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mardi 18 juin 2013

THE GIRL FROM UNCLE (ANNIE AGENT TRES SPECIAL)


Annie, agent très spécial (The Girl from U.N.C.L.E.) est une série télévisée américaine en 29 épisodes créée par Sam Rolfe et diffusée entre le 13 septembre 1966 et le 11 avril 1967 sur le réseau NBC.


En France, la série a été diffusée à partir du 26 janvier 1969 sur la deuxième chaîne de l'ORTF.


Cette série parodique, dérivée des Agents très spéciaux, met en scène les aventures d'une jeune espionne au service de l'organisation U.N.C.L.E. •


Stefanie Powers : Annie (April en version originale) Dancer •

Noel Harrison : Mark Slate •

Randy Kirby : Randy Kovacs •



Une affaire de chien (The Dog Gone Affair) • Aux mains de Zalamar (The Prisoner of Zalamar Affair) • Opération penny (The Mother Muffin Affair) • Sur les bords de la Tamise (The Mata Hari Affair) • L'Affaire de l'unité Montori (The Montori Device Affair) • Toros et Christeras (The Horns of the Dilemma Affair) • Plus fort que le roquefort (The Danish Blue Affair) • L'Affaire du jardin du mal (The Garden of Evil Affair) • La Nouvelle Atlantis (The Atlantis Affair) • Le Paradis Perdu (The Paradise Lost Affair) • Dans les griffes de l'aigle (The Lethal Eagle Affair) • Intrigue au petit cirque (The Romany Lie Affair) • Petit John Doe (The Little John Doe Affair) • Les Diamants de Topango (The Jewels of Topango Affair) • Docteur Faust (The Faustus Affair) • L'Affaire des O.V.N.I. (The U.F.O. Affair) • Tilt et boum (The Moulin Ruse Affair) • L'Affaire des catacombes (The Catacomb Affair) • La Poupée bulgare (The Drublegratz Affair) • La Fontaine de jouvence (The Fountain of Youth Affair) • Le Mystère des Carpates (The Carpathian Caper Affair) • Course dans la vallée de la mort (The Furnace Flats Affair) • Duchesse ou salutiste (The Low Blue C Affair) • Faites-leur un prix (The Petit Prix Affair) • Une fameuse partie de poker (The Phi Beta Killer Affair) • La Montre explosive (The Double-O-Nothing Affair) • Titre français inconnu (The U.N.C.L.E. Samurai Affair) • Les Oiseaux de la mort (The High and Deadly Affair) • Titre français inconnu (The Kooky Spook Affair)

jeudi 25 avril 2013

DES AGENTS TRES SPECIAUX AU CINEMA

 
 
Après MISSION IMPOSSIBLE, Les «agents très spéciaux» vont avoir droit à leur adapation au cinéma, le projet est passé entre toutes les mains depuis plusieurs années, mais cette fois ce serait officiel.
 
Dans les années 60, les espions américain Napoleon Solo et russe Illya Nikovetch Kuryakin étaient incarnés par Robert Vaughn et David McCallum. En 2013, Tom Cruise (Solo) et Armie Hammer, alias Kuryakin (The Lone Ranger, The Social Neetwork) sont susceptibles de prendre le relais dans le remake de la série culte. Réalisé par le Britannique Guy Ritchie (Sherlock Holmes),
 
 
The Man From U.N.C.L.E reprend la trame de la série télévisée et suit les aventures de deux agents durant la Guerre Froide. Comme le titre du film l'indique, les deux complices font partie de l'U.N.C.L.E (le commandement uni du réseau pour la loi et son application), une organisation internationale chargée d'assurer la stabilité politique et économique de la planète. Les principaux ennemis de cette agence d'espionnage sont les criminels du TRUSH, dont le but est de dominer le monde.
 
La série originale a eu droit à des long métrages, du moins, des épisodes susceptibles de passer au cinéma à l'époque comme ce fut  souvent le cas dans les pays européens (hulk, L'homme qui valait trois milliards, Spider man la série télé mais aussi quelques double épisodes de la série Mission Impossible* )
 
la preuve en image
 
 


 
D'ailleurs, il existe un seul  coffret dvd en France, comprenant ses épisodes mais uniquement en VOST. L'adaptation de cette série au cinéma est donc une opportunité pour voir enfin dans les bacs, les saisons de cette série culte des années 60 en vo comme en VF.
 


 
La série a tenté un retour (en force ?) avec un téléfilm au début des années 80, mais qui s'en souvient ?
 
 
 
 
source de l'article ICI
 

*

lundi 3 septembre 2012

LOST la version de Rod Serling ?

"THE NEW PEOPLE est une courte série télévisée américaine 1969 sur ABC qui mettait l'accent sur un groupe de jeunes étudiants qui revenaient d'un voyage en Asie du Sud lorsque leur avion s'est écrasé sur une île dans l'océan Pacifique Sud. Le crash a tué plusieurs des étudiants, et tous sauf un des adultes, qui a été grièvement blessé et est décédé plus tard. Les élèves survivants étaient la seule vie humaine qui reste sur l'île. L'île était inhabituel, il y avait des bâtiments intacts et prêt à être utilisés par les survivants en cas
d'essai nucléaire qui n'a finalement jamais eu lieu"



Le nouveau peuple reflète la contre-culture des années 1960. Toutes les personnes de plus de 30 ans étaient maintenant morts, et c'était aux jeunes de commencer une nouvelle société sur l'île.


En regardant cet extrait et en lisant le résumé de l'épisode pilote, il est impossible de ne pas penser à LOST.


