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lundi 27 mars 2017
mercredi 4 janvier 2017
Interview Claude Lelouch sur son court métrage de 1976
Interview de Claude Lelouche en 2006 sur son court métrage de 1976 "C'était un rendez vous" ou la traversée de Paris à haute vitesse en Mercedes
mercredi 21 décembre 2016
ROCK'N ROLL le nouveau film de Guillaume CANET
, Dans la collection films qui se ressemblent, je trouve que ROCK N ROLL a beaucoup de points communs avec le premier film d' Yvan Attal "ma femme est une actrice".
le nouveau film de Guillaume CANET débarquera dans les salles de cinéma début février 2017 Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.
mercredi 23 novembre 2016
histoire d'un film culte - LE GRAND DETOURNEMENT
Diffusé sur Canal+ le soir du 31 décembre 1993 en crypté, le programme connaît d'abord un succès d'audience forcément confidentiel qui ne cessera de gonfler au fil des années.
lire l'article de teleobs.nouvelobs.com/ en cliquant sur le lien ici
Michel Lecourt, qui travaillait à Warner Télévision, était fan des détournements. Il est allé voir le big boss de Warner à Burbank, en Californie, qui lui a signé un petit papier stipulant qu'on avait le droit d'utiliser les extraits du catalogue du studio pour une émission hommage au centenaire du cinéma [qui eut lieu deux ans plus tard, NDLR]. Un peu foireux comme autorisation, mais bon, c' est passé. Lecourt voulait se marrer, il nous donnait carte blanche, on pouvait se servir de tout comme on le voulait."Seul interdit : ne pas utiliser d'extraits de films de Stanley Kubrick ou de Clint Eastwood, les demi-dieux de la firme.
"Le nom de George Abitbol est venu comme ça, en regardant une scène du “Corsaire rouge”. Sans le son, on avait vraiment l'impression que Burt Lancaster disait ça." Et puis ? "Au bout d'un moment, il faut trouver un ou plusieurs héros. Une fois qu'on choisit John Wayne, James Stewart et consorts, on regarde tous les films avec eux, et on sélectionne les scènes susceptibles de porter une vanne, de raccorder avec un autre personnage, etc. Parfois, on se servait aussi de la dinguerie même des films comme ce western improbable avec des dinosaures, “la Vallée de Gwangi”."
"Des gens m'ont raconté l'avoir enregistré et avoir fait pendant des années copie sur copie de leur VHS, se souvient Hazanavicius. Et puis les types qui géraient la bandothèque [les archives] de Canal ont écoulé des copies à leurs potes et aux gens qui les leur demandaient. Au fond, je trouve ça très bien que “la Classe américaine” continue à exister dans un canal underground."
Il nous a contactés une fois parce qu'il lui manquait un plan d'horloge dont il ne retrouvait pas la source. Nous, ça faisait quinze ans qu'on avait fait le truc, c'est vous dire si on s'en souvenait...
mardi 22 novembre 2016
Au film des pages - Jean-Pierre Melville - podcast
1ère diffusion : 30/11/1972 Par Michel Bichebois https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/au-film-des-pages-jean-pierre-melville-1ere-diffusion-0
lundi 21 novembre 2016
lundi 17 octobre 2016
PIERRE ETAIX 1928-2016
"L’auteur de « Yoyo » et « Le Grand amour » s’inscrivait dans la lignée de Buster Keaton. Pierre Etaix, dessinateur devenu clown, acteur et cinéaste est mort vendredi 14 octobre à 87 ans"
lundi 10 octobre 2016
TAVERNIER Voyage à travers le cinéma français
Il a fallu six ans à Bertrand Tavernier pour venir à bout de la version cinéma de Voyage à travers le cinéma français. Le cinéaste, qui travaille actuellement sur une version longue, pour ne pas dire fleuve (trois fois trois heures), destinée à la télévision, nous éclaire sur les choix qui ont présidé à l’écriture et au montage du long-métrage.
Zérodeconduite : Comment a débuté cette vaste entreprise sachant que vous aviez déjà conçu des sommes sur le cinéma américain sous forme de volumes ? Pourquoi le choix de la forme documentaire ?
Bertrand Tavernier : J'avais effectivement sans cesse remanié mes ouvrages mais ils ne reflétaient qu'une partie de mes nombreux centres d'intérêt. Faire un documentaire sur le cinéma français plutôt que sur le cinéma américain facilitait la tâche du travail sur le terrain en matière de droits. Ayant travaillé avec les Américains, je savais que je ne disposais pas des contacts dont pouvait bénéficier Martin Scorsese. Il aurait fallu travailler aux États-Unis, à Los Angeles, contacter les studios. À la limite, il s'agit de la part accessoire de l'explication : j'avais surtout envie de parler de cinéastes qui avaient fait et faisaient toujours partie de ma vie. En parler non comme critique ou historien mais comme cinéaste et spectateur qui avait gardé des souvenirs amusés, drôlatiques, émerveillés liés à la découverte de ces films. Je voulais montrer combien ces films étaient vivants, qu'ils n'appartenaient pas à un passé révolu, qu'ils ne faisaient pas partie de quelque musée Grévin figé mais qu'au contraire ils pouvaient éclairer le présent. Ils pouvaient aussi aiguiser une curiosité nécessaire à notre époque si nous voulons nous en sortir.
