient accompagnés par l'ex-femme du maître des lieux. Entre Mary Elizabeth Mastrantonio et le toujours impeccable Ed Harris se développe une relation orageuse et passionnelle. Michael Biehn, ici chef des marines, a la fièvre des profondeurs et se laisse gagner par la démence. A cela vient s'adjoindre la manifestation d'une vie extraterrestre sous-marine, prenant vie à l'écran grâce à une utilisation somptueuse -et pionnière- des images de synthèse. Le tournage est difficile : tendu et éprouvant, pour les acteurs et l'équipe. Comme toujours, Cameron compose une histoire totale et ambitieuse, avec une tension et des confrontations spectaculaires où la claustrophobie agit sur les esprits. Le film est surtout riche d'une indéniable sensibilité, les sentiments entre les personnages sont forts et émouvants. Enfin, la nature humaine est encore double : capable de monstruosité (les explosions nucléaires, les guerres, les génocides) et des élans les plus nobles (l'amour et l'altruisme). Le film ne rencontra pas à sa sortie le succès escompté. Il s'est imposé depuis comme une oeuvre d'importance, notamment dans sa version longue.


Terminator 2 : le jugement dernier reprend ces mêmes thématiques en 1991 et marque une évolution par rapport au premier épisode. Cette fois le robot terrifiant (Schwarzenegger) se fait protecteur de John Connor, poursuivi par un T-1000 (Robert Patrick) venu du futur pour l'éliminer. Les scènes d'action sont spectaculaires à souhait (des poursuites à couper le souffle, une tension de chaque instant).

les effets spéciaux sont d'une qualité exceptionnelle (dont une utilisation magistrale du morphing pour l'increvable méchant de l'histoire). Mais c'est avant tout par l'émotion que cet opus se démarque. La fragilité de Linda Hamilton internée dans un asile, le jeune Edward Furlong se trouvant un père de substitution dans le Terminator. Et toujours cette vision troublante dérangeante, d'un avenir inquiétant, où l'humanité a le pouvoir d'oeuvrer à sa propre destruction.

True Lies en 1994 est un intermède réjouissant, lointain remake de La Totale de Claude Zidi. Ici, l'action est décomplexée, jubilatoire et improbable comme dans un James Bond bien troussé. Cameron et Schwarzenegger ont pris le parti de s'y amuser (on voit le héros aussi à l'aise pour chevaucher un avion à réaction que pour danser le tango). Le couple formé avec Jamie Lee Curtis dégage une allégresse naïve et énergique, rappelant les belles comédies d'antan. Encore un exercice de style réussi avec classe et ce soupçon de démesure qui fait tout le panache du réalisateur.

Après cela il participe à l'écriture et à la production de l'excellent Strange days de Kathryn Bigelow (dont il avait déjà produit Point Break, extrême limite). On connaît l'ambition du bonhomme et sa capacité à s'attaquer à des projets épiques et fous, à les tourner en perfectionniste, jusqu'à l'épuisement.

Mais rien n'annonce en 1998 le phénomène que deviendra Titanic, plus gros succès de l'histoire du cinéma. Certes, le thème est porteur, mais il fallait quelqu'un comme Cameron, avec sa sensibilité et son sens du spectacle, pour le transcender.

Plus qu'une vision romantique du naufrage, on retrouve les grands thèmes qui occupent le cinéaste depuis longtemps : les dangers du progrès, l'imprudence de l'homme face à des forces qui le dépassent, l'amour comme seul espoir. Le cinéaste dispose de moyens hors du commun pour reproduire fidèlement le paquebot. Il s'astreint dès l'écriture à une préparation méticuleuse, une immersion totale dans cette histoire. C'est ainsi que l'on retrouve l'âme qu'il sait apporter au spectaculaire. Il crée un jeune couple qui nous attache à ce naufrage. Deux grands acteurs se révèlent dans cet imposant décor, Kate Winslet et Leonardo DiCaprio. Leurs personnages sont pourtant assez simples : il est un artiste désargenté, elle est une aristocrate promise à un mariage sans amour. Mais par leur spontanéité et la dimension très personnelle que James Cameron a donné à Jack Dawson, ils touchent au coeur. Encore une fois, la prouesse est à la fois technique et sensible. Ce film attire tous les superlatifs et fait tomber tous les records.

Après pareille aventure, il se passe un peu de temps avant de retrouver le cinéaste. Il s'attarde sur l'épave mythique dans Les Fantômes du Titanic. Il se consacre au documentaire pendant un temps (dont un consacré au vaisseau de guerre le Bismarck, dont il explore l'épave au fond de l'Atlantique). Il crée une série télévisée, Dark Angel en 2000 dont il réalise quelques épisodes. On parle de son projet, fascinant, de raconter l'éruption du Vésuve durant l'Antiquité. Enfin il porte en lui depuis des années un projet ambitieux et révolutionnaire dans sa conception, Avatar.

James Cameron a toujours su livrer des films riches et divertissants, innovants techniquement (il fut l'un des premiers à utiliser avec brio les images de synthèse), et profondément émouvants. Il a aussi souvent montré une nature humaine contrastée dans des productions souvent épiques, hors du commun. Il est un artiste qui s'est consacré totalement à ses films, pour qu'ils correspondent à sa vision, n'acceptant pas de la laisser compromettre.