 
L'épisode pilote a été écrit par Rod Serling ce qui n'a rien de surprenant quand on connait la série "la QUATRIEME DIMENSION"




Merci à Jérome pour cette info !
+ d'infos en vo :
http://en.wikipedia.org/wiki/The_New_People





mardi 5 juillet 2011

ROSS MARTIN 1920-1981

Martin Rosenblatt est né le 22 mars 1920 dans une famille juive de Grodek en Pologne qui émigra durant son enfance aux États-Unis. Il passe son adolescence dans le Lower East Side de New York. Doué en langues, outre le russe, le polonais et l'anglais, il apprend le yiddish, le français, l'espagnol et l'italien.


Diplômé d'études supérieures avec mention, notamment en droit, il commence une carrière d'acteur d'abord au théâtre à Broadway (Hazel Flagg en 1953) puis au cinéma où, sous le nom de scène de Ross Martin, il débute avec La Conquête de l'espace et The Colossus of New York (1958). Remarqué par Blake Edwards, celui-ci lui offre le rôle principal dans sa série Bonne chance M. Lucky puis celui mémorable du baron Rolfe Von Stuppe dans le film La Grande Course autour du monde.

Suite à son rôle du baron, il est recruté pour jouer le rôle de l'agent Artemus Gordon, spécialiste en déguisement de toutes sortes, dans la série Les Mystères de l'Ouest au côté de l'acteur Robert Conrad.



Après s'être fracturé une jambe lors d'une scène d'action durant le tournage de la troisième saison, un an plus tard, en 1968, Ross Martin est victime d'une légère attaque cardiaque l'obligeant à suspendre sa participation aux Mystères de l'Ouest où il est momentanément remplacé par d'autres acteurs comme Charles Aidman, William Schallert et Alan Hale, Jr. mais la série est annulée un an plus tard.
Sa femme Olavee Grindrod-Martin révéla qu'il voyait la série perdurer dans le temps compte tenu de la richesse des scénarios et de leur côté intemporel. Ses enfants ont révélé que son attaque cardiaque l'avait cantonné presque exclusivement dans des rôles de "Vedettes-Invités".

Au cours des années 1960 et années 1970, il joue donc les guest stars dans plusieurs séries télévisées comme La Quatrième Dimension, Wonder Woman, Sanford and Son, Columbo, Hawaï police d'État et Drôles de Dames.


En 1979 et 1980, il reprend le rôle d'Artemus Gordon pour deux téléfilms des Mystères de l'Ouest. Il apparaît pour la première fois sur un plateau de télévision avant la diffusion du premier téléfilm, au côté de son partenaire Robert Conrad (et du cascadeur Red West). Son partenaire révéla que c'était la première fois qu'ils apparaissaient ensemble sur un plateau de télévision.


Le 3 juillet 1981, Ross Martin est victime d'une crise cardiaque au cours d'une partie de tennis. Il avait 61 ans.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ross_Martin

mercredi 31 mars 2010

"Votre mission si vous l'acceptez..."


"Votre mission si vous l'acceptez..." : la formule est dans toute les mémoires. Personne n'est passé à côté des aventures de Jim Phelps. Le 14 mars dernier, avec Peter Graves, son interprète, s'est éteint tout un pan du patrimoine « sériephile ». En son temps, Mission Impossible dama le pion au plus britannique des agents secrets qui triomphait au cinéma ! Retour sur cette série culte.


1966 : le contexte de l'époque intéresse aussi bien le septième art que la petite lucarne. Entre la guerre froide et la guerre au Vietnam, rien ne va plus Outre-Atlantique. Les scénaristes s'imprègnent de ce climat et pondent des projets. Bruce Geller propose à la Paramount de réaliser une série d'agents très spéciaux, et ce, en réponse à l'agent 007 qui s'installe progressivement dans le cœur des cinéphiles.

Cette série d'espionnage est d'un genre tout à fait nouveau : le héros n'est plus un solitaire, ni une personne de terrain, mais une équipe. Une équipe composée de plusieurs agents, tous spécialistes dans leur catégorie, travaillant pour le gouvernement et plus précisément pour une division ultrasecrète : l'IMF (Impossible Mission Force) chargée de missions dites impossibles. Une division (dont le nom de code gouvernemental est US ALPHA 716 CHARLIE) qui opère dans l'ombre à l'insu de tous car en cas d'échec, le Département d'Etat niera avoir eu connaissance des agissements de ces agents non-officiellement couverts.


C'est en 1967, quand la saison 1 est diffusée pour la première fois sur la deuxième chaîne, que les téléspectateurs français découvrent cette équipe atypique : un cerveau, Dan Briggs, un spécialiste en électronique, Barney Collier, un roi du déguisement, Rollin Hand, une séductrice, Cinnamon Carter et un homme à tout faire, Willy Armitage. Au bout de 28 épisodes, Steven Hill doit quitter la série pour des raisons personnelles. Et c'est à ce moment-là qu'il sera remplacé par l'inoubliable Peter Graves qui fera de Jim Phelps un personnage incontournable. La série va connaître son âge d'or. La scène d'ouverture avec le magnétophone qui s'autodétruit et le générique de Lalo Schifrin propulseront la série américaine au rang de série culte dans le monde entier.

Mission Impossible saison 1

Une construction sans faille

Chaque épisode repose sur la même structure : Jim Phelps reçoit des ordres de mission transmis par une voix enregistrée sur une bande magnétique qui s'autodétruit. Une fois réunie, son équipe traquera dictateurs, hommes d'affaires véreux et terroristes. Pourtant, si le schéma structurel est répétitif, chaque épisode fonctionne parfaitement grâce à un suspense bien équilibré autour d'une intrigue solide. Filmée en couleurs, avec une photographie impeccable et une mise en scène des plus épurées, Mission Impossible se révèle d'une implacable efficacité.