Le projet fut donc de longue haleine ?
B.T. : J'ai effectivement tourné autour de cette idée durant de longues années. La BBC par exemple me proposait de faire des formats de 52 mn mais je n'arrivais absolument pas à m'insérer dans ce format : je ne voulais pas évoquer en quelques secondes 200 titres. Les deux ou trois fois où on m'a proposé ces possibilités de formes brèves, cela ne fonctionnait pas car je voulais parler longtemps des gens et films que j'aimais. Je n'arrivais pas à trouver le détonateur, le petit choc qui pouvait tout déclencher. Le temps passant, je constatai malheureusement que les chaînes de télévision publique capitulaient face à la nécessité de montrer le cinéma de patrimoine : il m'est apparu que c'était comme un devoir civique et une envie décuplée de parler de mes émotions les plus fortes à des personnes que je ne connaissais pas.
Vous dites que le film a mis du temps à prendre forme. À quel moment vous êtes vous dit qu'il fallait se lancer ?
B.T. : C'était au moment de La Princesse de Montpensier. Nous en avions parlé avec Studio Canal mais des liens jusque-là plutôt cordiaux se sont détériorés, pas tant avec l'équipe cinéma de Studio Canal qu'avec la nouvelle direction. J'ai attendu en vain des réponses. Je commençais à me décourager, mais je pensais néanmoins qu'un gros détenteur de droits de films de patrimoine pouvait être intéressé par ce relais de son catalogue auprès d'un large public, soit dans un film de cinéma soit sous forme de série, que ce soit dans les centres culturels, les écoles ou autres. Jérôme Soulais de Gaumont s'est dit que le rêve que je poursuivais devait être réalisé. Jérôme Seydoux de son côté a assisté à une présentation de Justin de Marseille de Maurice Tourneur dans le cadre de la SACD, et s'est dit qu'il fallait porter le projet. Ainsi Pathé et Gaumont se sont joints à l'entreprise.
Lorsque le projet était enfin amorcé, quel fut le premier geste créatif ?
B.T. : Ce fut d'abord l'écriture, ce qui est complexe car comme le dit Marcel Ophüls « Ecrire un scénario de documentaire est une escroquerie, car trop de paramètres sont inconnus avant le tournage si on est honnête dans sa préparation ». En effet quand on lit le scénario que j'ai écrit au départ, on retrouve certes quelques éléments mais le film a beaucoup évolué : la disponibilité ou l’absence de disponibilité des films, l'importance finale de tel metteur de scène qui induisait un changement d'angle d'attaque, de ton, autant de paramètres qui ont forcément modifié l'approche initiale... Il y avait, comme dans une fiction, une construction qui s'imposait : comme les personnages imposent un fonctionnement à une fiction, le matériau que j'utilisais dictait sa structure au film. Dans L627 le parti pris de narration adopté, à savoir l'omniprésence du point de vue des policiers, a dicté l'impossibilité d'aller ailleurs : le film rejetait des plans. Le travail s’apparente finalement à celui d’une fiction : si on n'a pas tel acteur, telle lumière, on est obligé d'avancer quand même. Cela me rappelle La Vie et rien d'autre, quand je constatai avec horreur que la scène d'enterrement se ferait sous le soleil. Philippe Noiret me tranquillisait et il avait raison, car cela a apporté une vraie originalité : pourquoi un enterrement se ferait-il obligatoirement avec un ciel gris ? En somme, la structure a éliminé d'elle-même certains cinéastes et films d'abord envisagés, qui ne trouvaient pas leur place organique dans l'ensemble.
Pour ce qui est de la structure, ne pourrait-on parler d'une part autobiographique qui constituerait un fil rouge important, mais pas unique ?
B.T. : Cela a effectivement facilité des entrées et apportait une variété de films et d'auteurs considérable. Le côté historien de cinéma n'aurait pas fonctionné. Il me fallait parler comme cinéaste et spectateur : je pense à cette séance vécue en compagnie d'un autre spectateur qui mangeait des petits pois durant la projection. Je plains ceux qui n'ont pas vécu des expériences de ce type, que la programmation "dadaïste" d’Henri Langlois à la Cinémathèque suscitait : autre exemple, cette découverte d'un Sternberg en version… vietnamienne, qui est un moment vraiment cocasse ! Imaginez Robert Mitchum parlant vietnamien avec une voix très pointue : le fou rire qui nous a pris demeure un souvenir formidable. Il m'est devenu impossible de revoir sérieusement ce film à cause de cette séance mémorable. Il en va de même pour le nombre de fois où l’on a pleuré à la fin de Casque d'or de Jacques Becker : cela apparaît comme un moment-clé d'une vie de spectateur, tout comme les dernières images de Classe tous risques de Claude Sautet qui m'ont cloué sur mon fauteuil.
Il est très beau que vous soyez entré dans le cinéma français à 6 ans avec un Becker, Dernier atout.
