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lundi 22 juillet 2013

DENIS DE LA PATELLIERE 1921-2013

 
Le réalisateur s'est éteint à l'âge de 92 ans samedi 20 juillet dans son appartement de Dinard.
 
Le réalisateur était devenu célèbre avec des films comme Le tatoué avec Jean Gabin et Louis de Funès, Un taxi pour Tobrouk avec Lino Ventura et Charles Aznavour ou des séries pour la télévision, notamment Le Comte de Monte-Cristo, avec Jacques Weber.
 
Originaire de Nantes, le cinéaste affectionnait Dinard. Après y avoir passé régulièrement des vacances, il s’était installé dans un appartement de la station balnéaire pour y vivre à l’année.
 
Ses fils sont aussi dans le monde du cinéma. Alexandre a signé, entre autres, la pièce Le prénom puis son adaptation en film. Fabrice est directeur de la fiction de Canal +.
 

mercredi 2 mai 2012

PRESIDENT D'UN JOUR

 deux candidats
 un débat
 deux bons films sur le même sujet


le classique d'Henri Verneuil avec Gabin et Audiard pour les dialogues

une comédie sympathique d'Yvan Reitman.

mardi 15 mars 2011

RENE CHATEAU VIDEO : LA BELLE EQUIPE


La Cour d’appel de Paris a récemment condamné René Chateau pour contrefaçon, les juges ayant estimé que l'éditeur exploitait illégalement à la télévision et en vidéo le film de Julien Duvivier La belle équipe, co-écrit par Charles Spaak, avec Jean Gabin et Charles Vanel.

L'éditeur avait été assigné en justice par l'héritier du réalisateur, Christian Duvivier, qui estimait qu'il n'était pas titulaire des droits d’auteur sur le film. Il reprochait également aux éditions René Château d’avoir exploité une version du film imposée au réalisateur par le producteur (avec happy end), alors que la version d’origine avait été rétablie depuis 1966.

La Cour d’appel a jugé que l’éditeur avait commis des actes de contrefaçon après avoir constaté que René Château n’était pas cessionnaire du contrat conclu entre les auteurs et le producteur d’origine, et qu’il ne pouvait pas justifier être titulaire des droits d’auteur. En effet, Julien Divivier n'avait cédé à l'époque que les droits pour une exploitation cinématographique, cession prorogée trente ans après.

De plus, la Cour d’appel a jugé qu’en exploitant des vidéogrammes donnant à voir la version " heureuse" du film imposée par le producteur d’origine alors que l’auteur avait autorisé l’exploitation de la seule version "tragique" d’origine qui avait été rétablie, René Château a donc porté atteinte au droit moral des auteurs, "lesquels jouissent d’un droit perpétuel, inaliénable et imprescriptible au respect de leur œuvre" comme le souligne la SACD dans un communiqué de presse, se réjouissant de l'issue de ce procés. Ainsi, le montage du film comportant le fameux happy end ne pourra plus être exploité, et devra être confié aux Archives du film.



source :

ECRAN LARGE.com : 15 mar 2011 Par Tonton BDM

jeudi 10 décembre 2009

LE PACHA


Sorti sur nos écrans le 14 mars 1968 et réalisé par Georges Lautner, le film se dote d'un casting hautement prestigieux, de Jean Gabin à André Pousse, en passant par Dany Carrel, Robert Dalban, Maurice Garrel ou bien encore Dominique Zardi. Une pure merveille, agrémentée de dialogues irrésistibles conçus par Michel Audiard et d'une bande originale signée Serge Gainsbourg. Séquence nostalgie...


A l'instar des Tontons Flingueurs, l'histoire du Pacha n'a absolument rien d'original, bien au contraire. Il s'agit en effet de l'adaptation d'un roman écrit par Jean Laborde, Pouce. Georges Lautner, Albert Simonin et Michel Audiard se retrouvent d'ailleurs à cette occasion.

Très affecté par la mort de son collègue Gouvion survenue au cours d'un hold-up, le commissaire Joss décide de le venger, purement et simplement. Pour ce faire, il invente le coup du siècle : mettre deux bandes sur la même affaire et les laisser s'entretuer. Il espère ainsi « nettoyer » le milieu parisien, et ce, avant son départ à la retraite...


