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vendredi 13 mai 2016

ILS SONT PARTOUT le nouveau film d'YVAN ATTAL


Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces  
C'est le producteur Thomas Langmann qui a proposé à Yvan Attal de faire un film avec lui ; ce dernier a alors sauté sur l'occasion pour lui parler de Ils sont partout, un film "un peu particulier" selon le cinéaste. Le sujet n'a pas fait peur à Langmann, donnant carte blanche au metteur en scène. Attal s'est ensuite attelé à écrire le scénario avec Emilie Frèche, déjà responsable du scénario de 24 jours d'Alexandre Arcady, le film retraçant l'affaire Ilan Halimi : "Emilie Frèche s’est imposée. Elle avait déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On a écrit ce scénario et puis tout d’un coup est arrivé la tragédie de Charlie Hebdo et l’hyper cacher. Le scénario était déjà dans les chaînes en lecture. Le jour où je suis arrivé chez France 2 pour défendre le projet, il y avait dans le bureau une télé avec la prise d’otages en direct de l’hyper cacher... Mais mon film n’est pas du tout un film d’actualité mais un film de société. Il parle du malaise que je ressens en tant que juif, dans mon pays, la France", confie le réalisateur
.  
Ils sont partout est ce qu'on appelle un film à sketches. L'intrigue est reliée par un fil rouge, celui du personnage d'Yvan confiant ses angoisses à son psy, notamment son obsession, celle de se sentir persécuté en tant que juif : "Les sketches sont là pour démonter de façon comique ces clichés antisémites mais je cherchais aussi un moyen de replacer le film dans un contexte social justement, plus réaliste de la France d’aujourd’hui et de raconter le rapport forcément passionnel que les juifs entretiennent avec l’antisémitisme. (...) Le choix des sketches s’est imposé, car d’un point de vue dramaturgique, il n’était pas possible, dans une même histoire, d’aborder tous les préjugés sur lesquels se fonde l’antisémitisme. A la fois trop nombreux et trop disparates, ils méritaient chacun d’être illustré – et démonté – dans une histoire propre", explique Yvan Attal.  
Pour Yvan Attal, il est très important de parler de la montée de l'antisémitisme et ne pas laisser ce sujet devenir tabou dans la société. En parler est une solution pour commencer à l'enrayer : "La haine anti-juive a ces dernières années violemment refait surface en France comme dans d’autres pays d’Europe, plus personne ne peut le nier. On tue aujourd’hui en France des gens parce qu’ils sont juifs ! On préfère être dans le déni ? Ne pas vouloir en parler est presque pire... (...) « Mal nommer les choses, disait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. » Eh bien, je crois comme Camus. Je crois qu’il faut continuer à dire les choses, à les répéter inlassablement, surtout en ces temps où on veut moins les entendre – voilà pourquoi ce projet me tient tant à coeur, pourquoi il devenait nécessaire pour moi de faire ce film. Je n’ai pas l’espoir de faire changer l’avis des antisémites – mais je me dis en revanche que si je pouvais faire réfléchir les nouvelles générations ça serait déjà énorme".  
Pour interpréter les différents personnages de son film, Yvan Attal a fait appel à de nombreuses stars comme Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Grégory Gadebois, Denis Podalydès, Gilles Lellouche et François Damiens : "Je les remercie, pour leur participation, leur engagement et leur créativité. J’ai été frustré de ne tourner que quelques jours avec chacun d’entre eux. Mais la tristesse d’en voir partir un était apaisée par l’arrivée d’un nouveau ! C’est l’avantage d’un film à sketches, on peut d’un coup, sur un seul film rencontrer et travailler avec tous les acteurs qu’on aime. Il y en a quelques autres évidemment, comme il y avait d’autres clichés à traiter", confie le cinéaste.


http://www.allocine.fr/film/fichefilm-235734/secrets-tournage/

mercredi 27 août 2014

SAMBA s'affiche

Trois ans après le succès d' intouchable qui a propulsé Omar Sy au statut de nouvelle star du cinéma, les cinéastes Olivier Nakache et Eric Toledano reviennent avec « Samba », en salle le 15 octobre prochain