B.T. : Comme je l'ai dit, j'aurais pu tomber plus mal. La plupart des films que j’ai aimés à 9, 10, 12, 15 ans sont des films que j'adore toujours. Les Trois lanciers du Bengale, Le Réveil de la sorcière rouge, Les Aventures du capitaine Wyatt pour les USA. Pareil pour les films français comme Casque d'or : tous ces chocs liés à l'enfance ou à l'adolescence n'ont jamais cessé de faire leur chemin dans ma vie de spectateur.
Vous commencez votre documentaire de manière très forte avec Jacques Becker, qui semble un condensé de choix dramatiques, thématiques, stylistiques qui irrigueront votre travail de cinéaste.
B.T. : Je retrouve chez lui un culte de la "décence ordinaire", comme je l'explique dans le film, vision du monde qui va de pair avec la grande importance accordée à la justesse du rendu du travail des personnages de ses films. Chez moi aussi, les gens travaillent, mettent les mains dans le cambouis. Mes péripéties sont conditionnées comme chez lui par les conditions de vie et de travail, pas par des options scénaristiques. Commençant par Becker, je devais finir par Sautet, qui est l'héritier absolu de Becker. C’est un fait que nombre de commentateurs se sont obstinés longtemps à ne pas comprendre : il a fait les frais d'une vision cléricale et dogmatique de Sautet, dont on découvre année après année toute la fausseté et la bêtise.
Cette relation Becker/Sautet nous ramène aux choix chronologiques du documentaire.
B.T. : Becker correspond à mes débuts de spectateur. Quant à Claude, il signifie mes premiers pas dans la critique et les débuts d'une amitié très forte. De la même manière que Becker capture l'esprit d'une époque, notamment dans Rendez-vous de juillet ou Antoine et Antoinette, Sautet capture le parfum d'une époque voire en anticipe les grandes lignes de force : le poids croissant du chômage, la fermeture des petites entreprises, le management agressif dans le magistral Quelques jours avec moi. En somme je commence et finis le film par un cinéaste qui réussit à capter l'essence de son époque. Becker a reçu le même type de critiques hostiles que Claude Sautet. Tous deux sont encore d'ailleurs très sous-estimés à l'étranger. J'ai commencé par un cinéaste dont j'aurais rêvé d'être l'ami, et finis par un cinéaste qui a été un très grand ami, quelqu'un qui a totalement marqué ma vie.
Parallèlement à ces deux cinéastes qui mériteraient d'être reconnus à leur juste mesure, on est frappé par trois autres noms eux très reconnus : Carné, Renoir et Melville, cinéastes que vous évoquez avec admiration mais avec mesure.
B.T. : Je suis très admiratif mais je ne veux pas être dans l'éloge béat. Par exemple, concernant Melville, j'avais un passage plus long, coupé au montage, où je disais que dans Le Doulos un truc m'a toujours gêné, malgré ses immense qualités que je trouve même de plus en plus patentes. Pendant la conversation au téléphone de Belmondo qui appelle l'inspecteur de police, on ne sait pas ce qui se dit et le spectateur en déduit que le personnage est un mouchard. Ce n’est qu’après il nous révèle qu'il n'en était rien. C'est tout le contraire d'Hitchcock. Rivette, je m'en rappelle car j'étais attaché de presse du film, pensait exactement la même chose : il estimait que ce passage était particulièrement critiquable tout comme il estimait douteux de transformer des gangsters en héros de tragédie classique alors que ce sont en somme des personnages qui pourraient être apparentés aux pires exactions de l'occupation. Je peux, tout en remarquant ces défauts, mettre en lumière les qualités immenses de Léon Morin prêtre qui est sous-estimé, de L’Armée des ombres et bien sûr du Silence de la mer dont je parlerai plus longuement dans la série.
Pour Renoir vous en arrivez à montrer qu'une certaine lecture critique initiée par Truffaut , celle d'un naturel intuitif, d'une improvisation en totale liberté, est erronée.
B.T. : Ce que je critique, c'est la manière de reprendre sans distance ses propos, de les reprendre comme paroles d'évangile. Le problème est que ces erreurs initiales sont reconduites à l'infini comme des dogmes. Ces témoins ne sont pas des historiens de cinéma et par ailleurs, comme j'ai pu le constater Renoir était très convaincant, en arrivant même à croire lui-même à sa réécriture des événements. La Bête humaine par exemple est tourné en studio de même que les deux tiers de La Règle du jeu. Je n'en fais pas une arme contre Renoir, bien au contraire : tournant en studio, suivant des scénarios très écrits de manière très scrupuleuse, refusant toute improvisation, il réussit à nous faire génialement croire au naturel et à l'impression d'improvisation. Le fameux plan séquence du Crime de M. Langeest génial car il est coupé en deux plans sans que cela se voit vraiment. Michael Powell disait que le metteur en scène doit faire sortir un lapin du chapeau. Ses admirateurs croient le louer parfois en en faisant un improvisateur mais ils le diminuent. Il respectait le scénario de Spaak car lui-même savait écrire, diriger un comédien. Renoir avait raison par ailleurs d'écouter les conseils de collaborateurs contrairement à d'autres réalisateurs qui se sentaient tenus d'agir en « dictateurs ».
Le parallèle avec Carné est intéressant : il est un auteur qui était un roc, comme vous le dites dans le film mais avait besoin de collaborateurs notamment de bons scénaristes. On a joué Renoir contre Carné pour le décrédibiliser.