Pour son Avatar, il a attendu que la technologie soit à même de rendre justice à l'histoire qu'il voulait raconter. Il est un réalisateur certes peu prolifique, mais son oeuvre est assurément celle d'un visionnaire qui a marqué son temps et l'histoire du cinéma.

source : ecran large.com

vendredi 11 décembre 2009

CHARLOTTE FOREVER

Charlotte naît à Londres en juillet 1971. Elle chante avec son père « Lemon Incest » et le vit comme une chance. Elle assume même, du haut de ses 13 ans, la provocation du grand Serge qui lui compose son premier album à cette époque, Charlotte for ever. Elle tournera dans le film éponyme en 1986.

Le septième art est pour elle un espace de liberté. Elle l'aborde d'abord par un petit rôle dans Paroles et musique d'Elie Chouraqui. Ses premiers rôles jouent sur sa nature, ses personnages se nomment d'ailleurs Charlotte. C'est avec l'Effrontée de Claude Miller que la jeune fille se fait l'interprète intense du malaise de l'adolescence. Cela lui vaut un César du meilleur espoir en 1985. La jeune fille encore timide continue d'impressionner dans La Petite voleuse, fondé sur un synopsis de François Truffaut. Il y a en elle une force sauvage, que voile sa réserve et sa voix qui murmure. Elle sait exprimer d'intenses blessures. Pourtant, même avec la reconnaissance précoce qu'elle récolte, elle ne s'est pas encore fixée sur le métier d'actrice.

C'est grâce au grand Bertrand Blier et à son foisonnant Merci la vie que la jeune femme a le déclic. Elle surprend une première fois et casse son image d'ado rebelle et marginale. On la découvre provocante, parfaitement à sa place dans l'univers irrévérencieux et surréaliste du cinéaste. Elle se dévoile, ironique et outrée à l'occasion, brisant véritablement sa coquille aux côtés d'Anouk Grinberg dans ce chef d'oeuvre brillant et expérimental. Elle a 18 ans sur le tournage et s'y affirme en tant que comédienne. C’est le dernier film que Serge verra de sa fille. Elle côtoie aussi Yvan Attal dans Aux yeux du monde d'Eric Rochant en 1990 et le retrouvera dans Amoureuse de Jacques Doillon.

Charlotte, pas encore débarrassée des clichés qui lui collent à la peau, va élargir ses horizons. Elle donne vie au romantisme sombre de Charlotte Brontë dans Jane Eyre dont elle campe l'héroïne sous la direction de Franco Zeffirelli.

Charlotte surprendra désormais assez régulièrement, privilégiera les univers singuliers, dans Grosse fatigue de Michel Blanc ou dans les méandres d'Anna Oz. Elle sera également dans une touchante histoire d'amour dans Felix et Lola de Patrice Leconte, s'imposera dans une comédie romantique de Marion Vernoux, Love, etc.

On salue l'originalité de son rôle dans La Bûche de Danièle Thompson qui lui vaut un autre César. Charlotte Gainsbourg y est célibataire et ironique, révèle sa fantaisie. Yvan Attal, lui offre un rôle à la hauteur de sa beauté, une véritable déclaration d'amour dans Ma Femme est une actrice en 2001. Elle y est rayonnante de charme, d'énergie et de légèreté, comme elle le sera dans son opus suivant trois ans plus tard, Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Ainsi révélée sous un nouveau jour, Charlotte s'en donnera à coeur joie en 2006 dans Prête moi ta main, dans un simulacre de mariage avec Alain Chabat. Elle prend un plaisir manifeste à débiter des horreurs pour que la famille envahissante du célibataire endurci perde toute envie de le voir casé.

Elle se joint ensuite à un autre univers atypique, celui de Michel Gondry, dans La Science des rêves où elle est la charmante voisine d'un rêveur chronique, Gael Garcia Bernal. Elle joue dans le plus conventionnel L'un reste, l'autre part de Claude Berri avant d'aborder l'univers inquiétant de Lemming de Dominik Moll.

Sa trajectoire se dessine maintenant, de plus en plus évidente. Elle se joint à des oeuvres d'une grande ambition artistique. Charlotte participe à l'évocation de l'émigration des Italiens démunis voulant gagner l'Amérique dans l'envoûtant Golden Door en 2007 (film poétique rappelant America, America de Kazan).

Quelque temps auparavant, elle a été la femme dévouée d'un Sean Penn cardiaque dans l'excellent 21 grammes d'Alejandro Inarritu où elle livre une prestation émouvante. Elle va conter une autre histoire d'amour tourmentée dans I'm not there de Todd Haynes, dans le volet inspiré de la vie privée de Bob Dylan, formant un duo solaire avec Heath Ledger.

Enfin il y a Antichrist, avec un autre couple brisé. Son personnage ressent une culpabilité dévorante après la mort de son fils. Cela va finir par l'engloutir. On a vu que Charlotte pouvait s'abandonner à des univers, aller très loin et à l'encontre de la réserve qu'on lui a longtemps prêtée

Ainsi, à sa manière discrète et élégante, Charlotte Gainsbourg s'est composé un univers, une trajectoire intransigeante et bien à elle. Elle porte fièrement son nom et ses origines glorieuses, en perpétue la légende. Devant la beauté de la dame, son intégrité et les inspirations multiples auxquelles elle se consacre avec intensité (y compris dans ses disques qui sont des petites perles), elle est de ces gens rares, sensibles et raffinés dont il est bon de partager l'univers. On admire fort l'artiste de n'avoir pas fait dans la facilité ou l'évidence. Alors, on fredonne toujours un admiratif « Charlotte for ever » en rêvant à son avenir.

