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lundi 31 juillet 2017
mercredi 26 juillet 2017
mardi 4 avril 2017
mercredi 1 mars 2017
Alfred Hitchcock et François Truffaut - Les amants du capricorne

En 1962, Alfred Hitchcock donna un long entretien à François Truffaut. En 1999, une partie de cet entretien fut diffusée en 25 épisodes sur France Culture
En 1962, François Truffaut envoyait une lettre à Alfred Hitchcock pour lui proposer une série d'entretiens. Ils furent enregistrés en 1962, après l'achèvement des Oiseaux. Cela donna un livre fameux réalisé à partir de 52 bobines de 30 minutes. En 1999, Serge Toubiana et Nicolas Saada proposaient d'en faire entendre sur France Culture 25 bobines dans leur intégralité. Dans la seizième, diffusée ce soir, il est question de son film Les Amants du capricorne sous-estimé par beaucoup et par Hitchcock lui-même. Il s'en expliquait à François Truffaut.
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vendredi 20 janvier 2017
Luís Rego – Interview
LuxNoize vous propose une rencontre exceptionnelle et privilégiée avec une véritable icône, à la carrière prolifique et indispensable !
Homme de théâtre, de cinéma, humoriste et fin musicien, Il a côtoyé des grands, comme lui… Antoine, Coluche, Desproges, Louis de Funès, Chuck Berry, Wolinski, la liste est longue…
Il a fait le Charlot sans Problèmes… il a été G.O. « sans Bobo » dans Les Bronzés… il a fait pleurer de rire Jean-Marie Le Pen (et toute la France), avec la cultissime « Journée d’un Fasciste », (au Tribunal des flagrants délires, sur France Inter) …
Ambiance cosy et décontractée dans son home sweet home… entre anecdotes et confessions intimes, notre invité se livre et se montre toujours en verve…
Avec son humour, son éternel sourire, son charisme et sa vision personnelle du monde, il se prête au jeu, et ensemble nous revisitons son parcours, dés ses débuts (lorsqu’il quitte le Portugal, en 62, pour échapper à la guerre en Angola), jusqu’à aujourd’hui, évoquant ses nouveaux projets…
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mercredi 21 décembre 2016
Acteurs vs doublures numériques
Depuis 5 ans, les doublures numériques s'imposent naturellement au cinéma , on a pu le constater avec le dernier star wars. Depuis Terminator renaissance ou Benjamin Button, Thierry lhermitte donnait déjà son avis en 2010
LE FIGARO. Que pensez-vous de la création de l'ADN, l'Agence de doublures numériques ?
Thierry LHERMITTE. J'ai eu récemment l'occasion de voir le film des studios L'EST sur la création d'une doublure numérique. C'est quelque chose d'extraordinaire. Mais attention, il ne faut pas croire qu'on va ainsi pouvoir faire rejouer Humphrey Bogart, Marilyn Monroe ou même Coluche, comme ça, d'un coup, comme par magie. Utiliser des doublures numériques cela relève d'abord du talent du créateur de ladite doublure. Avec l'aide des effets numériques, ceux qui créent de tels « avatars » sont avant tout des marionnettistes qui glissent leurs mains dans une enveloppe vide et lui donnent vie avec plus ou moins de génie.
Quels sont les problèmes soulevés par la création d'une telle agence ?
Je crois avant tout qu'ils sont d'ordre juridique. On le voit avec Avatar ou L'Étrange Histoire de Benjamin Button, il est désormais possible de recréer le visage et le jeu de comédiens célèbres. Cela ouvre des possibilités formidables. Je l'avais déjà rêvé il y a quinze ans, à l'époque du tournage de mon film Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück, en 1991. Dans ce film à sketches, j'avais imaginé pouvoir converser avec mon ami Coluche. Finalement, cela n'avait pu se faire, les effets spéciaux n'étant pas asser avancés.
source
http://www.lefigaro.fr/cinema/2010/02/26/03002-20100226ARTFIG00741-les-doublures-numeriques-envahissent-l-ecran-.php
vendredi 2 septembre 2016
Michel Blanc Interview - partie 3
Celui qui a été
"bronzé" et a croisé Pialat, Sautet, Blier est aujourd'hui à
l'affiche d'Un petit boulot. Ce qui valait bien une longue rencontre.
Pourquoi avoir laissé
passer dix ans entre vos deux réalisations, Marche à l'ombre et Grosse fatigue?