B.T. : On n'arrête pas hélas de jouer les gens les uns contre les autres. Contrairement à Renoir, Duvivier ou Grémillon, sa contribution au scénario était minime voire nulle. Ce n'était pas un écrivain, un « auteur » mais sa maîtrise et sa rigueur dans le découpage faisaient qu'il parvenait souvent à transcender les scénarios. Prévert me semble injuste avec lui et de manière générale les scénaristes n'ont qu'une vue limitée de leur collaboration avec le cinéaste. Certes Carné laissait à Prévert le soin de la distribution des rôles, point qu'il ne sentait absolument pas, mais de son côté Prévert ne comprend pas combien, en une dizaine de plans sur le palier du Jour se lève, Carné magnifie la séquence : avec peu de "couverture", cela témoigne d'une science du découpage extraordinaire. Le travail de Prévert, parfois trop littéral, est comme illuminé par Carné. Prévert s'est trompé je pense quand il reprochait aussi à Grémillon la musique religieuse de la fin de Remorques, ajout qu'il jugeait bigot alors que cela donne une portée tragique incomparable au film.
D'un point de vue structurel, Gabin est encadré dans le film par Renoir et Carné ce qui est magnifiquement amené. Alors qu'on croit le connaître par cœur, votre film donne l'impression d'en redécouvrir la grandeur.
B.T. : Gabin est au cœur du cinéma français et j'ai longtemps cherché l'équivalent féminin pour équilibrer. Danielle Darrieux a le même pourcentage de réussites en matière de qualité des films. Elle aussi a été géniale toute sa vie. Cependant l'importance du segment consacré à Gabin est aussi justifié à la fois par ses éléments biographiques forts (départ de la France en 1940, engagement dans la campagne d'Italie) et par sa position de force dans le cinéma d'avant-guerre, qui l'a amené à être à l'origine d'une bonne dizaine de grands films. Il achetait les droits des livres et s'est mouillé très tôt dans le processus créatif. Il a continué après guerre notamment sur La Traversée de Paris, à l'origine duquel il y avait une nouvelle dont les droits furent acquis par Aurenche et lui-même. Mais l'amoureuse d'Aurenche oublia malencontreusement le nom de Gabin devant un producteur, ce qui le mit en colère et différa la conception du le film durant trois ans ! En fait aucune actrice n'avait ce pouvoir. Gabin s'est conduit remarquablement avec Grémillon, Carné, Duvivier ou Renoir et je voulais casser ce cliché selon lequel la seconde partie de sa carrière serait mauvaise. Je pourrais citer bien sûr Le Plaisir de Max Ophüls où il est sublimissime, mais d'autres films sont souvent des titres que les spectateurs ne cherchent pas à connaître : La Nuit est mon royaume, Des Gens sans importance ou encore Maigret tend un piège et Le Président, où il est assez extraordinaire.
Il y a ce moment de votre documentaire où, preuve à l'appui, vous démontrez son « génie » de comédien par un montage de gestes ou de déplacements.
B.T. : Il amenait indéniablement quelque chose par son souci du geste juste, de l'intonation pensée à l'économie. Henri Decoin disait que sur le plateau il était le vrai metteur en scène et Gabin disait réciproquement de Decoin qu'il était un « metteur », ce qui dans sa bouche était un immense compliment. Il y avait chez Gabin un côté profondément français, une langue extraordinaire.
Cela me rappelle cette citation mémorable concernant Renoir « comme metteur un génie, comme homme une pute ».
B.T. : Il était attaché à certaines valeurs et du coup fut profondément blessé par l'attitude de Renoir en 1940. La lettre lue dans le film, qui montre ses possibles complaisances envers Vichy, fut une exception partagée par aucun grand cinéaste (parmi Clair, Grémillon, Carné, Duvivier... nul ne tiendra de tels propos) ou scénariste (Spaak, Prévert, Aurenche, Bost...). Gabin a été choqué et les retrouvailles sur French Cancan n'eurent rien de chaleureux contrairement à celles avec Duvivier sur Voici le le temps des assassins.
Cette sorte de déférence envers le pouvoir quel qu'il soit, au risque de l'incohérence, est particulièrement bien montrée dans le film sans pour autant déboucher sur un jeu de massacre.
B.T. : Le plus étonnant est que bien des témoins confirment qu'on n'arrivait même pas à lui en vouloir. Et c'est sûrement à porter à son crédit. J'ai essayé de montrer que les vérités sont complexes et voulu me refuser à toute ostracisation de telle ou telle figure. J'évoque toujours un être humain sans chercher à occulter ses zones d'ombre.
En matière de révélation de zones d'ombre, deux chapitres sont particulièrement précieux : celui consacré aux musiciens, et le module sur Maurice Jaubert qui laisse éclater toute la force de son œuvre.
B.T. : Jaubert est une manière pour moi d'évoquer Jean Vigo car leur accord fut d'une force incroyable. Jaubert me semble poser là les bases de ce que devrait être la musique de film : choix d'une petite formation, de timbres qui ne sont pas des instruments hollywoodiens (saxophone, percussions, accordéon...). Tout cela provient de Kurt Weill et non de Mahler, ce qui amène alors une modernité, une intelligence qui laisse penser que nous eûmes là une « nouvelle vague » musicale dans les années trente.