mercredi 2 décembre 2009

CHRISTOPHE LAMBERT STORY


Christophe Lambert est un acteur vraiment à part, non seulement par la grâce d'une carrière atypique mais aussi car ce comédien a connu un phénomène inédit depuis, c'est-à-dire un engouement populaire incroyable en France et à l'étranger. En effet, Christopher Lambert est le plus international des acteurs français. Du grand film d'aventure (Greystoke) au polar français (Max et Jérémie) en passant par la série B hollywoodienne (Mean Guns), beaucoup le pensaient incapable de revenir vers des projets artistiques ambitieux (et de qualité, car son nom fut longtemps associé à des séries B à petits budgets) mais l'homme (au combien sympathique) est pleins de ressources. Après une prestation superbe dans le film de Sophie Marceau La Disparue de Deauville, on le dit encore très émouvant dans le premier film d'Alain Monne L'Homme de chevet et on attend de le revoir chez Claire Denis dans White Material. Alors, le grand retour de Lambert ?

Fils d'un diplomate français en poste aux Nations-Unies, Christophe Guy Denis Lambert nait le 29 mars 1957 à Great Neck (Long Island) dans l'état de New York, grandit en Suisse et décide d'apprendre le métier d'acteur au Conservatoire de Paris. Beau gosse charismatique (juste handicapé par un léger strabisme), il commence par des petits rôles dans des films français (Le bar du téléphone, Légitime Violence ou Une sale affaire), l'acteur a la chance de sa vie avec le rôle qu'il obtient dans le film de Hugh Hudson Greystoke. Dans cette grosse production britannique, l'acteur livre la plus crédible interprétation de Tarzan à ce jour sous la caméra d'un réalisateur oscarisé et le gros succès international est au rendez-vous. Avec son premier rôle comme tête d'affiche, il devient un phénomène dans le monde entier et c'est le début d'une carrière qui va se partager entre la France et Hollywood.

Une "Lambert mania" envahit la France, l'acteur est une véritable idole, le nouveau sex-symbol, les posters à son effigie s'arrachent et les succès au cinéma suivent. Avec son ami Richard Anconina et Catherine Deneuve, il joue dans le film d'Elie Chouraqui Paroles et musique, sympathique comédie romantique mais c'est surtout Subway de Luc Besson qui impose définitivement l'acteur. Dans le rôle de Fred, un paumé qui hante le métro parisien, le comédien livre une de ses meilleures performances, et il est récompensé par le César du meilleur acteur. Il s'exile une nouvelle fois à l'étranger pour les besoins d'un rôle mythique (que l'acteur va tenir à quatre reprises au cinéma et même une fois à la télévision dans la série dérivée du film) : l'immortel Connor MacLeod dans le film Highlander de Russell Mulcahy. Le personnage va l'imposer définitivement comme une grande vedette internationale (sauf aux Etats-Unis où le film est un échec). Film culte, d'un grand romantisme, avec une réalisation inspirée de Russell Mulcahy (dont la carrière ressemblera finalement assez à celle de Lambert, c'est-à-dire une lente descente vers les séries B à petits budgets), et l'acteur français définit ainsi le film : « avant d'être un film d'action, le premier Highlander est un film de sentiments, de romantisme. Il y a de l'action, une manière de filmer qui est très vidéo, mais il y a surtout la souffrance d'un mec qui ne peut pas aimer ». Le duo, très réussi ,de Lambert avec Sean Connery dans le rôle du mentor Ramirez ainsi qu'un bad guy mémorable (le Kurgan incarné par l'excellent Clancy Brown) sont les autres atouts du film. On peut, d'ailleurs, constater une chose, l'acteur accumule les rôles mythiques à l'étranger et des personnages « quotidiens » en France. Véritablement à l'apogée de sa carrière en France comme à l'international, rien ne semble pouvoir arrêter le phénomène Lambert et tout ce qu'il touche se transforme en or.

L'acteur, assez judicieusement, décide de varier les registres et s'insère dans l'univers de Marco Ferreri pour le très joli mais méconnu I Love You et même le réalisateur de Voyage au bout de l'enfer le choisit pour être son Salvatore Giuliano dans Le Sicilien. Tout pour faire un grand succès : un personnage légendaire, un livre de l'auteur du Parrain Mario Puzo et le rencontre de deux stars (Cimino et Lambert). Sauf que la mayonnaise ne prend pas vraiment, le film manque d'un souffle épique, d'une intensité dans cette histoire pourtant passionnante. Reste que le film possède beaucoup de qualités (une musique très belle de David Mansfield ou un certain lyrisme propre à Cimino dans certaines scènes) mais la composition de Lambert n'est pas des plus inspirée (l'acteur a refusé de retrouver Luc Besson pour Le Grand bleu). En effet, l'acteur ne s'entend pas très bien avec Cimino sur le tournage du film, leur conception du personnage n'étant pas la même (le côté arrogant de Giuliano voulu par Cimino, a fortement dérangé l'acteur français). Flop et premières critiques sur le jeu d'acteur de l'idole intouchable. L'acteur va tourner un autre film ambitieux Le Complot de Agnieszka Holland où il interprète le père Popieluzsko, un prêtre polonais assassiné par des communiste. Lambert est très bon dans ce film, sa prestation est saluée par la critique mais le public ne suit pas et l'oeuvre est un échec financier. Mais la "Lambert mania" continue et l'acteur se souvient : « C'est un truc que je regarde avec beaucoup de distance, cet engouement populaire, en restant exactement ce que je suis aujourd'hui. Je passais deux heures, trois heures à signer tous les autographes des gens qui me le demandaient, à faire des photos,... Je me souviens, je tournais Le Complot à l'époque, c'était en 1987, il y avait une queue devant ma caravane... ».