Ce long-métrage marque la première (et dernière) collaboration entre le cinéaste Georges Lautner et le comédien Jean Gabin. En 1963, ils avaient déjà eu pour projet de travailler ensemble. Il s'agissait du film Les Tontons Flingueurs. Mais finalement, Lautner lui préféra Lino Ventura dans le rôle principal. En revanche, Jean Gabin croisa Michel Audiard à plusieurs reprises et eut donc cette chance d'interpréter très régulièrement ses merveilleuses répliques. Parmi leurs nombreuses collaborations, on peut citer Le gentleman d'Epsom, Un singe en hiver, Mélodie en sous-sol, Sous le signe du taureau ou bien encore Le Drapeau noir flotte sur la marmite.


Mais Le Pacha propose certains dialogues parmi les plus réussis dans la longue carrière de Michel Audiard. En voici une petite sélection :

« Le jour où on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner ! »

« Tout le monde parle d'infarctus, de cirrhose, de cancer, ben moi j'dis que la pire maladie des hommes c'est de donner tout son amour à une seule bonne femme. »

« Le crétin chimiquement pur... Je me demande où tu vas le chercher ?

- 36, quai des orfèvres. Je suis fidèle à mes fournisseurs. »

« C'est un accident, un regrettable accident...

- La mort de Louis XIV aussi. »

« Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute. »

« Dis donc, Ernest, entendons-nous bien. T'as besoin d'moi, j'ai besoin d'toi, on traite... Mais un casseur doublé d'une donneuse, tu voudrais tout d'même pas que j't'embrasse... Hein ? »

Quarante ans plus tard, Le Pacha demeure encore l'une des références absolues dans le genre du polar français. Pourtant, on ne peut s'empêcher d'imaginer ce à quoi le film aurait pu ressembler si la censure de l'époque ne s'était pas opposée à certains « excès ». On reprocha notamment aux auteurs de présenter un commissaire de police beaucoup trop violent. Toutefois, le cinéaste garda son sang-froid et organisa même des rencontres radiophoniques avec de nombreux jeunes, leur demandant de témoigner des maltraitances dont ils furent victimes lors d'interrogatoires divers. Lautner finit alors par trouver un compromis avec la commission qui lui imposa de supprimer « seulement » deux coups de poing donnés par Gabin envers l'une de ses victimes. Malgré tout, la promotion du film resta assez virulente : étonnamment, l'affiche annonça un long-métrage interdit aux moins de 18 ans (du moins, lors de sa sortie) et proposa une accroche tout aussi spectaculaire, « Le Gabin de la vengeance ». Sur ce dernier point, on ne peut qu'être d'accord voire hautement satisfait. L'acteur y est particulièrement remarquable (pléonasme). Il impressionne à chacune de ses apparitions ou répliques. Son charisme prend même ici une toute nouvelle ampleur, le regard triste, le visage sombre, et le comportement plutôt brutal. De son côté, André Pousse interprète le « méchant de service » avec une ignominie rare. L'un de ses plus grands rôles au cinéma, pour un face à face d'anthologie.

Fidèle à ses principes, Georges Lautner travaille sa mise en scène au plus haut point. Pour cela, il fait de nouveau appel à l'un de ses directeurs de la photographie fétiches, le célèbre Maurice Fellous. Ainsi, l'image présente des couleurs d'une rare vitalité, tout en créant une ambiance des plus sombres pour ne pas dire inquiétantes. Le cinéaste accentue cette atmosphère par le biais d'une bande originale oppressante, de par sa récurrence et son style, celle de Serge Gainsbourg.

Le thème musical et les paroles de Requiem pour un con interviennent donc à de nombreuses reprises et nous glacent littéralement par le rythme saccadé mais aussi le sens de leur propos (« Écoute les orgues, elles jouent pour toi, il est terrible cet air-là, j'espère que tu aimes, c'est assez beau non, c'est le requiem pour un con, je l'ai composé spécialement pour toi, à ta mémoire de scélérat, c'est un joli thème, tu ne trouves pas, non, semblable à toi-même, pauvre con... »). Mais l'une des principales particularités du cinéma de Georges Lautner est de filmer ses comédiens en gros plans. De cette façon, il met en valeur leur jeu mais aussi les extraordinaires répliques d'Audiard, ce qui explique une aussi longue collaboration, faite de hauts et de bas, entre les deux hommes.