Cela amène vers l'hommage que vous rendez à Truffaut par Jaubert interposé, hommage qui prouve que les querelles de chapelle un temps mises en valeur sont transcendées par votre film.
B.T. : Je serai éternellement reconnaissant envers Truffaut d'avoir réédité — et personne ne l'a fait en dehors de lui — ce disque de musiques de Jaubert. Musique de L'Atalante bien sûr mais aussi ces œuvres symphoniques graves, très belles, très inspirées qu'il utilisera dans La Chambre verte. Dès le début du film, je le cite d'ailleurs qui disait des choses passionnantes sur Becker. Je me sens libre d'admirer tout autant des propos, positions, travaux de Truffaut, Chabrol ou Godard que ceux de Becker ou Claude Autant-Lara. Je sais apprécier ce qu'ont amené les uns et les autres.
La citation liminaire de Godard sur votre commune identité d'enfants de la Libération et de la Cinémathèque à ce propos est très belle. Elle rompt à sa manière certaines doxas qui ont la vie dure.
B.T. : Cette doxa persiste mais je la crois très « provinciale » : tout cela n'existe plus ailleurs que dans certains cercles étroits. Tant pis si certains s'accrochent à de tels clichés : René Clément, cinéaste de la Qualité française ?! Alors qu'il a fait La Bataille du rail tandis que la guerre n'était pas achevée, en son direct, avec des acteurs non-professionnels ! Les Maudits, de la "qualité française" ? Quelques titres tels Barrage contre le Pacifiqued'accord, mais pas ces films-là ou Monsieur Ripois et Jeux interdits qui demeurent très beaux et étonnants.
(...)Retrouvez la suite de cet entretien sur le site pédagogique du film.
Propos recueillis par Jean-Jacques Manzanera, professeur de cinéma
http://www.zerodeconduite.net/blog/19274-voyage-b-travers-le-cinb-ma-franb-ais-entretien-avec-bertrand-tavernier.html#.V_tOu_mLRpi
AU REVOIR MONSIEUR CINEMA - Pierre TCHERNIA 1928-2016
Il fut « Monsieur cinéma » et « L’Ami public nº 1 ». Le titre de cette émission seyait bien à son large sourire et son caractère jovial. Le réalisateur et journaliste Pierre Tchernia est mort à l’âge de 88 ans, a annoncé son agent samedi 8 octobre 2016



source
http://www.sudouest.fr/2016/10/08/en-images-pierre-tchernia-dans-notre-region-2528528-4774.php

http://www.selenie.fr/2016/10/deces-de-monsieur-cinema-pierre-tchernia.htmlRéécoutez la Radioscopie de Pierre Tchernia
https://www.franceinter.fr/culture/hommage-reecoutez-la-radioscopie-de-pierre-tchernia
vendredi 2 septembre 2016
Michel Blanc Interview - partie 3
Celui qui a été
"bronzé" et a croisé Pialat, Sautet, Blier est aujourd'hui à
l'affiche d'Un petit boulot. Ce qui valait bien une longue rencontre.
Pourquoi avoir laissé
passer dix ans entre vos deux réalisations, Marche à l'ombre et Grosse fatigue?
J'ai mis longtemps à me libérer
du blocage du type qui, après un succès, ne veut pas refaire le même film, tout
en doutant d'être capable d'écrire autre chose. Et puis le producteur Patrice
Ledoux a eu l'idée de nous réunir, Bertrand [Blier] et moi, pour que je réalise
un film que Bertrand écrirait. J'étais hyper flatté. Mais Bertrand ne sait pas
à quel point il est inhibant, à force d'avoir une idée dingue toutes les deux
secondes. Il est impossible à suivre et on finit par ne plus parler du tout!
J'ai donc jeté l'éponge.
Mais j'aimais l'idée de faire un
film sur le milieu du spectacle. J'avais d'ailleurs développé des projets dans
ce sens avec Jacques Audiardque j'ai fait souffrir tellement
je ne savais pas où je voulais aller. Et là, avec ce parti pris de faire jouer
aux gens leur propre rôle, j'avais trouvé le moyen de parler, avec du recul, de
la notoriété et de la folie des rapports entre les vedettes et le public. J'ai
d'ailleurs été extrêmement touché de recevoir le prix du scénario à Cannes.
Cinq ans après, j'ai réalisé Mauvaise
passe, qui a
été un échec. Et, comme après une chute de cheval, j'ai voulu me remettre tout
de suite en selle avec Embrassez qui vous voudrez.
L'inhibition qui m'envahit après un succès
s'envole dans ces moments-là.
On vous a ainsi notamment
retrouvé dans Aladin au côté
de Kev Adams.
Qu'est-ce qui vous avait attiré dans ce projet?
Son réalisateur Arthur Benzaquen
jouait dans Les souvenirs, que j'ai adoré tourner. Il m'a
fait passer son scénario à ce moment-là. Ce n'était, certes, pas mon univers,
mais je n'avais jamais joué de rôle de composition. J'ai toujours pensé que ce
n'était pas mon truc, car je suis plus un verbal qu'un physique. J'ai donc
voulu relever ce pari.