Le découpage témoigne d'une précision visant à capter l'essentiel et offre la même forme de suspense. Certes, ils vont réussir mais comment vont-ils s'y prendre ? Chaque épisode est rythmé par l'accompagnement musical de Lalo Schifrin soigneusement dosé en fonction des moments stratégiques et des points d'orgue émotionnels. Autre élément de succès : les gadgets et plus particulièrement les masques pour permettre aux membres de l'équipe d'usurper l'identité des bad guys. Cette astuce scénaristique permet d'élever le niveau d'intensité dramatique de manière très subtile.


Sept saisons et 168 épisodes plus tard, Mission Impossible a réussi à s'imposer en véritable série culte. Au fil des ans certains acteurs quittent l'aventure (Martin Landau et Barbara Bain délaissent l'IMF dès l'arrivée du nouveau producteur Douglas S. Cramer dont le but est de serrer les budgets jugés trop coûteux), d'autres la rejoignent (Leonard Nimoy et Lesley Warren) et certaines stars s'invitent (Martin Sheen, Robert Conrad...). En 1973, les producteurs jugeant les coûts de production trop importants décident de mettre un terme au tournage.


En 1988, Peter Graves reprit le rôle de Phelps pour deux saisons dans Mission Impossible, vingt ans après mais sans grand succès. Le cinéma prendra le relais en dénaturant quelque peu le concept initial, et la personnalité de Jim devenu, sous les traits de Jon Voight, un traître ! Certains fans verront là une autodestruction programmée.

source : dvdrama

lundi 15 mars 2010

MISSION TERMINEE


L'acteur américain Peter Graves, resté célèbre pour son rôle de Jim Phelps dans la série télévisée "Mission: Impossible" est décédé dimanche à son domicile de Los Angeles, à l'âge de 83 ans, a-t-on appris auprès de la police.

Selon la police, l'acteur, retrouvé mort à son domicile du quartier huppé de Pacific Palisades, à l'ouest de Los Angeles, est décédé de "mort naturelle".

Peter Graves, né Peter Aurness, avait bâti en près de 60 ans de carrière une filmographie de plus de 130 films et séries télévisées. Alors qu'il n'est encore qu'un jeune premier d'à peine 30 ans, il joue dans "Stalag 17" de Billy Wilder, "Condamné au silence" d'Otto Preminger, "La Nuit du chasseur" de Charles Laughton ou "Ce n'est qu'un au revoir" de John Ford. On le verra aussi dans "y a t'il un pilote dans l'avion" ou début des années 80.


Mais c'est la télévision qui le rendra célèbre, en 1967, avec la série "Mission: Impossible", dont il interprète le personnage principal, Jim Phelps.

Pour info, il a commencé la série Mission impossible à partir de la saison 2, Steven Hill tenait le rôle de Dan Briggs, premier chef de l'IMF ("Impossible Mission Force") (saison 1).

Il incarnera jusqu'à l'arrêt de la série en 1973 le parfait agent secret se jouant des difficultés, et dont toutes les missions sont couronnées de succès.


Cette série, immortalisée par la musique de Lalo Schifrin et son entrée en matière via un magnétophone (« Bonjour, Monsieur Phelps. Votre mission, si toutefois vous l'acceptez... »), met en scène une équipe d'agents secrets américains, membres de l'IMF (Impossible Mission Force) à qui l'on réserve les missions les plus délicates. Chacun de ces espions est expert dans un domaine : maquillage, déguisements, mise au point de matériel très sophistiqué, etc.


Dans la plupart des épisodes, l'équipe intervient dans des pays, tous fictifs, d'Amérique latine ou d'Europe de l'Est. Leurs missions sont très diverses et très dangereuses : coups d'État, déstabilisation, désinformation, manipulations, complots, substitutions, infiltrations, contre-révolutions, etc. Dans le contexte de la guerre froide, ils sauvegardent les intérêts des États-Unis et de leurs alliés.

Leurs opérations ne sont pas légales, et c'est à cet effet qu'ils sont rituellement prévenus : « Si vous ou l'un de vos agents était capturé ou tué, le Département d'État nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Bonne chance, Jim. »

Mission impossible saison 4

Leurs moyens sont incroyablement sophistiqués : sosies, acteurs, poupées de cire, fausse monnaie, mises en scène, électronique miniaturisée, imitation, déguisements, chirurgie esthétique,... Souvent infiltrés au cœur même de ces régimes dictatoriaux, le suspens, appuyé par des effets musicaux ritualisés, vise à faire craindre aux téléspectateurs qu'ils ne soient démasqués.

Les producteurs ont voulu remettre ça à la fin des années 80 avec « mission impossible 20 ans après », ces nouveaux épisodes (avec Peter Graves et une nouvelle équipe) n’arrivaient pas à la cheville des originaux.



Brian de Palma a relancé en 1995 la machine « mission impossible » au cinéma avec Tom Cruise

MI2 signé JOHN WOO toujours avec tom Cruise :) mais ave la voix d' Yvan Attal (:=(

et le numéro 3 !! terrible...





dimanche 19 juillet 2009

SECRET DE TOURNAGE


Avec Chapeau Melon et Bottes de Cuir, le Prisonnier représente la série culte par excellence ; les deux séries ayant été produites au même moment et partageant un bon nombre d'acteurs, de scénaristes et de réalisateurs. Elles sont pourtant diamétralement opposées l'une de l'autre. Autant la première offre un plaisir brut à son spectateur, autant Le Prisonnier est une série complexe qui s'offre moins facilement. En 17 épisodes seulement, Patrick McGoohan a construit une oeuvre unique dans l'histoire du petit écran. Une oeuvre fascinante qui a su dépasser son simple statut d'objet télévisuel, tant dans sa forme que sur le fond. Le Prisonnier s'apparente à une oeuvre d'art qu'on ne se lasse pas de revisiter et de redécouvrir tant ses interprétations sont multiples.