J'ai mis longtemps à me libérer
du blocage du type qui, après un succès, ne veut pas refaire le même film, tout
en doutant d'être capable d'écrire autre chose. Et puis le producteur Patrice
Ledoux a eu l'idée de nous réunir, Bertrand [Blier] et moi, pour que je réalise
un film que Bertrand écrirait. J'étais hyper flatté. Mais Bertrand ne sait pas
à quel point il est inhibant, à force d'avoir une idée dingue toutes les deux
secondes. Il est impossible à suivre et on finit par ne plus parler du tout!
J'ai donc jeté l'éponge.
Mais j'aimais l'idée de faire un
film sur le milieu du spectacle. J'avais d'ailleurs développé des projets dans
ce sens avec Jacques Audiardque j'ai fait souffrir tellement
je ne savais pas où je voulais aller. Et là, avec ce parti pris de faire jouer
aux gens leur propre rôle, j'avais trouvé le moyen de parler, avec du recul, de
la notoriété et de la folie des rapports entre les vedettes et le public. J'ai
d'ailleurs été extrêmement touché de recevoir le prix du scénario à Cannes.
Cinq ans après, j'ai réalisé Mauvaise
passe, qui a
été un échec. Et, comme après une chute de cheval, j'ai voulu me remettre tout
de suite en selle avec Embrassez qui vous voudrez.
L'inhibition qui m'envahit après un succès
s'envole dans ces moments-là.
On vous a ainsi notamment
retrouvé dans Aladin au côté
de Kev Adams.
Qu'est-ce qui vous avait attiré dans ce projet?
Son réalisateur Arthur Benzaquen
jouait dans Les souvenirs, que j'ai adoré tourner. Il m'a
fait passer son scénario à ce moment-là. Ce n'était, certes, pas mon univers,
mais je n'avais jamais joué de rôle de composition. J'ai toujours pensé que ce
n'était pas mon truc, car je suis plus un verbal qu'un physique. J'ai donc
voulu relever ce pari.
On vous retrouve acteur dans Un petit boulot, dont vous avez aussi écrit le
scénario, d'après le roman d'Iain Levison. Vous n'avez jamais pensé le mettre
en scène vous-même?
On me l'a proposé, mais cela
aurait été une erreur. Car j'aurais sans doute abîmé le fragile équilibre du
film entre un fond social très fort - et je ne suis pas Ken Loach! - et la comédie, vers laquelle il aurait
alors spontanément basculé. Pascal [Chaumeil], lui, a brillamment su le
conserver. Mais l'envie de réaliser est revenue. Je suis en train d'écrire
quelque chose...
mercredi 31 août 2016
MICHEL BLANC Interview - partie 1
Plus de quarante ans de carrière. Ce qui n'est pas rien. Il fait partie des
rares acteurs-scénaristes-réalisateurs à naviguer dans tous les genres. Ce qui
n'est pas rien non plus. Celui qui a été "bronzé" et a croisé Pialat,
Sautet, Blier et Kev Adams est aujourd'hui à l'affiche d'Un petit boulot. Ce
qui valait bien une longue rencontre.
Source interview - lexpress.fr/
Vous souvenez-vous du premier jour où vous avez joué devant un public?
Comme si c'était hier! J'étais en troisième et notre prof de français nous
faisait jouer les pièces qu'on étudiait. On a commencé avec Les
précieuses ridicules. Il a demandé qui voulait participer. Malgré ma
timidité maladive, j'ai senti mon bras se lever... et il m'a fait monter sur
l'estrade. Face aux rires que je provoquais chez mes copains, j'ai éprouvé
cette sensation très forte d'être à l'aise, pour la première fois de ma vie.
Faire ce métier est alors devenu une évidence.
Comment
est-ce devenu concret?
Grâce à la rencontre, au lycée, avec Gérard Jugnot qui m'a
présenté àThierry Lhermitte et Christian Clavier.
Tous deux étaient en train de répéter Zoo Story, d'Edward Albee, pour la MJC de
Neuilly. Gérard leur a proposé qu'on joue des sketches de Romain Bouteille en
première partie. Et on s'est donc retrouvés à passer une audition devant eux
dans la chambre de Thierry! L'histoire de la bande du Splendid a commencé ce
jour-là...
Quelles étaient vos relations avec vos concurrents de l'époque comme le Café de
la Gare?
Très bonnes, puisque l'une de ses membres, Sotha, nous avait prêté
de l'argent pour qu'on construise notre propre théâtre.
Coluche faisait-il
partie des gens que vous fréquentiez?