Sur Europe 1,  Olivier Nakache raconte : « Le burn-out est une nouvelle notion qui est entrée dans notre langage. (…) On n'a rien inventé. Il y a des cliniques qui ne s'occupent que de ces gens en souffrance. Ils écoutent de la musique, ils peignent à la gouache, ils caressent des chevaux… Simplement, en se renseignant, en rencontrant des gens qui ont subi ça, on s'est dit : à la fois il y a de la comédie (…) et à la fois il y a quelque chose de vrai dont on veut parler ». Avec son acolyte Eric Toledano, le réalisateur a également dirigé Tahar Rahim et Izia Higelin
.  

vendredi 23 mai 2014

CHARLOTTE GAINSBOURG dans le nouveau film D'ASIA ARGENTO




L'Incomprise, c'est l'histoire d'Aria, une petite fille de 9 ans qui doit faire face à la séparation très violente de ses parents. Au milieu de leurs disputes, mise à l’écart par ses demi-sœurs, elle ne se sent pas aimée... Dans ce 3e long métrage d'Asia ArgentoCharlotte Gainsbourg incarne une mère au caractère très fort.

L'Incomprise se présente comme une chronique douce-amère, avec des instants féroces, émouvants ou parfois très drôles. Outre le casting d'enfants, tous épatants de naturels, on retrouve Charlotte Gainsbourg, pour la première fois dans un rôle en italien. Une expérience à part qu'elle a accepté grâce à la confiance accordée par Asia Argento, la réalisatrice...

On vous avait déjà vu vous lâcher pour certains rôles, mais là, ça semble encore quelque chose de nouveau pour vous !
C’est nouveau, oui ! Je ne me faisais pas confiance pour jouer le rôle. Je n’avais pas l’impression d’avoir les épaules et d’avoir cette autorité que je lisais. J’avais l’impression qu'Asia pouvait le jouer, très facilement. J'avais l'impression qu'elle avait cette maturité, cette assurance, donc c’était à fabriquer et je n’étais pas sûre d’y arriver. Et puis l’italien m’angoissait beaucoup parce que je ne le parle pas. Je le comprends maintenant. J’avais l’impression que le rôle ne marchait que si on avait une vraie aisance avec la langue.
C’est très drôle d’entendre parler italien quand on a toutes ces références d’acteurs qui tchatchent, qui hurlent et je ne me voyais pas du tout le faire. Mais elle me faisait tellement confiance, tellement persuadée que j’allais y arriver que je me suis laissée convaincre. J’étais très heureuse. J’adorais le rôle et le scénario. On a fini par y arriver parce qu’il fallait en plus tout condenser sur 6 jours. C’était assez compliqué.
Mais en voyant le film, je vois trop de choses que je n’ai pas réussi ! La langue par exemple. Après ce sont des critiques que  je me fais. Peut être qu’il ne faut pas en parler mais ça ne me gêne pas plus que ça… Je dois progresser ! Il faut toujours progresser, c’est bien !
Donc le travail de direction d’actrice d’Asia a consisté à vous mettre en confiance…
Oui de me dire qu’elle me voyait. Elle avait un tel amour pour ce rôle, alors que ce personnage est tellement antipathique. Elle la sublimait dans son regard. Je pouvais presque croire que j’étais quelqu’un de bien !
Et puis, c’était quand même drôle, d’être grimée à ce point, d’avoir ces costumes hyper excentriques, parfois de super mauvais goût, cette perruque... Tout était fait à l’italienne, je ne peux pas le dire autrement ! Et donc de jouer le jeu, c’était très jouissif ! D’avoir été prise dans ce tourbillon pendant 6 jours, je n’avais pas le temps d’avoir du recul. Il fallait se jeter à l’eau et c’est bien que ça se soit fait comme ça !
Asia avait un vrai désir de tourner avec vous. En interview, elle explique qu'elle vous a remarqué dès "L'Effrontée"… Vous avez par la suite tourné ensemble dans "Do not disturb". L'idée de cette collaboration a-t-elle eu lieu à ce moment ?
Non. Au moment de Do not disturb, j’ai eu l’impression d’avoir une révélation en la voyant parce que j’ai adoré jouer avec elle, j’ai adoré être amoureuse d’elle. Tout ça m’amusait vraiment énormément, surtout sous le regard d’Yvan Attal (rires). C’était une super expérience !
Après, je n’attendais qu’une chose, c’était de pouvoir la retrouver. Alors quand elle m’a appelé, c’était une surprise totale. Elle m’a appelé par le biais d’Yvan. J’ai lu son scénario, sans qu’on se soit parlés, et je l’ai appelée immédiatement, en lui disant que j’adorais mais que je ne savais pas si j’en étais capable.
En quoi ce tournage a-t-il été spécial pour vous ?
D’être aimée à ce point. C’est rare de se sentir autant aimée, c’est aussi simple que ça. Je n’ai pas ça avec d’autres metteurs en scène. Elle n’a pas de pudeur à l’exprimer. Parce qu’elle sait aussi qu’on est très vulnérables en tant qu’acteurs. Elle comprend les mécanismes, elle est actrice aussi. Donc oui, ça c’était surprenant et très agréable. Elle a une telle énergie que c’est un vrai moteur sur le plateau. Elle générait un enthousiasme. On était tous à l’écoute, on était tous très amoureux d’elle aussi.
Dans son rapport avec Giulia Salerno, elle était également très protectrice, et en même temps, en lui demandant un vrai boulot. C’était dur pour Giulia, elle avait des journées très intenses, mais on sentait qu’elle avait un plaisir à jouer, un plaisir à être là, qu’elle admirait Asia. On sentait le plaisir et la chance d’être là.
J’ai trouvé ça très touchant d’être témoin des émotions de Giulia. Elle était tellement volontaire, tellement dans un soucis de perfection, mais sans se prendre au sérieux du tout, avec en plus toute l’innocence d’un enfant. Elle était hallucinante à regarder. Elle était très bouleversante. Et aussi le fait qu’Asia joue avec sa propre fille, Anna Lou Castoldi joue la sœur, celle du milieu. Et de voir un rapport entre Asia et sa propre fille. C’était à part comme expérience.
Un mot sur un film très attendu que vous avez tourné dernièrement, "Samba" de Toledano et Nakache. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