Le passage à vide se confirme dans sa carrière avec le bide énorme de ses deux films suivants (les déjà oubliés Love Dream de Charles Finch et Why Me ? comédie américaine de Gene Quintano avec Christopher Lloyd). Conscient qu'il a besoin d'un gros succès au box-office, l'acteur retrouve son rôle culte de Connor MacLeod pour une suite très attendue intitulée Highlander 2, le retour. Cette séquelle qui devait relancer la carrière de l'acteur va plutôt lui porter un coup fatal car le film est un vrai ratage, avec un scénario absurde qui consterne les fans du premier film (la faute au producteur William Panzer qui impose son script inepte) et à l'absence de tout ce qui faisait le charme du premier opus. Après une apparition dans la série télé dérivée des films de Russell Mulcahy, l'acteur retrouve un succès public avec un polar intéressant et plutôt bien ficelé Face à Face de Carl Shenckel avec sa femme de l'époque, la magnifique Diane Lane. Mais la France reste le pays qui lui propose encore les rôles les plus intéressants avec un film noir excellent Max et Jérémie de Claire Denis. Au côté de Philippe Noiret, l'acteur incarne un tueur candide inoubliable, drôle et émouvant et ce film est incontestablement un des meilleurs films de l'acteur. L'idole des années 80 va peu à peu voir son image se ternir dans les années 90 car l'acteur va s'enfermer dans la série B aux Etats-Unis. L'acteur tourne Fortress sous la direction de Stuart Gordon, sympathique film de science-fiction où un homme cherche à s'échapper d'une prison high-tech afin de retrouver sa femme. Le film cartonne un peu partout dans le monde (notamment en France) sauf aux Etats-Unis où le comédien n'arrive toujours pas à s'imposer. L'acteur joue dans un buddy-movie assez raté Deux doigts sur la gâchette de Deran Sarafian où il rencontre Mario Van Peebles, avec lequel il s'entend tellement bien qu'il pense à lui pour tenir le rôle du bad guy dans la deuxième séquelle d'Highlander.

Andy Morahan remplace Russell Mulcahy derrière la caméra et Lambert insiste pour que ce volet retrouve le charme du premier film, avec flashbacks vers le passé (notamment la Révolution française) malheureusement des morphings assez ratés, un final qui imite celui de Terminator 2 et un scénario inepte font de cette suite un ratage semblable à celui du second volet (mais le film marche cependant assez bien au box-office). Une chance de s'imposer véritablement comme action-star sur le marché américain arrive avec La Proie de J.F Lawton, produit par un gros studio américain Universal. Cible ratée, non seulement le film est un nanar mais aussi un bide monstrueux et cette histoire d'un homme d'affaires poursuivit au Japon par des ninjas ne fonctionne jamais. La Proie foire a peu près toute les scènes voulues spectaculaires, comme l'assaut des ninjas dans un train à grande vitesse où ils déciment une partie des passagers. L'acteur retrouve Deran Sarafian pour un film qui ne sortira même pas en salles en France, The Road killers avec Craig Sheffer. Bizarre cette décision des distributeurs car le film est loin d'être un des pires de l'acteur, c'est même un petit thriller assez convenable. Mais l'acteur va enfin connaitre le succès au Etats-Unis avec l'adaptation du jeu vidéo Mortal Kombat. Christophe Lambert s'amuse dans le rôle du Dieu Rayden et empoche un joli cachet pour un temps de présence réduit à l'écran, mais artistiquement, on est loin de l'époque Subway ou Highlander. Le film d'aventure Grand Nord de Nils Gaup possède un casting intéressant (James Caan, Catherine McCormack), une histoire simple mais touchante et, pourtant, le film n'est pas totalement abouti. Manque d'ampleur de la mise en scène, manque du souffle épique indispensable à ce genre de film, cette coproduction entre la Norvège, le France, la Grande-Bretagne, l'Italie et les USA ne relance pas vraiment la carrière de l'acteur français (pas très crédible en protecteur des indiens, badigeonné d'une espèce de fond de teint terreux pour faire métis). Lambert va connaitre le pire moment de sa carrière, allant tourner au Etats-Unis avec un des rois de la série B fauchée, Albert Pyun (mais capable aussi de livrer des films intéressants lorsqu'il s'en donne la peine).