De plus, quelques années précédant la sortie du film, vers la fin des années 50 pour être plus précis, naquit la Nouvelle Vague, laquelle apporta un nouveau souffle au sein du cinéma français. Lautner, loin d'en faire partie, avait lui aussi pour principe de vouloir toujours innover et tenter de nouvelles expériences, aussi bien visuelles (cadres ou montages originaux) que scénaristiques. Le Pacha ne fait pas exception à la règle. On y retrouve tout d'abord quelques cascades et autres scènes d'action particulièrement spectaculaires, notamment celle où Dominique Zardi participe à l'attaque d'un fourgon blindé avec l'aide d'un bazooka. Par ailleurs, la construction du long-métrage se montre généralement fluide et extrêmement dynamique (une véritable marque de fabrique dans l'univers Lautnérien). La preuve d'une modernité et d'une intelligence rares, surtout en cette époque.

Le Pacha appartient à ces classiques populaires que l'on devrait voir et revoir indéfiniment, aussi bien pour le plaisir que dans le cadre de certaines études. En outre, d'un point de vue historique, il marque non seulement les grandes retrouvailles entre Gabin et Audiard après quelques années de brouilles, mais aussi l'unique collaboration entre le comédien et Georges Lautner. On regrette qu'il n'y en ait pas eu davantage.

jeudi 12 novembre 2009

LA TRAVERSEE DE PARIS



« Jambier, j'veux 2000 francs, Jambier, 45, rue Poliveau !

- Oui, oui, on l'sait, plus un franc, plus un sou ! »

Sortie sur nos écrans le 20 novembre 1956, La traversée de Paris est aujourd'hui rééditée en DVD, l'occasion rêvée d'évoquer l'une des plus grandes réussites du cinéma français. Mis en scène par Claude Autant-Lara, le film réunit pas moins de trois vedettes (dont une, à l'époque, en plein essor), à savoir Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès.

L'histoire, connue de tous, se déroule sous l'Occupation. Martin, brave homme au chômage, doit convoyer à l'autre bout de Paris quatre valises pleines de porc. Son acolyte habituel ayant été arrêté, il fait appel à un inconnu, Grandgil. Mais celui-ci se révèle vite incontrôlable, et le trajet périlleux. Au terme de leur périple, Martin découvrira que Grandgil est un peintre connu qui s'est offert le luxe d'une petite aventure. Ils finiront par se faire arrêter et Martin paiera seul le prix de cette traversée.

A l'origine, rappelons que le sujet est adapté d'une nouvelle écrite par le génialissime Marcel Aymé, parue dans le recueil Le vin de Paris. A la fin de son texte, Aymé condamne le personnage de Grandgil, sauvagement abattu par Martin. Le film ne conservera pas l'idée, jugée trop sombre et dramatique par le cinéaste. Séparés durant l'Occupation, les deux héros se croiseront donc par hasard à la Libération, au beau milieu de la Gare de Lyon. Au sortir d'un taxi, Grandgil use des services d'un transporteur pour ses bagages. Pressé par le train dans lequel il doit monter, il ne prend garde à la personne. Une fois dans le wagon, il découvre alors le visage de Martin, d'abord surpris, puis ravi. Le train démarre. Ils se saluent, laissant entrevoir un espoir quant à des retrouvailles plus approfondies.


Mais l'oeuvre de Claude Autant-Lara n'est pas aussi rose qu'elle n'en a l'air. Le cinéaste et son équipe abusent ainsi d'un noir et blanc parfaitement contrasté, lui donnant au final un aspect extrêmement inquiétant. Pourtant, à l'origine, le film était prévu en couleurs. Des restrictions budgétaires entrainèrent malheureusement un retour à la simplicité, et en conséquence, une nouvelle approche d'Autant-Lara pour sa mise en scène. Il s'orienta alors vers l'expressionnisme allemand, utilisant jeux d'ombres et figures géométriques à bon escient. En effet, rarement un film évoquant l'Occupation Allemande n'aura paru aussi terrible dans sa représentation, à la fois sombre, désertique, et menaçante.