On vous retrouve acteur dans Un petit boulot, dont vous avez aussi écrit le
scénario, d'après le roman d'Iain Levison. Vous n'avez jamais pensé le mettre
en scène vous-même?
On me l'a proposé, mais cela
aurait été une erreur. Car j'aurais sans doute abîmé le fragile équilibre du
film entre un fond social très fort - et je ne suis pas Ken Loach! - et la comédie, vers laquelle il aurait
alors spontanément basculé. Pascal [Chaumeil], lui, a brillamment su le
conserver. Mais l'envie de réaliser est revenue. Je suis en train d'écrire
quelque chose...
jeudi 30 juin 2016
SULLY le nouveau film de CLINT EASWTOOD
Sully marque la première collaboration entre le réalisateur Clint Eastwood qui signe ici son 35e long métrage et l'acteur américain Tom Hanks. http://toutlecine.challenges.fr/cinema/l-actu-cinema/0003/00033661-decouvrez-la-bande-annonce-de-sully-de-clint-eastwood.html
vendredi 13 mai 2016
ILS SONT PARTOUT le nouveau film d'YVAN ATTAL
Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces
C'est le producteur Thomas Langmann qui a proposé à Yvan Attal de faire un film avec lui ; ce dernier a alors sauté sur l'occasion pour lui parler de Ils sont partout, un film "un peu particulier" selon le cinéaste. Le sujet n'a pas fait peur à Langmann, donnant carte blanche au metteur en scène. Attal s'est ensuite attelé à écrire le scénario avec Emilie Frèche, déjà responsable du scénario de 24 jours d'Alexandre Arcady, le film retraçant l'affaire Ilan Halimi : "Emilie Frèche s’est imposée. Elle avait déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On a écrit ce scénario et puis tout d’un coup est arrivé la tragédie de Charlie Hebdo et l’hyper cacher. Le scénario était déjà dans les chaînes en lecture. Le jour où je suis arrivé chez France 2 pour défendre le projet, il y avait dans le bureau une télé avec la prise d’otages en direct de l’hyper cacher... Mais mon film n’est pas du tout un film d’actualité mais un film de société. Il parle du malaise que je ressens en tant que juif, dans mon pays, la France", confie le réalisateur
Ils sont partout est ce qu'on appelle un film à sketches. L'intrigue est reliée par un fil rouge, celui du personnage d'Yvan confiant ses angoisses à son psy, notamment son obsession, celle de se sentir persécuté en tant que juif : "Les sketches sont là pour démonter de façon comique ces clichés antisémites mais je cherchais aussi un moyen de replacer le film dans un contexte social justement, plus réaliste de la France d’aujourd’hui et de raconter le rapport forcément passionnel que les juifs entretiennent avec l’antisémitisme. (...) Le choix des sketches s’est imposé, car d’un point de vue dramaturgique, il n’était pas possible, dans une même histoire, d’aborder tous les préjugés sur lesquels se fonde l’antisémitisme. A la fois trop nombreux et trop disparates, ils méritaient chacun d’être illustré – et démonté – dans une histoire propre", explique Yvan Attal.
Pour Yvan Attal, il est très important de parler de la montée de l'antisémitisme et ne pas laisser ce sujet devenir tabou dans la société. En parler est une solution pour commencer à l'enrayer : "La haine anti-juive a ces dernières années violemment refait surface en France comme dans d’autres pays d’Europe, plus personne ne peut le nier. On tue aujourd’hui en France des gens parce qu’ils sont juifs ! On préfère être dans le déni ? Ne pas vouloir en parler est presque pire... (...) « Mal nommer les choses, disait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. » Eh bien, je crois comme Camus. Je crois qu’il faut continuer à dire les choses, à les répéter inlassablement, surtout en ces temps où on veut moins les entendre – voilà pourquoi ce projet me tient tant à coeur, pourquoi il devenait nécessaire pour moi de faire ce film. Je n’ai pas l’espoir de faire changer l’avis des antisémites – mais je me dis en revanche que si je pouvais faire réfléchir les nouvelles générations ça serait déjà énorme".
Pour interpréter les différents personnages de son film, Yvan Attal a fait appel à de nombreuses stars comme Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Grégory Gadebois, Denis Podalydès, Gilles Lellouche et François Damiens : "Je les remercie, pour leur participation, leur engagement et leur créativité. J’ai été frustré de ne tourner que quelques jours avec chacun d’entre eux. Mais la tristesse d’en voir partir un était apaisée par l’arrivée d’un nouveau ! C’est l’avantage d’un film à sketches, on peut d’un coup, sur un seul film rencontrer et travailler avec tous les acteurs qu’on aime. Il y en a quelques autres évidemment, comme il y avait d’autres clichés à traiter", confie le cinéaste.
http://www.allocine.fr/film/fichefilm-235734/secrets-tournage/
lundi 25 avril 2016
LA DRÔLE DE RENCONTRE PRINCE - KEVIN SMITH
Génie pop, Prince était aussi célèbre pour sa tendance à la mégalomanie. Contacté par le chanteur en 2001, le réalisateur Kevin Smith («Clerks«, «Dogma») a raconté avec humour sa rencontre avec His Royal Badness
.
.