J’étais très en attente d’un film comme ça, d’une comédie, qu’ils puissent me faire confiance sur ce genre de films, avec Omar Sy. Tout ça était très excitant ! Après, ça a été un tournage vraiment été scindé pour moi, puisque j’ai eu l’expérience avant la mort de ma sœur, et après. Après, c’était un cauchemar. Avant, c’était très joyeux, très léger. Je passais du poids de Lars Von Trier (ndlr : Nymphomaniac est sorti cette année) à ça qui était à l’opposé. C’est pas mal de faire des comédies, ça fait du bien !

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18634250.html


vendredi 26 juillet 2013

BERNADETTE LAFONT 1938-2013

«Tant que je le pourrais, je continuerai à travailler. Mon moteur, c’est le plaisir de jouer la comédie. Je ne m’en suis jamais lassée».
Bernadette Lafont est morte ce jeudi matin à l’âge de 74 ans au CHU de Nîmes (Gard). Elle laisse une immense filmographie ponctuée par des succès comme «La fiancée du pirate»  «L’effrontée» et Paulette, son dernier film.
 
 À la fin des années 50, elle était l'égérie de la nouvelle vague tournant notamment "Le beau serge" de Claude Chabrol, puis "La fiancée du pirate" de Nelly Kaplan, "Une belle fille comme moi" de François Truffaut ou encore "La maman et la putain" de Jean Eustache.


de "La Gueule de l'autre" de Pierre Tchernia avec Michel Serrault et Jean Poiret en 1979 à "L'Effrontée", de Claude Miller, avec Charlotte Gainsbourg en 1985, rôle pour lequel elle a obtenu le César du Meilleur Second Rôle féminin.