Oui, mais je le fréquentais moins que mes camarades, car j'étais
plus réservé sur le personnage qui pouvait, alors, être cruel. Ayant été la
cible de ses moqueries, je le lui avais d'ailleurs fait comprendre. Mais on
s'était ensuite rapprochés après qu'il a profondément changé.
En mars 1986, il était venu avec Josiane [Balasko] à mon anniversaire et m'avait dit en
partant: "Si tu fais à manger, invite-moi, je viendrai..." Hélas, il
est mort trois mois plus tard. Mais dans les années 70, il n'y avait aucun
esprit de concurrence entre nous et les autres bandes. C'est d'ailleurs en me
voyant sur scène que Patrick Dewaere avait suggéré mon nom à Claude Miller pour La meilleure façon de marcher, mon premier vrai rôle au cinéma
Comment
avez-vous vécu ce baptême du feu?
Avec une trouille énorme. Tout le contraire de ce que j'ai pu
vivre avec Les bronzés et ce personnage de Jean-Claude
Dusse que j'avais créé sur scène et dont je savais qu'il faisait rire. Ce rôle
m'a permis de trouver mon emploi comique que j'ai longtemps cherché. Sur scène,
Gérard [Jugnot] faisait bien plus rire que moi. Quand je le remplaçais dans Le
père Noël est une ordure, j'enchaînais
bide sur bide! Il m'a fallu comprendre que ce que j'écrivais faisait plus
marrer que mon jeu. Jean-Claude Dusse m'a permis de trouver mon rire.
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/michel-blanc-un-petit-boulot-a-l-equilibre-entre-fond-social-fort-et-comedie_1819627.html
lundi 29 août 2016
MICHEL BLANC Interview - UN PETIT BOULOT
Présenté en avant-première au Festival du film francophone d'Angoulême, "Un petit boulot" est le dernier film du réalisateur Pascal Chaumeil, disparu en 2015. A l'affiche de cette comédie noire et grinçante, Romain Duris et Michel Blanc. Ce dernier signe également le scénario du film. A voir en salles le 31 août.
«Je savais qu’il n’était pas bien, et il a dû quelquefois se reposer pendant le tournage, mais on m’avait dit qu’il avait contracté une sorte d’hépatite en Afrique… Je n’ai pas imaginé une seule seconde la gravité de son état; c’est pour ça que l’ambiance sur le tournage a toujours été relativement légère.»
«Je n’ai jamais écrit de rôle pour moi et j’ai rarement imaginé un personnage aussi… déterminé. Il est quand même un peu dur, un peu tordu. Je craignais que les gens qui me connaissent ne me trouvent pas crédible. Je veux bien jouer un type tordu, mais il faut que le public arrive à croire que je suis dangereux.»
Si je n’avais que des dialogues à écrire, ma vie serait un divertissement permanent. C’est ce que j’aime le plus faire. Je n’ai jamais écrit de roman. Je suis un écrivailleur, un écriveur, je suis avant tout un amoureux de la langue parlée.»
http://www.illustre.ch/magazine/michel-blanc-jetais-fait-pour-etre-enfant
mercredi 27 juillet 2016
GERARD LANVIN interview 2005
Le cinéma français ne manque pas de Gérard. Depardieu, Philipe, Jugnot, Darmon... Lanvin, c'est le beau Gérard. Beau à l'extérieur, comme un fauve, tout en souplesse des muscles sans hormones, celui de l'homme d'action des «Spécialistes», capable d'endurer les coups, même ceux du sort, quand il faut marcher à l'ombre de Michel Blanc ou tirer un boulet comme Benoît Poelvoorde.
Et beau à l'intérieur, comme ses yeux tendres, ce sourire chaleureux et ses rôles de «Une semaine de vacances» au «Fils préféré» invitent à le penser.
Gérard Lanvin est un homme rare, un acteur rare, un film par an, car s'il est une carrière qu'il entend absolument réussir, c'est celle de papa. Et dans son long métrage, il est un père divorcé, réduit à voir ses enfants un week-end sur deux.
«Les Enfants», est-ce une chronique, un film d'amour, une étude sociologique?
C'est une étude des comportements d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas vraiment de ma génération, j'ai 55 ans, mais bien celle de Karin (Viard). Et personnellement, je ne comprends pas trop. On fait des enfants et quand ils sont là, on se barre. C'est mal assurer le service après-vente! Je crois que vouloir fonder une famille, avoir des enfants donc, c'est vouloir grandir, prendre des responsabilités différentes, devenir quelqu'un d'autre.