Leur première collaboration, Adrenaline, traque d'un serial-killer dans un souterrain avec Natasha Henstridge, est un film assez raté, réalisé avec une poignée de dollars et même Christophe Lambert ne prend pas la peine de se doubler dans la version française (l'acteur est sans doute conscient du ratage de l'entreprise). Le deuxième film Mean Guns est, au contraire, très bon, une excellente série B, violente, avec un rythme soutenu et des gunfights très fun. Lambert y est très bon dans le rôle d'un tueur plus complexe qu'il n'y parait. L'acteur essaie de relancer sa carrière en revenant en France mais malheureusement les propositions ne sont pas vraiment intéressantes, que ce soit la comédie familiale Hercule et Sherlock avec son ami Richard Anconina et la comédie romantique Arlette de Claude Zidi avec Josiane Balasko (Lambert avait refusé le rôle du mari cocu dans Gazon maudit). Heureusement, Lambert s'exile en Italie pour Nirvana de Gabriele Salvatores (avec qui le comédien avait un projet alléchant d'adaptation de la BD de Hugo Pratt, Corto Maltese), un film de science-fiction admirable, philosophique, émouvant, pourvues d'idées ambitieuses. Un très bon film, avec un Lambert parfait dans le rôle mélancolique de Jimi, un concepteur de jeu vidéo qui broie du noir depuis le départ de sa femme Lisa. Lorsqu'il parle de ce film, l'acteur n'hésite pas : « Nirvana est le premier film dont je peux me montrer fier depuis très longtemps...Nirvana marque vraiment une étape dans ma carrière. Je ne pourrais plus m'engager dans des projets moyens, alimentaires, il fait partie, auprès de Greystoke, Subway, Highlander et Max et Jérémie des films qui comptent à mes yeux ».

Malheureusement, toutes ces bonnes intentions ne vont pas porter leurs fruits immédiatement, car Christophe Lambert apparait dans un nouveau nanar fauché avec Beowulf (adaptation d'un poème du 12ème siècle). Prévu au départ avec un budget de 25 millions de dollars, le film est finalement tourné avec 3,5 millions de dollars et le résultat final s'en fait sentir. Le quatrième volet des aventures de Connor MacLeod est également loin de la qualité artistique du premier volet, seul le duo Adrian Paul- Christophe Lambert (à la complicité évidente) mérite le coup d'œil. Lambert s'essaie à un polar à la Seven avec Résurrection de Russell Mulcahy (d'après une idée de l'acteur), polar très sympa mais plein de défauts (on devine le tueur très rapidement, le pompage du chef d'œuvre de David Fincher est un peu trop évident et certaines scènes sont à la limite du ridicule comme la mort de l'enfant du héros) qui ne sortira même pas en salles aux Etats-Unis. On parlait depuis des années d'une séquelle à Fortress se situant dans l'espace et finalement l'acteur décide de tourner cette suite avec le réalisateur Geoff Murphy. Mais encore une fois, cette suite est un nanar incroyable, le manque de moyen est criant et le scénario est absurde.

On passe rapidement sur Gideon, où l'acteur incarne un simple d'esprit au côté de Charlton Heston pour s'attarder sur la superproduction attendue Vercingétorix de Jacques Dorfmann. Lambert sait que ce genre de rôle mythique lui ont valu de grands succès par le passé mais du possible Braveheart français que le film pouvait devenir, on a un désastre total avec un scénario bardé de dialogues pompeux sans réelle signification mais surtout à une mise en scène catastrophique (les duels et batailles sont incompréhensibles). La carrière de Lambert parait bien partie pour ne pas s'en remettre car ils enchainent trois films insipides The Point Men de John Glen, The Piano Player de jean-Pierre Roux et Absolon de David Barto. L'ancienne super star internationale des années 80 parait au fond du trou, incapable de sortir de cette image d'acteur de série B baclée.

L'acteur se remet en question et revient en France pour retrouver un cinéma d'auteur qui lui offre son meilleur rôle depuis un moment dans Janis et John de Samuel Benchetrit. Il est parfait dans le rôle décalé d'un fan de rock sous acide, la critique encense pour la première fois sa performance depuis très longtemps et on commence à se dire que l'acteur a encore des ressources. Après un autre petit nanar (on ne se refait pas) Jour de colère de Adrian Rumodin, un film assez ennuyeux A ton image de Aruna Villiers et des participations à Southland tales de Richard Kelly ou au téléfilm Dalida, Christophe Lambert entame une deuxième partie de carrière (comme il le dit lui-même) avec Le lièvre de Vatanen de Jacques Rivière et surtout La Disparue de Deauville (où il est excellent) remettent sa carrière sur de bons rails. La preuve avec son retour chez Claire Denis (dans White Material) et une performance très convaincante dans L'homme de chevet d'Alain Monne.

Egalement producteur inspiré (on lui doit Neuf mois et les très bons N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois ou J'irai au Paradis car l'enfer est ici de Xavier Durringer), on souhaite vraiment une deuxième partie de carrière plus ambitieuse pour cet acteur si sympathique, où il prouvera à tous qu'il vaut mieux que les films très moyens qu'il a enchainé durant des années

source : Ecran large.com

vendredi 30 octobre 2009

BRUCE WILLIS


Bruce Willis est dans l'esprit de tous l'image même du héros d'action ultime, ce John McCLane légendaire, se sauvant de situations impossibles avec un sempiternel maillot de corps ensanglanté et une ironie à toute épreuve. L'acteur a d'abord connu la gloire à la télévision (dans la série Clair de Lune) avant de réussir son passage sur grand écran avec Piège de Cristal (Die hard en V.O). Pourtant, à côté de cet homme qui a sauvé le monde à plusieurs reprises (et qui affirmait récemment qu'il était temps que quelqu'un prenne la relève), il y a un acteur beaucoup plus nuancé, tel qu'on le découvre par exemple dans sa collaboration avec M. Night Shyamalan (dans le Sixième sens et Incassable), ou lorsqu'il incarne un boxeur en mauvaise posture dans Pulp Fiction.