Couronnée également d'un César d'honneur en 2003 pour l'ensemble de sa carrière, qui compte plus d'une centaine de films, elle avait  rejoint plus récemment Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg pour "Prête-moi ta main" en 2006 ou "La première étoile" en 2009 de Lucien Jean-Baptiste.
En 2009, elle est faite Officier de la Légion d'honneur, à l'occasion de la promotion du 14 juillet. Parallèlement au cinéma, Bernadette Lafont montait régulièrement sur les planches comme avec "La Tour de la Défense" du dramaturge argentin Copi en 1981 ou en 2002, ou en 2006 pour "Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier et faisait de régulières apparitions dans des téléfilms comme "Le juge est une femme" ou encore "Les Enquêtes d'Eloïse Rome". En 2013, elle avait été à l'affiche de "Paulette", un film au joli succès en salles et réalisé par Jerome Enrico. Elle incarnait une grand-mère veuve, aigrie et raciste qui se réconcilie peu à peu avec la vie en devenant dealeuse de haschich. Sorti en janvier, il avait accueilli près d'un million de spectateurs.
 

Elle n’en avait pourtant pas fini avec le cinéma, encore prête à incarner la grand-mère du «Petit Nicolas» dans la suite des aventures de ce gamin tournée en ce moment à Noirmoutier, «Les vacances du Petit Nicolas». Avant de se rendre dans cette île, la comédienne avait décidé de se reposer un peu dans sa maison familiale de Saint-André de Valborgne, petite village des Cévennes gardoises, près du Mont Aigoual. C’est là qu’elle aurait victime d’un premier malaise cardiaque, début juillet. Peu après, elle aurait été contrainte de séjourner au centre hélio-marin du Grau-du Roi.

http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/mort-de-bernadette-lafont-la-fiancee-du-cinema-25-07-2013-3007393.php

jeudi 5 avril 2012

LES HOMMAGES A CLAUDE MILLER


Le réalisateur français, malade depuis plusieurs mois, s'est éteint mercredi soir. Il avait 70 ans. Le cinéaste, élève de la nouvelle vague, avait révélé plusieurs talents comme Charlotte Gainsbourg, à qui il avait donné son premier rôle dans l'Effrontée en 1985.

Claude Miller avait obtenu le Prix du jury au Festival de Cannes pour La classe de neige en 1998.




Le président de l'Académie des César a, lui, salué le travail de Claude Miller sur BFM TV. Alain Terzian a déclaré que le cinéaste était un «immense réalisateur qui a marqué 30 ans du cinéma français».

La société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP), dont il fut le président de 1997 à 1999, a envoyé un communiqué quelques heures après l'annonce de la mort de Claude Miller. «Claude Miller laissera le souvenir d'un cinéaste de talent, cinéphile et curieux» et il a signé «une filmographie à la fois populaire et exigeante, révélant un vrai regard d'auteur», a-t-elle écrit.






Guy Marchand, César du meilleur acteur dans un second rôle en 1981 dans son film Garde à vue, s'est ému auprès de L'Express: «Il était jeune. Tout le monde se barre... C'est un homme qui aime bien les artistes, qui aime bien l'humanité, le genre de mec avec qui on aime travailler, et même boire un verre. Il était bon directeur d'acteur. Un bon directeur d'acteur, c'est quand on a l'impression qu'on fait ce qu'on veut, et en définitive, on fait ce qu'ils veulent!»




Il a ajouté: «Claude Miller, quel homme généreux! Quelle façon de diriger... Il y a des metteurs en scène avec des porte-voix comme dans les années 30, mais lui avait plus d'autorité que ceux-là...»



Gilles Lellouche, qui a joué dans le dernier film de Claude Miller, Thérèse Desqueyroux, dont la sortie est prévue à l'automne, a livré un témoignage touchant à Premiere: «Je viens d'apprendre la nouvelle... J'ai beaucoup de peine, mais je garde des souvenirs forts de Claude. Sur Thérèse Desqueyroux je me souviens surtout de sa passion et de son courage. Il était malade sur le plateau, mais il ne voulait pas lâcher la barre; c'était impressionnant de le voir combattre la maladie: il prenait son traitement mais refusait de se laisser abattre, refusait d'abandonner son film et ses acteurs... Ça montre bien quel homme il était. Et son cinéma était pareil: très contemporain et très sensible. Pour notre génération, ses films ont vraiment compté: La Meilleure façon de marcher, Garde à vue, L'Effrontée... C'était des films importants, des films que j'aimais parce qu'ils avaient les qualités de Claude finalement: son honnêteté, son intransigeance et surtout son profond amour du cinéma.»