De la même façon, les personnages ici présentés n'ont rien de glorieux, ou si peu. Martin frappe sa femme par excès de jalousie, Grandgil provoque un véritable scandale dans un café tenu par des pauvres, tandis que Jambier réserve en cachette un incroyable garde-manger pour les besoins du marché noir. Plus étonnant encore, les Allemands eux-mêmes apparaissent moins terribles que la réputation qui les précède. Ainsi, dans la dernière partie du métrage, l'officier qui retient prisonniers nos deux héros reçoit un étrange coup de téléphone. Le contenu de la conversation ne nous sera pas dévoilé mais celui-ci aura pour conséquence de séparer Martin et Grandgil et d'envoyer le premier en déportation. La caméra s'arrête alors sur le comédien d'Outre-Rhin, Harald Wolf, le regard triste et impuissant devant l'horreur. En somme, un véritable être humain. Une vision quelque peu provocatrice, prenant un tout autre sens à la fin des années 80, lorsqu'Autant-Lara fut élu au Parlement Européen sur la liste du Front National, et allant jusqu'à tenir des propos diffamatoires sur Simone Veil (remise en cause de la dureté des camps de concentration, etc...).

Bourvil et Jean Gabin ne tourneront qu'un seul long-métrage ensemble. Mais celui-ci restera définitivement dans les annales. Ils forment en effet un duo admirable, alternant séquences émouvantes et drolatiques avec un talent définitivement sans faille. Néanmoins, dès la production du film annoncée, Marcel Aymé reproche le choix de Bourvil dans le rôle de Martin (il aurait préféré Bernard Blier), avant de revenir finalement sur ses paroles lors de sa sortie en salles. De son côté, le comédien reçut un prix pour son interprétation, avec la modestie qu'on lui connut : « J'ai eu le prix à Venise, bon, j'en suis pas mal fier, mais je ne confonds pas vitesse et précipitation, Bourvil et Sarah Bernhardt. Le rire dans la qualité c'est ce que je voudrais pouvoir faire. L'imbécile heureux, voilà mon emploi. Que je m'évade de temps en temps je ne dis pas non mais ce sera toujours pour y revenir ». Avec La traversée de Paris, il trouve enfin un rôle dense et dramatique, loin du naïf heureux qui le rendit célèbre, dans Le rosier de Madame Husson ou Le trou Normand. Quelques années plus tard, le comédien confirmera sa prédisposition à incarner de grands rôles, grâce notamment à la confiance de Jean-Pierre Melville (dans Le cercle rouge) et de Terence Young (dans L'arbre de Noël). Gabin, quant à lui, démontre une fois de plus l'étendue de sa puissance, amenant chacune des scènes où il apparaît au sommet, de par sa voix ou sa bonhommie. A noter au passage les dialogues, particulièrement brillants, de Jean Aurenche et de Pierre Bost, également auteur du scénario. Oubliés du grand public, leurs noms restent tout de même attachés à Bertrand Tavernier, Jean Delannoy, René Clement ou bien encore Julien Duvivier. Une belle carrière qu'il convient aujourd'hui de saluer.


Au milieu de ce couple, aujourd'hui mythique, apparaît un troisième larron du nom de Louis de Funès. A cette époque, l'acteur était alors en passe de devenir une grande vedette et de côtoyer, à tour de rôle, ces deux monstres sacrés qu'étaient Bourvil et Jean Gabin. L'année suivante, il sera à l'affiche de films véritablement décisifs dans la suite de sa carrière, Courte tête de Norbert Carbonnaux, Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey et en 1958, Ni vu ni connu d'Yves Robert. Lors de la séquence réunissant Bourvil, Gabin et De Funès dans la cave, ce dernier accentua ses fameux « tics », véritable marque de fabrique à ses débuts. Fernandel lui piqua sur le tournage du Mouton à cinq pattes. Ici, Gabin les lui reprocha, tout simplement. De Funès se contentera alors de cligner des yeux avec insistance et de crier fortement (à la limite de la caricature) lorsqu'il aperçoit Gabin découper une tranche de jambon. Malgré tout, le tournage se passa dans la bonne humeur, et la scène restera à jamais gravée dans la mémoire collective.

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