Willis a dévoilé une facette plus sensible, tourmentée ou plus inattendue (dans l'Armée des douze singes, Une vie à deux ou Bandits). Il revient régulièrement aux rôles musclés qui ont fait sa popularité en leur apportant quelques nuances (Mission Evasion ou Les larmes du soleil). L'acteur revient à l'affiche de Clones (sortie le 28 octobre). Il inspire un attachement que l'on éprouve pour bien peu de comédiens. Quel que soit le film, il est toujours agréable de le retrouver, pour tout ce qu'il a pu représenter.

Il naît d'un père militaire dans une base américaine en Allemagne de l'ouest le 19 mars 1955. Regagnant un peu plus tard les Etats-Unis et plus précisément le New-Jersey, le jeune Bruce, alors surnommé Bruno, est un élève assez bon et populaire, se consacrant particulièrement aux cours d'art dramatique (activité qui le débarrasse de son bégaiement). Il est également sportif et un lutteur engagé. Le mauvais garçon est toutefois suspendu quelque mois pour avoir été mêlé à quelques larcins de fin d'année.

Après avoir passé ses diplômes, il fait quelques petits boulots, oeuvrant dans les usines, au contact des travailleurs. Il entretient déjà une grande passion pour la musique (à laquelle il revient régulièrement). Cependant, il veut avant tout devenir acteur s'inscrivant à l'université pour y parfaire son art. Mais sa hâte est trop grande, il sèche les cours pour passer des auditions à New York. Il continue d'y travailler comme barman pour se soutenir et apparaît dans des pièces off-Broadway dès 1977, accepte des tous petits rôles (comme dans le Verdict de Sidney Lumet). Il est une véritable révélation dans Fool for love, une pièce de Sam Shepard. On le voit alors dans diverses séries télévisées, notamment dans Deux flics à Miami, ainsi que dans quelques publicités.

Le destin va bientôt sourire au comédien, lorsqu'il s'envole pour la cité des anges, auditionnant pour Recherche Susan désespérément. S'il ne décroche pas le rôle, profitant d'être à L.A, il se propose d'en endosser un autre pour la série Clair de lune aux côtés de Cibyl Shepherd. Il devient le charmant et malicieux détective David Addison. A partir de 1985, il connaît un immense succès, s'imposant dans la peau de ce héros détendu, développant les liens de ce couple absolument irrésistible, à l'indéniable alchimie (malgré de grandes tensions sur le plateau). La série dure pourtant jusqu'en 1989 et auréole Willis de gloire et de célébrité. Jouissant de sa nouvelle réputation, il tourne pour Blake Edwards dans Boires et déboires, comédie énergique rappelant Woody Allen, où il donne la réplique à Kim Basinger en 1987.


L'apparition de Bruce sur grand écran est déjà fort honorable, elle deviendra légendaire lorsqu'il incarnera le héros pris dans un Piège de Cristal réalisé par John McTiernan en 1988. Il prête ses traits au coriace John McClane, flic dur à cuire, menant une vie de famille problématique et ayant le don de se mettre dans des situations impossibles (ici il doit sauver son épouse prise en otage par de dangereux terroristes menés par l'excellent Alan Rickman). Bruce Willis, s'étant fait connaître par la comédie, confère à ce personnage toute son ironie et une désinvolture dont il ne se dépare jamais même -et surtout- dans les situations délicates. Il met avant tout en lumière une dimension paradoxale du héros, dont on sent qu'il s'en tire toujours in-extremis et toujours sur le point d'échouer. Il n'a clairement pas l'aisance d'un James Bond et laisse quelques plumes dans la bataille (se prenant quelques balles, marchant sur du verre pieds nus...).

Il y a dans cette interprétation quelque chose d'exceptionnel et d'unique, comme un acteur qui trouve son ton et sa voix. On est devant un événement de la même importance que lorsque Humphrey Bogart compose le personnage de détective définitif dans Le Faucon Maltais ou le Grand Sommeil. On est tout simplement témoin d'un grand moment de l'histoire du cinéma. Tout sourit alors à Bruce Willis. Il veut cependant varier les plaisirs et étendre son registre. Il tourne alors pour Norman Jewison dans Un héros comme tant d'autres dans la peau d'un émouvant vétéran du Vietnam en 1990. Il fait surtout un retour fracassant dans la peau de McClane, sauvant (de justesse et avec fracas) un aéroport de la catastrophe dans 58 minutes pour vivre de Renny Harlin. Toujours seul contre tous, il combat jusqu'aux limites de ses forces, se heurtant aux usages de fonctionnaires dépassés et assez obtus, et surtout à des mauvais plaisants très organisés. McClane est une sorte d'accident, un incontrôlable anarchiste qui vient tout fracasser dans une lutte toujours très inégale contre des méchants surarmés. Il est aussi intègre qu'insoumis, aussi courageux qu'inconscient, une part irrespectueuse des années 90 et de leur merveilleux mauvais esprit qu'il symbolise à merveille.

Cependant tout n'est pas rose, Willis participe notamment à l'adaptation du roman de Tom Wolfe, Le bûcher des vanités de Brian de Palma demeure dans les mémoires comme un four retentissant. Peaufinant son image de héros d'action, l'acteur incarne le Dernier Samaritain de Tony Scott et retrouve son public en 1992. Devenu une star et une icône, il s'auto-parodie dans son propre rôle et une apparition en clin d'oeil à MacClane dans The Player de Robert Altman, sauvant Julia Roberts des flammes. Mais Bruce n'est pas homme à se reposer sur ses lauriers, il est mû depuis toujours par une grande ambition artistique. Il doit donc prendre des risques.