Pour ceux qui voudraient prolonger le plaisir avec Le Prisonnier, je ne saurai assez vous conseiller la lecture du véritable livre de référence sur la série : Le Prisonnier, une énigme télévisuelle (éd. Yris). Un ouvrage incroyablement complet.

Résumé

Après avoir remis sa démission, un agent secret britannique est capturé, puis maintenu prisonnier au Village. Le Village est un univers clos qui fonctionne selon ses propres règles. Il s'apparente à un régime totalitaire. Notre héros, qui se nomme désormais n° 6 tente par tous les moyens de s'en échapper.

N°6

C'est le seul héros du Prisonnier. Très vigilant par rapport au Village, il va démanteler petit à petit cette organisation. Il ne va être cessé d'être harcelé pour qu'il révèle les raisons de sa démission. Par ailleurs, ses agissements dans la communauté sont très surveillés. Il se rebelle constamment face au consensus de l'absurde établi dans le Village et cherche désespérément à s'en évader.

Né le 10 mars 1928 aux Etats-Unis, Patrick McGoohan vit ensuite à Londres à partir de ses 10 ans, après un court passage en Irlande. Patrick McGoohan reçut une éducation catholique stricte et reste aujourd'hui très attaché à cette religion. Il commence sa carrière d'acteur par le théâtre participant à plus de 100 pièces entre 1947 et 1955. Il débute ensuite sur grand écran dans de nombreuses productions anglaises où il obtint des rôles de plus en plus étoffés. En 1960, on lui propose d'interpréter l'agent secret John Drake pour la série d'espionnage Destination Danger. Le succès mondial de cette série est telle que Patrick McGoohan devient subitement une des vedettes anglaises les plus en vues. Il refuse le rôle de Simon Templar dans Le saint qui échoira finalement à Roger Moore. Il refuse même un autre rôle d'agent secret pour le premier épisode d'une saga qui allait beaucoup faire parler d'elle : James Bond.

Sa cote est au plus haut auprès des producteurs qui lui laissent une maîtrise totale sur sa nouvelle série Le prisonnier. Interprète principal, mais aussi scénariste et réalisateur, Patrick McGoohan va s'investir corps et âme dans la série pendant plus d'un an. Parallèlement à son engagement dans Le Prisonnier, il tourne Zebra station polaire (1968). La conclusion qu'il a écrite à la série ne satisfait pas les spectateurs qui lui font violemment ressentir. Le harcèlement moral dont il est victime lui est insupportable et il s'exile en Suisse avec sa famille, avant de s'installer aux Etats-Unis. Depuis, l'acteur ne reviendra que très rarement sur Le Prisonnier.

La diffusion

Diffusé dés septembre 1967 au Royaume Uni et le 1er juin 1968 aux Etats-Unis, Le Prisonnier débuta chez nous en février 1968 sur la 2ème chaîne de l'ORTF. Le succès mitigé qu'elle rencontra (son audience de l'époque a été évaluée à 3000 spectateurs !) incita l'ORTF à achever rapidement sa diffusion avec Le dénouement en mai 1968. Malheureusement, 4 épisodes sont passés à la trappe, dont Il était une fois, avant dernier épisode de la série, et intimement lié au Dénouement. Pour l'anecdote, lors de cette première diffusion, l'épisode Le général fut retitré Le cerveau ; pour éviter de faire allusion au Général de Gaulle déjà assez contesté en ces temps de révolte estudiantine !

Ensuite, la série servit de « programme de complément », c'est-à-dire que pour revoir le n°6, il fallait attendre pépins techniques et autres jours de grève. C'est dire si elle était considérée par nos programmateurs français !

Ce n'est finalement qu'en 1984 que la série fut rediffusée dans l'émission Temps X sur TF1. Même s'il manquait encore 3 épisodes, les conditions furent cette fois ci bien meilleures : copies neuves et non coupées, respect de l'ordre de diffusion britannique... Le Prisonnier rencontre enfin le succès qu'il mérite. Un succès qui permet à la série d'être une nouvelle fois présente à l'antenne de septembre à décembre 1986. L'audience répond encore présente. A partir de là, un vrai mouvement commence à se créer autour de la série et les fans se retrouvent toujours plus nombreux à débattre sur le sens du Prisonnier.

M6 prend le relais en janvier 1988 : quoi de plus normal pour la 6ème chaîne de diffuser les aventures du n°6 ! Et la chaîne voit les choses en grand puisqu'elle offre à la série les honneurs du prime time. C'est loin d'être satisfaisant au niveau des audiences et la série est reléguée au samedi après midi. Et là, ça marche ! La série est programmée trois fois à l'antenne jusqu'en 1991 et connaît un succès grandissant, mais les 3 épisodes inédits manquent toujours.

Il faudra finalement attendre octobre 1990 et la sortie d'un coffret vidéo chez Polygram pour pouvoir avoir accès à l'intégrale de la série. Un coffret vidéo qui connaît un succès inattendu, puisque ce ne seront pas moins de 100 000 cassettes qui seront vendus. La sortie de ce coffret entérine la série comme « série culte ».

Depuis la série a été rediffusée sur de nombreuses chaînes du câble (Séries Club, 13ème rue, TPS Cinéculte...) et a été éditée dans un superbe coffret DVD par TF1 Vidéo. Une collection DVD est même lancée en kiosque en février 2004. La série se vend toujours aussi bien et reparaît en kiosque en août 2005.

En une dizaine d'années, Le Prisonnier est devenu incontournable.

Dans ce village représentatif du bloc de l'Est, le n°6 incarne les valeurs du bloc de l'Ouest : individuel et libre. La série offre donc un choc symbolique de ces deux cultures pendant 17 épisodes. Certes, je reconnais que cette analyse peut paraître simpliste et ne répond pas aux questions posées dans Le dénouement mais c'est celle qui me semble le plus en adéquation avec la réalité de la série.