Sur les ondes de la radio RTL, Michel Blanc a expliqué que Claude Miller lui avait «confié le premier vrai beau rôle» de sa carrière. «Ce n'était pas un rôle très long mais c'était un rôle très intense dans lequel il y avait beaucoup de chose à faire, qui m'a fait très peur, qui est un souvenir extrêmement fort, extrêmement présent. C'est vraiment quelqu'un qui a compté beaucoup pour le démarrage de ma carrière», a déclaré l'acteur, qui a remporté son premier César lors de la dernière cérémonie au mois de février. Pour lui, Claude Miller était «quelqu'un de très doux, beaucoup à l'écoute des acteurs. Il était extrêmement attentif, extrêmement prêt des acteurs et en même temps en faisant confiance».

Anaëlle Grondin






CLAUDE MILLER
1942-2012

Né le 20 février 1942, ancien élève de l'Idhec, la grande école de cinéma dont il est sorti major, Claude Miller a débuté comme assistant sur "Trois chambres à Manhattan" (Carné, 1965) ou "Week end" (Jean-Luc Godard, 1967) avant de devenir le directeur de production de François Truffaut. Il a d'ailleurs assumé tous les postes sur un tournage avant de passer lui-même à la réalisation de ses premiers longs métrages qui le révèlent aussitôt au public, "La meilleure façon de marcher" en 1976, puis "Dites-lui que je l'aime" en 1977.

Son premier grand succès vient quatre ans plus tard avec "Garde à vue" (1981), dans lequel il met face à face Lino Ventura et Michel Serrault, avec Romy Schneider en arbitre. Il renoue avec le polar sombre dans "Mortelle randonnée" (1983) avec Isabelle Adjani en tueuse et Michel Serrault qui la traque, à la fois flic et ange gardien, pensant avoir reconnu sa fille. Avec "L'effrontée" en 1985, il révèle la toute jeune Charlotte Gainsbourg qu'il retrouve dans "La petite voleuse" en 1988. Prix du Jury à Cannes en 1988 pour "La classe de neige", adapté d'Emmanuel Carrère, il revient sur la Croisette comme membre du jury en 2002.

Le réalisateur s'inspirait souvent de la littérature pour trouver le sujet de ses films, comme "La petite Lili", librement adapté de "La Mouette" de Tchekhov, ou plus récemment, en 2007, du roman autobiographique de Philippe Grimbert, "Un secret", lourd de non-dits et de dissimulations familiales avec Cécile de France et Patrick Bruel. En présentant ce dernier, il expliquait avoir "toujours peur non pas d'imiter la vie mais d'imiter le cinéma".

Ses films étaient toujours à l'affût des sentiments intimes, complexes et ambivalents de ses personnages et des situations. L'an dernier,"Voyez comme ils dansent" avec Marina Hands, tourné dans la grande plaine enneigée du Canada, n'avait pas reçu l'accueil qu'il escomptait. Déjà gravement malade, il venait de terminer l'adaptation (encore) de "Thérèse Desqueyroux" d'après François Mauriac, avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche. Le film est actuellement en post-production pour une sortie prévue à l'automne.





vendredi 11 décembre 2009

CHARLOTTE FOREVER

Charlotte naît à Londres en juillet 1971. Elle chante avec son père « Lemon Incest » et le vit comme une chance. Elle assume même, du haut de ses 13 ans, la provocation du grand Serge qui lui compose son premier album à cette époque, Charlotte for ever. Elle tournera dans le film éponyme en 1986.

Le septième art est pour elle un espace de liberté. Elle l'aborde d'abord par un petit rôle dans Paroles et musique d'Elie Chouraqui. Ses premiers rôles jouent sur sa nature, ses personnages se nomment d'ailleurs Charlotte. C'est avec l'Effrontée de Claude Miller que la jeune fille se fait l'interprète intense du malaise de l'adolescence. Cela lui vaut un César du meilleur espoir en 1985. La jeune fille encore timide continue d'impressionner dans La Petite voleuse, fondé sur un synopsis de François Truffaut. Il y a en elle une force sauvage, que voile sa réserve et sa voix qui murmure. Elle sait exprimer d'intenses blessures. Pourtant, même avec la reconnaissance précoce qu'elle récolte, elle ne s'est pas encore fixée sur le métier d'actrice.