On le voit pris entre Meryl Streep et Goldie Hawn dans la fantaisie macabre de Robert Zemeckis, la Mort vous va si bien, ou dans un film de gangsters classique, Bill Bathgate, avec Dustin Hoffman. Son statut lui permet de côtoyer les plus grands et de s'imposer comme un acteur d'importance. A la même époque, le duo qu'il forme avec Demi Moore dans Pensées mortelles confirme l'ampleur des sentiments que Willis peut exprimer (ici à contre-emploi en mari violent). Cependant, avec Hudson Hawk, gentleman cambrioleur, dans lequel il s'est beaucoup investi (dans le script et la musique notamment), il a subi cependant un sérieux revers. On sent pendant un temps une stagnation de sa carrière, l'acteur tournant dans des films sur-mesure (Piège en eaux troubles ou Color of night), laissant apparaître une forme de redondance.

jeudi 1 octobre 2009

JACKIE CHAN


Les films que Jackie Chan a tourné avec Lo Wei constituent pour beaucoup le point noir de sa filmographie. Souvent mal perçus, ils ont donné lieu à toutes sortes de railleries chez les fans de la star (et du film d'arts martiaux) et n'ont jamais eu pratiquement droit à un avis objectif car ils ont a tendance à être jugés d'un seul bloc : La période Loi Wei. Si le réalisateur manque indéniablement de créativité, ce n'est pas le cas de sa jeune star fougueuse. Tant bien que mal, Jackie Chan tentera de faire son possible pour dynamiser des films qui ne sont, pour la plupart, que des recyclages des succès du moment. En résultent des films parfois mineurs parfois divertissants, certains étant même des petites réussites totalement à mettre au crédit de la star.

Avec ce dossier, nous allons nous intéresser à cette période de l'acteur, trop souvent tombée dans l'oubli et qui fut sujet à de fausses informations (Non, Jackie Chan n'a pas joué que des vengeurs crispés dans les productions Lo Wei). Nous allons aborder ces productions sous trois angles : les films eux-mêmes, les scènes d'action qui seront pour l'acteur un incroyable champ d'expérimentation et l'apport de ces productions à la star pour sa carrière future.

Petite précision avant de commencer : pour ce dossier, nous mettrons volontairement de côté La hyène intrépide (Fearless Hyena), première réalisation de Jackie Chan mise en place après ses deux succès avec Yuen Woo Ping : Le Chinois se déchaîne (Snake in the Eagle's Shadow) et Le maître Chinois (Drunken Master). Il est évident que ce film s'impose comme le meilleur (de loin) de Jackie Chan sous sa période Lo Wei. Mais il n'a pas été fait dans les mêmes conditions que les autres métrages, l'acteur ayant le contrôle quasi-total de l'œuvre. De ce fait, il tiendra une place mineure dans ce dossier car nous préférons nous intéresser aux autres films où l'acteur devait s'accorder tant bien que mal avec Lo Wei.

Réalisateur à succès au tout début des années 70, Lo Wei n'arrive plus par la suite à se renouveler et à faire face aux demandes du cinéma hongkongais alors en pleine mutation. A partir de 1974, l'ancien « millionnaire director » (son surnom prestigieux durant son heure de gloire) ne fait plus qu'enchaîner les bides au box-office et pour reprendre un terme branché, devient rapidement un « Has Been » plus du tout dans le coup. Son association avec la Golden Harvest rompue, il part pour l'île de Taiwan, refuge de ceux qui n'ont plus de succès à Hong Kong et incroyable royaume de la copie des triomphes du moment. Il y fonde le petit studio de production Lo Wei Motion Picture.


Après avoir cherché un premier rôle pour ses films, il jette son dévolue sur Jackie Chan d'après les conseils de Willie Chan, chef de la publicité de la Lo Wei Motion Picture. Willie Chan aura offert beaucoup de support moral à Jackie Chan durant ces années difficiles et l'aura sûrement aidé à sortir des griffes de Lo Wei lors du litige entre les deux hommes. Jackie Chan n'est pas un inconnu dans le milieu cinématographique et en particulier pour Lo Wei car il a déjà été un cascadeur, figurant et parfois acteur dans ses films. Entre autres, c'est lui qui doublait le méchant de La fureur de vaincre (Fist of Fury) lors de sa chute finale occasionnée par Bruce Lee. Lo Wei est sûr de tenir une nouvelle star du film d'arts martiaux. D'ailleurs le réalisateur rebaptise Jackie Chan en le nommant Sing Lung (« Devenir le Dragon »), et lui fait subir une opération pour lui agrandir les yeux afin de lui donné un look de vedette plus présentable.

Les deux hommes signent un contrat en 1976 et sortent un premier film : La nouvelle fureur de vaincre (New fist of Fury). Voulant donner une suite à son film, Lo Wei ne choisit pas la facilité pour la première production de son studio. Succéder à Bruce Lee étant impossible. Il place son intrigue à Taiwan (normal) et raconte la fuite de Nora Miao et quelques autres disciples de l'institut Jing Wu chez des amis, propriétaires d'un institut martial qui va être aussi l'objet des convoitises Japonaises. Pour faire face à l'ennemi, ils seront aidés par un jeune vagabond (Jackie Chan). Guère original, le film ne cesse d'accumuler les défauts : rythme lent, réalisation mollassonne, décors pauvres, interprétation aléatoire.