Néanmoins, en la ré explorant à l'avenir, je suis certain que d'autres évidences me sauteront aux yeux. Le Prisonnier est un puits sans fond d'interprétations, invitant le spectateur à s'y perdre indéfiniment. Elle termine d'ailleurs comme elle a commencé (sa dernière image est aussi sa première) : la boucle est bouclée.
source : dvdrama

lundi 18 mai 2009

LE PRISONNIER, transcender le système


On n'a pas besoin de tout comprendre pour apprécier "le prisonnier" mais j'ai quand même cherché sur le net pour essayer d'avoir toutes les réponses à mes questions... Voici la suite :

II) Transcender le système : la victoire

La portée philosophique de cette série - alors incomprise dans les années 60 à tel point que le réalisateur avait dû fuir en Suisse pour échapper aux téléspectateurs insatisfaits de la réponse à la fameuse question : qui est le numéro 1 ? - est aujourd'hui d'une étonnante modernité. D'une part, la dénonciation du totalitarisme est manifeste étant donné que la série fut réalisée 21 ans après la seconde guerre mondiale. D'autre part, l'allégorie de l'homme oppressé de plus en plus par les réalia quotidiennes, qu'il essaye de fuir, demeure flagrante. Le Prisonnier évoque une forme de psychose schizophrénique car l'individu lutte contre le système tout en essayant d'y échapper : " "Qu'est-ce que c'est ?" et "Qui est-ce ?" sont les deux grandes questions de la peur. La simple formulation de telles questions implique un tremblement du réel annonçant tous les fantasmes du double, tous les symptômes de la dissociation caractéristique de la schizophrénie : soit de cette décomposition de l'âme par laquelle Maupassant définit justement la peur. "[1] [11] Transcender l'horreur pour ne pas l'affronter manifeste une évasion quasi spirituelle. Mais c'est aussi un véritable éloge de la fuite. A la fin de la série, le numéro 6 s'évade pour rentrer chez lui comme toute personne qui, ayant fini sa journée de travaille, retrouve son logement douillet pour se ressourcer.


Si cette réalisation télévisée est encore aujourd'hui considérée comme étrange, atypique par rapport à leurs concurrentes plus ludiques telles que Amicalement Votre, ou bien Chapeau melon et bottes de cuir, elle s'adresse à une certaine maturité d'esprit. Cette série, " comme toute ouvre forte née de la puissance créative d'un seul homme, n'est faite que de références et de réminiscences : agencées, réorganisées, transfigurées selon une alchimie mystérieuse. "[1] [12] A la première lecture, le spectateur peut entrevoir une farce ubuesque dans laquelle les personnages déambulent sans raison apparente : la fanfare, les déguisements préfigurant les costumes d'Orange mécanique, et le classique : " bonjour chez vous ! "[1] [13] , l'illustrent parfaitement.


En réalité, le prisonnier veut s'échapper physiquement et moralement de " ce pays d'où l'on ne revient jamais ". Il y a d'abord les tentatives physiques d'évasion : par la mer, l'air et la route. Mais la fuite finale se jouera sur la complexité des rapports humains. Patrick Mc Goohan résiste aux pièges des différents adversaires souvent impersonnels, mais il apprend à les cerner et finalement prend l'initiative de l'attaque. Derrière son aspect monolithique, le numéro 6 déstabilise ses hôtes aux comportements plus poétiques que logiques. De même, il ne se laisse pas aller devant les personnes du " beau sexe " : certaines, très belles, sont envoyées par le démon numéro 1. Ressemblant à des succubes joyeux, ces femmes sont le reflet du désir narcissique du numéro 6.


Mais il lutte également contre les persécutions verbales bien ciblées des différents numéros 2. Il pervertit tous les interrogatoires, échappe au détecteur de mensonges. L'ensemble prépare la victoire, sa libération, néanmoins son jugement dernier a lieu curieusement à la sortie de son incarcération et non à l'entrée.


Sorte de subversion judiciaire qui nous interroge sur le sens de la série et peut-être plus globalement sur la vie et son caractère parfois absurde. Il s'agit du thème de la culpabilité que nous pourrions rapprocher effectivement du Procès de Kafka : aucun des deux protagonistes ne sait pourquoi il est inculpé. Joseph K. cherche à comprendre sa culpabilité tandis que le numéro 6 veut s'évader. Ce dernier reste dans le refus pur et dur : c'est le triomphe de l'individualisme. La question de la faute ne se pose donc pas : " le héros de la série classique a également ceci de particulier qu'il ne subit aucune évolution au fil des épisodes, donnant véritablement l'impression qu'il traverse les pires péripéties sans jamais que celles-ci ne l'affectent, tant sa personnalité est forte. "[1] [14] Dans Le Prisonnier, on connaît la conséquence de la démission mais pas la raison. Son action inconnue le conduit à l'enfermement ce qui constitue, dès le premier épisode, sa force alors que l'inculpation n'est pas définie. Sa démission ne semble pas être l'unique motif de son isolement. Il existe une certaine gratuité déconcertante.