Il souhaitait simplement utiliser une chanson de Prince dans l'un de ses films. En 2001, le réalisateur Kevin Smith (Clerks, Zach et Miri font un porno…) tente de joindre à plusieurs reprises le bureau de l’icône de la pop. Mais lorsque l’intéressé finit par le contacter, Kevin Smith se retrouve embarqué dans un tout autre projet : un documentaire fumeux commandé par une star complètement lunaire, comme le réalisateur l’a raconté avec humour lors d’une conférence visible sur Youtube.
Dès le début, rien ne se passe normalement. Le bureau du chanteur appelle une première fois. «Restez près du téléphone, Prince va vous rappeler», explique-t-on à Kevin Smith. Que l’on recontacte vingt minutes plus tard. «C’est à nouveau le bureau de Prince. Il va vous rappeler dans vingt minutes». Le réalisateur attend. Vingt-cinq minutes plus tard, le téléphone sonne pour la troisième fois. «Prince va vous rappeler dans dix-neuf minutes».
«A ce moment-là, je me dis que c’est du génie, se marre Kevin Smith.Dix-neuf minutes, cela paraît tellement bien organisé. Même si c’est la troisième fois qu’ils appellent !» D’autres appels suivent. Le soir venu, la voix de Prince résonne enfin au bout du fil. Le chanteur assure être un fan de Dogma, ce film complètement barré de Kevin Smith qui met en scène anges, apôtres et démons bloqués sur Terre. Le problème, c’est que plus Prince parle du long-métrage, moins Kevin Smith reconnaît son film…
«En gros, je veux changer le monde d’ici la fin de la semaine»
«Il nomme bien les personnages, mais il parle de choses que je ne me souviens pas du tout avoir écrites, raconte le réalisateur. Il se met à parler de plus en plus de spiritualité, de religion, de foi…» Peu à peu, la conversation se transforme en une sorte de prêche interminable et de plus en plus étrange. «Si un grand serpent donne naissance à un petit serpent, que va devenir ce petit serpent ?» demande par exemple le chanteur. «Un grand serpent ?» répond son interlocuteur.«Exactement… Tu dois savoir qui est ton père», professe alors Prince.
Il finit tout de même par dévoiler son intention : monter un documentaire qui capterait les réactions de ses fans en train de découvrir son nouvel album, chez lui, à Paisley Park, dans le Minnesota. Le projet se précise – est-ce vraiment le mot ? –lorsque les deux hommes se rencontrent, avant le tournage. «En gros, je veux changer le monde d’ici la fin de la semaine», explique tranquillement Prince.
En aparté, sa productrice tente de rassurer Kevin Smith, qui, de plus en plus inquiet, commence à douter de sa capacité à réaliser un tel projet. «Je vais vous expliquer quelque chose sur Prince, pose-t-elle.Prince vit dans le monde de Prince depuis bien longtemps. Prince peut venir à 3 heures du matin et réclamer un chameau. Vous pourrez lui expliquer que vous êtes dans le Minnesota, en janvier, et qu’il est 3 heures du matin, il ne comprendra pas qu’il est impossible de remplir cette simple requête. Trouver un chameau à 3 heures du matin dans le Minnesota».
Un film promotionnel pour les témoins de Jéhovah
Pendant le tournage, le réalisateur passe de surprise en surprise. Il se rend notamment compte que Prince enregistre tout ce qui se passe, et qu’il écoute parfois ces prises de son dans une autre pièce. Dans les brèves discussions qu’ils peuvent avoir, les réponses semblent toujours codées. Le sens de ses interventions, face à son public, n’est pas plus limpide. Après quelques jours à ne jamais vraiment avoir compris ce qu’il faisait là, Kevin Smith quitte finalement la demeure du chanteur sans que celui-ci ne prenne la peine de le saluer ou de le remercier. Il a pourtant travaillé gratuitement… Pour rien : Prince songera un temps à le monter pour un film promotionnel des témoins de Jéhovah, mais le travail ne sera finalement jamais achevé.
Après la mort de l'artiste, jeudi, Kevin Smith a posté un hommage ému à la star sur Twitter, évoquant la perte d’un «des plus grands artistes de tous les temps». Quant à «The Most Beautiful Girl in the World», la chanson pour laquelle Kevin Smith tentait, au départ, de joindre Prince…Il n’a jamais eu le droit de l’utiliser.
La conférence de Kevin Smith (en anglais uniquement) :
Il finit tout de même par dévoiler son intention : monter un documentaire qui capterait les réactions de ses fans en train de découvrir son nouvel album, chez lui, à Paisley Park, dans le Minnesota. Le projet se précise – est-ce vraiment le mot ? –lorsque les deux hommes se rencontrent, avant le tournage. «En gros, je veux changer le monde d’ici la fin de la semaine», explique tranquillement Prince.
En aparté, sa productrice tente de rassurer Kevin Smith, qui, de plus en plus inquiet, commence à douter de sa capacité à réaliser un tel projet. «Je vais vous expliquer quelque chose sur Prince, pose-t-elle.Prince vit dans le monde de Prince depuis bien longtemps. Prince peut venir à 3 heures du matin et réclamer un chameau. Vous pourrez lui expliquer que vous êtes dans le Minnesota, en janvier, et qu’il est 3 heures du matin, il ne comprendra pas qu’il est impossible de remplir cette simple requête. Trouver un chameau à 3 heures du matin dans le Minnesota».