C'est grâce au grand Bertrand Blier et à son foisonnant Merci la vie que la jeune femme a le déclic. Elle surprend une première fois et casse son image d'ado rebelle et marginale. On la découvre provocante, parfaitement à sa place dans l'univers irrévérencieux et surréaliste du cinéaste. Elle se dévoile, ironique et outrée à l'occasion, brisant véritablement sa coquille aux côtés d'Anouk Grinberg dans ce chef d'oeuvre brillant et expérimental. Elle a 18 ans sur le tournage et s'y affirme en tant que comédienne. C’est le dernier film que Serge verra de sa fille. Elle côtoie aussi Yvan Attal dans Aux yeux du monde d'Eric Rochant en 1990 et le retrouvera dans Amoureuse de Jacques Doillon.

Charlotte, pas encore débarrassée des clichés qui lui collent à la peau, va élargir ses horizons. Elle donne vie au romantisme sombre de Charlotte Brontë dans Jane Eyre dont elle campe l'héroïne sous la direction de Franco Zeffirelli.

Charlotte surprendra désormais assez régulièrement, privilégiera les univers singuliers, dans Grosse fatigue de Michel Blanc ou dans les méandres d'Anna Oz. Elle sera également dans une touchante histoire d'amour dans Felix et Lola de Patrice Leconte, s'imposera dans une comédie romantique de Marion Vernoux, Love, etc.

On salue l'originalité de son rôle dans La Bûche de Danièle Thompson qui lui vaut un autre César. Charlotte Gainsbourg y est célibataire et ironique, révèle sa fantaisie. Yvan Attal, lui offre un rôle à la hauteur de sa beauté, une véritable déclaration d'amour dans Ma Femme est une actrice en 2001. Elle y est rayonnante de charme, d'énergie et de légèreté, comme elle le sera dans son opus suivant trois ans plus tard, Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Ainsi révélée sous un nouveau jour, Charlotte s'en donnera à coeur joie en 2006 dans Prête moi ta main, dans un simulacre de mariage avec Alain Chabat. Elle prend un plaisir manifeste à débiter des horreurs pour que la famille envahissante du célibataire endurci perde toute envie de le voir casé.

Elle se joint ensuite à un autre univers atypique, celui de Michel Gondry, dans La Science des rêves où elle est la charmante voisine d'un rêveur chronique, Gael Garcia Bernal. Elle joue dans le plus conventionnel L'un reste, l'autre part de Claude Berri avant d'aborder l'univers inquiétant de Lemming de Dominik Moll.

Sa trajectoire se dessine maintenant, de plus en plus évidente. Elle se joint à des oeuvres d'une grande ambition artistique. Charlotte participe à l'évocation de l'émigration des Italiens démunis voulant gagner l'Amérique dans l'envoûtant Golden Door en 2007 (film poétique rappelant America, America de Kazan).

Quelque temps auparavant, elle a été la femme dévouée d'un Sean Penn cardiaque dans l'excellent 21 grammes d'Alejandro Inarritu où elle livre une prestation émouvante. Elle va conter une autre histoire d'amour tourmentée dans I'm not there de Todd Haynes, dans le volet inspiré de la vie privée de Bob Dylan, formant un duo solaire avec Heath Ledger.

Enfin il y a Antichrist, avec un autre couple brisé. Son personnage ressent une culpabilité dévorante après la mort de son fils. Cela va finir par l'engloutir. On a vu que Charlotte pouvait s'abandonner à des univers, aller très loin et à l'encontre de la réserve qu'on lui a longtemps prêtée

Ainsi, à sa manière discrète et élégante, Charlotte Gainsbourg s'est composé un univers, une trajectoire intransigeante et bien à elle. Elle porte fièrement son nom et ses origines glorieuses, en perpétue la légende. Devant la beauté de la dame, son intégrité et les inspirations multiples auxquelles elle se consacre avec intensité (y compris dans ses disques qui sont des petites perles), elle est de ces gens rares, sensibles et raffinés dont il est bon de partager l'univers. On admire fort l'artiste de n'avoir pas fait dans la facilité ou l'évidence. Alors, on fredonne toujours un admiratif « Charlotte for ever » en rêvant à son avenir.

vendredi 27 février 2009

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