Tous les espaces de la série sont des prisons, même la digression de l'épisode numéro 14, tourné comme un western, le montre : Patrick Mc Goohan devenu shérif se retrouve à plusieurs reprises derrières les barreaux. Conçue comme une série dont chaque épisode semble être une histoire autonome, il est souhaitable de suivre l'ordre des dix-sept feuilletons pour reconstruire le puzzle de cette machination. Chaque aventure en dit un peu plus mais pas trop. Il faut vraiment attendre la fin pour saisir qu'il n'y a rien à comprendre : " Envisagée sou cet aspect, la création est bien une fuite de la vie quotidienne, une fuite des réalités sociales, des échelles hiérarchiques, une fuite dans l'imaginaire. "[1] [15] Métaphoriquement, la victoire de notre propre évasion demeure la libre interprétation de l'énigme. Le numéro 6 est bien le numéro 1, mais ce dernier reste une boîte de pandore qui aveugle et qui rend fou. On sort d'un univers absurde pour rencontrer la vérité ou les vérités. Comme à la fin d'Avalon, le spectateur quitte un monde de jeu virtuel pour retourner à la réalité. D'ailleurs, celle-ci demeure le dernier niveau du jeu vidéo dans le film de Mamoru Oshii. Il faut reconstruire le monde qui nous est offert. Le numéro 1 représente aussi le téléspectateur, celui qui voit tout sans forcément tout comprendre. Cette fois-ci le numéro 1 n'a pas un visage de méchant comme dans les James Bond ; de surcroît, rien n'est expliqué

jeudi 26 février 2009

LE PRISONNIER : La fuite

On n'a pas besoin de tout comprendre pour apprécier "le prisonnier" mais j'ai quand même cherché sur le net pour essayer d'avoir toutes les réponses à mes questions... Après l'introduction, voici "la fuite" ou comment échapper au système.

Bonne lecture !


I) Echapper au système : la fuite


Traumatisme des régimes totalitaires, cette série incarne non seulement l'homme qui essaye de maîtriser son destin, mais aussi celui qui en est victime : " le drame cinématographique a, pour ainsi dire, un grain plus serré que les drames de la vie réelle, il se passe dans un monde plus exact que le monde réel. "[1] [4] Plongé au cour d'un cauchemar surréaliste, le numéro 6 se complaît dans un univers où il essaye de déjouer les règles tout en les respectant pour mieux les pervertir. Le numéro 6 n'est que l'envers du numéro 1, un double, une sorte de " Horla " qui nous pousse à sortir d'un cocon alors que toute fuite est impossible. " Le village ", aux décors kitsch et ludiques avec les images lénifiantes de la publicité, demeure une métaphore de notre environnement quotidien : " L'objectivité des formes apparentes fait donc rayonner le naturel dans tout l'univers du film de fiction. "[1] [5] Cette société semble fonctionner comme la notre avec en plus une forme de caricature qui la montre sans nuance. Il y a d'une part l'autorité représentée par le numéro 2 sorte de pouvoir exécutif,[1] [6] qui d'ailleurs change à chaque épisode. D'autre part, il y a l'ordre symbolisé par la boule blanche : véritable milice impersonnelle sans numéro à l'image d'un mirador concentrationnaire. Nommée " le rôdeur " une seule fois dans la série, cette sphère demeure la représentation la plus étrange : ni humaine, ni végétale, ni animale, anonyme, elle reste inquiétante. C'est finalement un trope de la bureaucratie étouffante qui laisse sans voix. Sous l'apparence d'un " club méditerranéen " anglo-saxon, à l'architecture éclectique, " le village " reste une cage dorée, un laboratoire d'expériences dans lequel Patrick Mc Goohan subit toutes sortes de tests de personnalité en passant par la manipulation psycho-visuelle.[1] [7] " Le village " devient un cabinet de recrutement façon Blade Runner. A l'image des prisonniers du Cube qui tentent de trouver le fonctionnement de cette machine infernale pour se libérer, le numéro 6 est paradoxalement le condamné et le geôlier de cette prison à la Truman Show. Le costume noir de Patrick Mc Goohan fait écho à son éducation catholique, dès l'âge de dix ans l'acteur voulait être réellement prêtre. Le vêtement représente non seulement une réminiscence des uniformes fascistes mais encore il évoque la fuite d'un homme qui refusa de rentrer dans les Ordres : " comme tout signe de la représentation, le costume est à la fois signifiant (pure matérialité) et signifié (élément intégré à un système de sens). "[1] [8] Le Prisonnier traduit l'émergence d'une " secte sans nom " qui se construit sur cette esthétique techno-psychédélique des années 60-70. Tous les villageois ont des toilettes bigarrées et leurs comportements excentriques, dignes d'une " fête des fous ", masquent à peine la misère affective : univers sans sentiment. En effet, dés la tombée de la nuit le couvre-feu propage sa voix féminine et froide : " Plus que cinq minutes avant l'extinction des lumières. "
Le protagoniste est celui qu'on surveille à l'aide d'un observatoire souterrain truffé de caméras, loft à la 1984 construit sur un complexe " militaro-industriel ". Mais le numéro 6 représente aussi celui qui défie tous les pièges. A la fin, il sera le vainqueur d'un labyrinthe sans nom. Il n'y a pas plus impersonnel que le substantif " village ", sorte de signifiant zéro pour un signifié polysémique vu le nombre d'interrogations et d'interprétations que soulève cet étrange lieu. Nul ne sait où il se trouve, il pourrait être en Lituanie sur la Baltique ou bien sur les côtes marocaines.[1] [9] Le terme " village " ressemble à l'absence de nomination des personnages du nouveau roman. Il existe une volonté de déstructuration de la réalité afin de briser l'individu : " Le village est un petit monde organisé dans ses moindres détails. Rien n'y manque, ni l'épicerie, ni l'hôpital : une forteresse où l'on normalise plus qu'on ne soigne. "[1] [10] Sous le couvert d'une technologie qui se veut pratique et amusante, téléphone sans fil, porte automatique, carte de crédits à l'utilisation enfantine, l'autorité impersonnelle cherche à obtenir des renseignements : pourquoi le numéro 6 a-t-il démissionné de son poste d'agent secret ? Cet abandon est le point d'ancrage de chaque épisode, et ce, dés le générique. " Le village ", aux allures d'une maison de retraite pour personnes qui en savent trop, devient un asile d'aliénés où règne la paranoïa. Ce lieu absurde développe chez le prisonnier cette volonté de puissance reposant paradoxalement sur la lutte, la fuite et l'indépendance. Il s'agit d'une liberté perdue à reconquérir et le symbole de la Lotus Seven dans le générique en reste la manifestation la plus dynamique : la trajectoire de la fuite et de la démission demeure linéaire. Le comportement du numéro 6, à bord de son automobile, est déterminé.