Un film promotionnel pour les témoins de Jéhovah
Pendant le tournage, le réalisateur passe de surprise en surprise. Il se rend notamment compte que Prince enregistre tout ce qui se passe, et qu’il écoute parfois ces prises de son dans une autre pièce. Dans les brèves discussions qu’ils peuvent avoir, les réponses semblent toujours codées. Le sens de ses interventions, face à son public, n’est pas plus limpide. Après quelques jours à ne jamais vraiment avoir compris ce qu’il faisait là, Kevin Smith quitte finalement la demeure du chanteur sans que celui-ci ne prenne la peine de le saluer ou de le remercier. Il a pourtant travaillé gratuitement… Pour rien : Prince songera un temps à le monter pour un film promotionnel des témoins de Jéhovah, mais le travail ne sera finalement jamais achevé.
Après la mort de l'artiste, jeudi, Kevin Smith a posté un hommage ému à la star sur Twitter, évoquant la perte d’un «des plus grands artistes de tous les temps». Quant à «The Most Beautiful Girl in the World», la chanson pour laquelle Kevin Smith tentait, au départ, de joindre Prince…Il n’a jamais eu le droit de l’utiliser.
http://next.liberation.fr/musique/2016/04/22/tu-dois-savoir-qui-est-ton-pere-la-drole-de-rencontre-prince-kevin-smith_1447974
lundi 11 avril 2016
Bertrand Tavernier : "Le western, c'est le contraire du libéralisme
Le réalisateur de "Quai d'Orsay" lance, chez Actes Sud, une collection de romans qui ont inspiré les plus grands westerns. Il s'en explique dans "l'Obs" cette semaine. Extrait
Le Nouvel Observateur Quel
est votre premier souvenir de western?
Bertrand Tavernier Quand j'étais petit, à Lyon, mon père m'emmenait souvent au
Triomphe voir des films de guerre et des westerns. Il voulait sans doute me
montrer, lui qui était lié aux milieux littéraires, qu'il ne considérait pas le
cinéma comme un divertissement inférieur. Il n'y avait d'ailleurs pas que les
films qui m'enchantaient à l'époque, il y avait aussi tout le déroulement des
séances. Le dessin animé, qui devait être un «Bugs Bunny», la présentation du
film de la semaine suivante.
Ces romans qui sont à
l'origine de beaucoup des grands westerns que vous avez aimés ne sont-ils pas
assez conservateurs, avec par exemple une image péjorative des Indiens?
Pas
toujours, non. Dans «Terreur apache», Burnett est fidèle aux personnages qu'il
décrit, jusque dans leurs préjugés. C'est aussi vrai de tous ses romans noirs,
car il était aussi un spécialiste du genre. Quand tel et tel personnage, issus
de différentes ethnies, se vomissent mutuellement, Burnett le garde, parce que
c'est la vérité du monde qu'il connaît. Donc il n'édulcore pas.
Ça ne
veut pas dire qu'il les approuve. Dans «Terreur apache», il montre l'état
d'esprit d'un éclaireur en 1882, pour qui les Apaches étaient des gens d'une
cruauté inouïe. Mais quand Burnett parle des Indiens en son nom, il explique
qu'ils étaient, comme les Spartiates, parmi les plus grands guerriers de
l'histoire.
Si vous prenez le
chef-d'oeuvre d'Aldrich, «Fureur apache», avec Burt Lancaster, un des plus
grands westerns des années 1970 et une extraordinaire allégorie sur la guerre
du Vietnam, c'est un peu pareil. Il y a un personnage de colon que les Indiens
ont écorché vif, et non seulement ça, mais ils lui ont mis la queue d'un chien
dans la bouche. Quand on demande à Lancaster pourquoi ils ont fait ça, il
répond: «Humour
apache.»
Pourquoi le western est-il aussi en
vogue ?
Parce
qu'il y a une fascination, dans un monde qui s'est sururbanisé, pour cet
univers. Il y a tout dans un western. Même dans nos négociations à Bruxelles,
on a souvent utilisé la philosophie du western, parce que c'est le contraire du
libéralisme à tout crin. On expliquait ça aux négociateurs américains.
Dans
tout bon western, les cattle barons veulent un
droit de pâture universel pour leurs troupeaux, et se heurtent aux éleveurs qui
installent des clôtures. Et les westerns disent que les éleveurs ont raison.
C'est ce qu'on leur expliquait: vous prêchez contre votre propre cinéma.
Si
les hommes politiques allaient voir davantage de westerns, ils apprendraient à
mieux nous défendre contre les gens d'internet qui sont les cattle
barons d'aujourd'hui. Des gens qui ne respectent aucunement la
propriété d'autrui. [...]
Rencontre avec Bertrand Tavernier lien vers interview http://www.franceculture.fr/emissions/les-tetes-chercheuses/la-litterature-western-avec-bertrand-tavernier
mardi 12 mai 2015
LUNE DE FIEL s'affiche
jeudi 16 avril 2015
MICHEL VOCORET parle de son film LE RETOUR DES BIDASSES EN FOLIE
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