Pour sa première tête d'affiche chez Lo Wei, Jackie Chan se montre quasi inexistant. Le constat est sans appel dans la scène où il avance vers Nora Miao et que celle-ci repense à son amoureux, Bruce Lee, revoyant son image dans sa tête. Le passage du portrait de Bruce Lee à celui de Jackie Chan est défavorable au jeune acteur. Il passe une grosse partie du film en ne sachant pas se battre ou en étant blessé. Etant tout jeune acteur, Lo Wei n'a sûrement pas voulu tout miser sur Jackie Chan pour son premier film en tant que vedette et de ce fait, l'intrigue se concentre bien souvent sur Nora Miao et Han Ying Chieh, tous deux bien fatigués semblent-il vu l'inconsistance de leurs jeux. Quant au traitement infligé aux Japonais, c'est du vu et revu cent fois et le bad guy du film interprété par Chan Sing se montre plus caricatural que terrifiant. La nouvelle fureur de vaincre est certainement le plus mauvais film de Jackie Chan (avec Magnificent Bodyguards et Killer Meteors) lors de son association avec Lo Wei. Échec au box-office, qui sera le premier d'une longue série, il n'empêchera pourtant pas la mise en chantier d'autres films avec Jackie Chan en vedette.

Le Kung Fu Pian ne semblant pas convenir pour sa jeune star, Lo Wei décide de le faire jouer dans une série de Wu Xia Pian. Les deux premiers en tant que vedette et le troisième comme méchant. Pour ces films, ils s'inspirent des romans de Gu Long, romancier célèbre dont les luxueuses adaptions par le réalisateur vedette Chu Yuan pour la Shaw Brothers font fureur à l'époque. Mais là où le spécialiste du Wu Xia onirique réussira à piocher des parties des romans de l'écrivain et les retranscrire à l'écran avec talent et cohérence, Lo Wei lui ne retrouvera jamais le charme et la grâce des écrits de Gu Long. L'univers qu'il dépeint n'est pas crédible, d'autant plus que les lieux naturels de l'île nationaliste sont moins efficaces que les décors du studio Shaw pour conter les histoires de Gu Long. Pire encore, Jackie Chan se montre encore moins à l'aise en héros de Wu Xia que de Kung Fu Pian. Totalement figé, l'acteur n'est absolument pas convaincant.

Dans Magnificent Bodyguards, il joue une sorte de garde du corps (comme son titre l'indique) qui doit escorter, avec d'autres hommes, un homme malade dans une région à risques. Film complètement raté qui pille même la musique de Star Wars, Magnificent Bodyguards ne connaîtra jamais une sortie en France.

Le vengeur (To kill with Intrigue), bien que lui aussi en partie raté, se montre plus divertissant. Après que sa famille fut massacrée par une femme (Hsu Feng) et son clan, Jackie Chan se rend compte que cet acte fut réalisé grâce à la complicité de son meilleur ami qui lui a également volé sa promise pour l'épouser. Toujours aussi peu à sa place dans son rôle de chevalier mélancolique, l'acteur à pour partenaire la glaciale mais intensément charismatique Hsu Feng, l'égérie du cinéaste King Hu. Habituée aux Wu Xia, la comédienne domine le reste du casting dans un rôle de femme manipulatrice et marquée à jamais par la gente masculine. Un personnage intéressant, qui si il n'est pas assez traité comme il se doit, demeure la principale attraction de l'histoire. Le vengeur se veut tragique et noir. Plombée par des acteurs trop caricaturaux, cette production se montre souvent risible et n'est encore une fois qu'un film mineur.


Une des constantes des productions Lo Wei est d'y voir des stars sur le déclin : Hsu Feng, Chan Sing, Kam Kong…. Pour son prochain projet, Lo Wei refait équipe avec l'acteur Jimmy Wang Yu, lui aussi condamné à errer à Taiwan en quête d'une gloire passée. On se souvient de la collaboration entre les deux hommes à la Golden Harvest : Un homme nommé tigre (A Man called Tiger), Le bras vengeur de Wang Yu (Seaman no. 7) et Le dragon tatoué (The Tattooed Dragon). Trois sympathiques films de kung fu où les deux hommes montraient encore un certain talent, un amour infini pour la série B. Rien de tout ça dans Killer Meteors, Wu Xia encore une fois bancal. Une crapule (Jackie Chan) engage un homme connu sous le nom de « killer Meteors » (Wang Yu) pour tuer sa femme. Bien entendu, tout cela n'est qu'un traquenard. Qu'il incarne le héros ou le méchant, Jackie Chan n'est décidément pas dans son élément dans un Wu Xia. Jimmy Wang Yu s'en tire mieux, l'acteur ayant une grande expérience dans le domaine (voir sa période à la Shaw Brothers). Mais l'homme ne peut pas tirer par le haut une production fauchée avec des acteurs mauvais à lui tout seul. Comme Magnificent Bodyguards, Killer Meteors n'a jamais eu droit à une sortie Française.

Après ces trois échecs, Lo Wei va se désintéresser peu à peu de son jeune poulain en ne réalisant pas lui-même ses trois productions suivantes. Ce choix va dessiner peu à peu le futur de la star. En effet, le réalisateur cède sa caméra à Chan Chi Hwa, assistant totalement différent de Lo Wei. Il sera véritablement le premier à comprendre que Jackie Chan ne peut s'exprimer véritablement que si il joue dans des films adaptés à son style.

source : http://www.hkcinemagic.com

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