lundi 23 février 2009

LE PRISONNIER, Introduction

Je viens de terminer la série Culte "le Prisonnier" il y a quelques jours. Pour dire la vérité, la série est géniale, elle compte désormais parmis mes séries favorites même si j'avoue ne pas avoir tout saisi dans le dernier épisode qui, comme son titre l'indique pourtant ("le dénouement") m'a laissé un peu perplexe...
On n'a pas besoin de tout comprendre pour apprécier "le prisonnier" mais j'ai quand même cherché sur le net pour essayer d'avoir toutes les réponses à mes questions...
Bonne lecture !

Introduction
Le Prisonnier est une série culte dont le tournage démarra en 1966. Interprétée et produite par Patrick Mc Goohan,[1] [1] scénarisée en 17 aventures dont il réalisera cinq épisodes, elle retrace le parcours d'un homme seul. L'histoire : un agent secret démissionne. Alors qu'il boucle ses valises, un gaz s'échappe. Endormi, il se réveille prisonnier du " village ". Il s'agit d'un lieu aux apparences idylliques mais l'envers du décor est le suivant : personne n'a de noms, ce sont tous des numéros. Mélangé avec des prisonniers et des gardiens que rien ne permet de distinguer, à chaque épisode le protagoniste affronte l'impensable interrogatoire comme un procès kafkaïen fondé sur la fameuse réplique : " Nous voulons des renseignements ". Il tentera de s'échapper 17 fois. Seule, la dernière sera la bonne mais avant de réussir cet exercice périlleux, le numéro 6 jouera métaphoriquement une partie d'échec contre l'énigmatique numéro 1 via le numéro 2. Ce n'est pas sans rappeler le chevalier du Septième Sceau qui combat la mort sur l'échiquier de la vie.
Cet agent du gouvernement britannique qui agit habituellement dans l'ombre du quotidien, est cette fois-ci exhibé, testé, torturé dans un univers carcéral, sans barrière apparente. La liberté est illusoire et curieusement, seul, le numéro 6 tente de s'enfuir. Il existe une véritable phénoménologie de la fuite qui repose sur le non-sens faisant écho à : " Je ne suis pas un numéro, je suis un être libre ! " A savoir, il se dégage de cette série une philosophie qui vise à saisir les enjeux d'un système[1] [2] absurde par un retour aux données immédiates de la conscience du spectateur. Celle-ci met en évidence l'essence même de l'être. Ici, il s'agit du numéro 6 un double du numéro 1 (pouvoir absolu), l'ensemble stigmatisé par le numéro 2 (pouvoir temporaire).
Cette machination aux beaux décors, aux gestes et attitudes calculées est une réflexion sur la fuite. Pour le numéro 6, la cause principale de l'angoisse repose sur l'impossibilité d'agir dans ce système absurde. Il faut préciser que cette liberté acquise par la fuite et par la lutte, l'une étant la corrélation de l'autre, est aussi une façon de se gratifier, donc d'échapper à l'angoisse. Même en écarquillant les yeux Patrick Mc Goohan ne voit rien : " Il tâtonne en trébuchant sur la route obscure de la vie, dont il ne sait ni d'où elle vient, ni où elle va. "[1] [3] Cette fuite se produit en trois phases : échapper au système, le transcender pour en sortir libre et victorieux. Enfin, il faut le recréer à la conscience du spectateur : sensibilisation et non-sens du système.

vendredi 30 janvier 2009

LE PRISONNIER

LE PRISONNIER

C'est à l'âge de 80 ans que Patrick McGoohan nous a quitté le 13 janvier dernier.
Connu pour avoir démarré dans la série "Destination Danger", créateur de génie pour la série cultissime "Le Prisonnier" où il interpréta le célèbre numéro 6, cette oeuvre visionnaire et incomprise en son temps (1966) fut probablement la première grande oeuvre de fiction du petit écran.

Pressenti pour remplacer Sean Connery dans le rôle de James Bond qu'il refusa, on le vit apparaitre dans quelques films comme "L'évadé d'Alcatraz" de Clint Eastwood.

"Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre"

Le Prisonnier représente la série culte par excellence ! je la découvre en ce moment en dvd, car oui, j'ai honte de le dire mais j'assume : "je n'ai jamais vu cette série télé".... mais "mieux vaut tard que jamais".... !

Voici un extrait d'un dossier* consacré à la série le Prisonnier, pour savoir tout ou au moins l'essentiel.

Bonne lecture



Le Prisonnier, c’est l’histoire d’un agent secret (en tous cas, c’est ce que l’on suppose) qui, un beau jour, craque et donne sa démission. Alors qu’il est chez lui pour faire ses valises, destination, non pas le danger, mais les îles, un nuage de gaz le surprend et il s’endort. A son réveil, il se retrouve dans un village bizarre, dans lequel les habitants portent des vêtements colorés, et n’ont pas de nom, mais portent un numéro. Au détour des vieilles pierres de ce village, on découvre des innovations technologiques saisissantes (pour l’époque). Ah oui, dernier détail, pas moyen de sortir de ce village, d’un côté des montagnes, de l’autre la mer... Et aucune route. Et puis il y a ce mystérieux ballon blanc qui empêche toute fuite...

Série culte de toute une génération, Le Prisonnier est LA série télévisée par excellence.

Comment évoquer Le Prisonnier sans parler des objets fétiches présents tout au long de la série. Comment, en effet, oublier la voiture du Numéro 6, présente durant tous les génériques, une Lotus immatriculée KAR 120C, mais aussi le grand-bi, « logo officiel » du village, la Mini-Moke, et l’incontournable ballon blanc, gardien du Village, le bien nommé « rôdeur ».

On retrouve dans Le Prisonnier plusieurs visions différentes de Patrick McGoohan sur la vie et la société qu’il est intéressant d’analyser, ce que nous tenterons de faire dans les lignes suivantes. Il est plus que probable que d’autres visions de la série existent, tant l’ensemble est fouillé, mais il serait impossible de parler de tous ces aspects dans ces lignes, d’où le choix suivant. Et puis, Patrick McGoohan a toujours voulu que le téléspectateur se forge sa propre idée. Voilà en partie pourquoi nous lui laissons le champs libre. Voici pourtant quelques bases :

La sensation de malaise fournie par le Village est encore amplifiée à travers le choix des tenues vestimentaires des villageois, plus qu’anachroniques (même à l’époque, et encore maintenant). Chaque habitant (ou presque) y semble en cure thermale ou en vacances. Dès son arrivée au Village, on retirera au Prisonnier son costume habituel pour lui mettre l’« uniforme » du lieu. L’apparence normale du Prisonnier, ainsi que son appartenance sociale ont été effacée aux yeux de tous. Il devient un numéro parmi d’autres.

L’aspect philosophique :

L’être humain et sa liberté de jugement sont la pierre angulaire de la série.

Si la série est un hymne à la liberté et à l’être humain, cette évocation est cynique et désabusée : le message sous-jacent de Patrick McGoohan est bien qu’il ne faut pas se faire d’illusions sur la liberté. On peut donc dire que personne n’est entièrement libre de penser et d’agir comme il l’entend, même s’il en a l’impression. En clair, nous sommes tous des Prisonniers. Le conditionnement que nous subissons dans la vie de tous les jours, n’est pas forcément prémédité comme au Village, mais fait partie de notre personnalité. Toute personne obéi forcément sans réfléchir à des règles.

L’aspect psychologique :

Le numéro 6 a quand même quelques défauts, tout d’abord parce qu’il a démissionné de son poste (aussi secret et mystérieux qu’il soit). Il est ainsi suspect de trahison vis à vis de son organisation (elle aussi, quelle qu’elle soit). Cette démission démontre chez lui une forte personnalité. Le libre arbitre est primordial face à l’obéissance.

Et puis, le numéro 6 est de nature colérique. Il est vrai que sa situation n’est pas des plus enviables, mais cela n’explique pas ses crises d’énervement uniquement à cause d’un bonjour ou d’une musique d’ambiance, même si celle-ci peut être entêtante. Pour terminer, notre héros, par la force des choses, ne peut gagner (si ce n’est à quelques rares occasions). Quoi qu’il fasse, quels que soient les plans qu’il met en place, ils sont déjoués par les numéros 2 successifs.


Il reste encore un point important à évoquer dans cet aspect :

l’interrogation existentielle.

Tout au long de la série, Le Prisonnier se demande qui il est. Dès le générique, cette interrogation revient avec la question « Who is Number One ? ». La première interprétation de cette phrase est celle qui nous vient directement à l’esprit : qui est le responsable de mon emprisonnement et de ma prison ? Mais cette interprétation en amène une autre : qui décide de ma vie pour moi ?

Juste après, la réponse, ou plutôt la « non-réponse » tombe avec la cultissime réplique « You are number six ». Cependant, en poussant l’analyse plus loin, et en allant chercher du côté de la prononciation de cette phrase, on peut en déduire deux traductions qui nous éclairent sur le sens de la série. En effet, elle prend un sens totalement différent si on la prononce : « You are N°6 » (Vous êtes le N°6, comme l’a traduit la version française) ou « You are, number six » (C’est vous, N°6). Un double sens impossible à faire passer en français, bien évidemment, mais qui peut éclairer un peu plus le téléspectateur sur la série. Si vous le voulez vraiment et que vous en avez les moyens, votre destin est entre vos mains. La preuve donc que la série n’est ni simpliste et encore moins naïve.

L’aspect politique :

Le Numéro 6 fait preuve d’un tel entêtement dans sa lutte contre le Village qu’il est clair que Patrick McGoohan y a transposé ses opinions politiques. Les thèmes qu’il y aborde sont si nombreux que l’on pourrait presque y retrouver les thèmes de campagne d’un parti démocratique. Patrick McGoohan défend notamment le principe de liberté individuelle de penser, de circuler, de critiquer. Et ces thèmes sont plus ou moins présent dans tous les épisodes.

La série dénonce ainsi les simulacres d’élections dites libres et démocratiques en URSS ou dans les dictatures encore présentes sur le globe aujourd’hui. Sans oublier la propagande nazie dans l’Allemagne hitlérienne. On pourrait même aller jusqu’à évoquer les manipulations de l’opinion dans nos démocraties. En fait, peu de régimes trouvent grâce aux yeux de Patrick McGoohan. La crainte du contrôle des pensées et de l’asservissement de l’homme par la technique et le modernisme sont aussi très présentes.

Conclusion

Il est très compliqué d’expliquer Le Prisonnier, comme il est très compliqué de le comprendre. Cette série nous apprend de nouvelles choses à chaque visionnage. Pourquoi ? Simplement parce que le niveau de lecture peut être différent à chaque fois, mais aussi parce que l’on y découvre de nouvelles choses constamment.

*source : http://www.afds.org/Le-Prisonnier.html
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