Que représente pour vous le mot «papa»?
Mon papa. C'était une île où il ne pouvait rien m'arriver. Et je n'oublierai jamais quand mon petit Léo m'a dit «papa» pour la première fois. En fait, j'ai deux enfants dont Emmanuel, mon fils adoptif. Il a 30 ans aujourd'hui et je le connais depuis 25 ans. Mais, on n'élève pas un enfant de la même manière quand ce n'est pas le sien. On fait très attention, on est très vigilant, on en fait même davantage pour plaire à la mère et plaire à l'enfant. Et puis, il y a Léo, et le jour où il m'a appelé papa, c'est le jour où j'ai appris à grandir.
Dans «Les Enfants», vous incarnez un père divorcé et malheureux car privé de ses enfants. Que feriez-vous pour ne pas en arriver là?
Tout. Tous les jours. Même s'ils ont aujourd'hui 30 et 17 ans, mes enfants ne me pardonneraient jamais de divorcer. Je trouve cela normal. J'étais pareil. Moi, j'ai sacralisé mes parents. Ils étaient des êtres à part et je suis resté là-dessus. Comme beaucoup de gens de mon âge, je suis marié depuis plus de 25 ans, ce n'est pas un exploit, c'est une décision.
J'en connais d'autres qui ne se sont jamais mariés, qui n'ont pas eu d'enfant, ils sont comme inaboutis. Car ce sont les femmes qui vous poussent à avoir des enfants, un homme ne le demande jamais. Ça fout le trac, mais cela vous force à prendre vos responsabilités, c'est cela qui vous fait devenir un homme. J'essaie de partager ces responsabilités avec la maman de mes enfants. Et surtout de ne pas fuir à la moindre anicroche. Sinon, j'aurais, comme dans le film, ce sentiment d'échec, de culpabilité. Voir ses enfants une fois tous les quinze jours, c'est accepter de ne pas les connaître, de ne pas les éduquer. L'éducation, ce n'est pas être sympa, les racines sont amères mais les fruits sont doux, ça vaut le coup. Dans le film, Karin (Viard) est plus forte que moi car elle a droit à ses enfants tous les jours, elle a un rapport normal, elle peut dire «Fais tes devoirs! Arrête la télé!». Moi, je n'ai pas de rôle, si ce n'est aller les chercher le samedi à midi, pour les emmener au ciné. C'est minable et cet homme le sent. C'est cela qui m'intéressait: fantasmer sur un mariage raté. Cela peut arriver à n'importe qui. Et je ne suis pas à l'abri, même au bout de 28 ans. Mais j'ai réussi mon parcours de papa car j'ai des fils qui m'aiment et moi je les aime. Si vous en avez, vous le savez, les enfants, c'est la plus grande responsabilité qu'on a dans la vie. Il n'y a pas photo. Le cinéma, c'est pipi de chat à côté. Mais ce film, c'est bien, m'a permis d'exorciser le mauvais côté.
Réussir sa vie de famille représente beaucoup de sacrifices professionnels?
Oui. Surtout au moment de la quarantaine, quand on a encore le problème de l'avenir. Maintenant, mon avenir est derrière moi, je peux pleinement vivre le présent. C'est ça qui est bien avec l'âge. C'est d'ailleurs mon problème avec les enfants. Je leur dis «tranquille», mais ils sont hyper pressés car ils ont peur de l'avenir. «Est-ce que j'aurai le temps de connaître cela? D'aller là-bas? Est-ce qu'ils vont croire en moi?» Ce qui est bien avec l'âge, c'est qu'à un moment, on est en phase. Oui, j'ai fait des sacrifices professionnels, mais finalement, c'est rien, car j'ai réussi ma vie privée. J'ai la chance de faire un film par an et cela suffit pour mon ego. Je suis beaucoup plus fier de mon parcours de papa que de mon parcours d'acteur.
D'où vient cette conscience de vouloir réussir absolument votre parcours de papa?
L'exemple de mes parents. Je pense qu'on reproduit le schéma qu'on a connu à la maison. On a eu un père alcoolique, on devient alcoolique. Moi, j'ai eu un bon exemple. Et j'ai essayé de l'améliorer un peu. Et j'espère que mes enfants l'amélioreront pour leurs enfants. J'ai considéré mon père car il était présent. Quand j'avais un problème, c'était mon rocher et j'ai voulu donner cela à mes fils.
Incarner ce père qui se sent vide, cela représente quelque chose de nouveau pour vous?
C'est nouveau car je n'ai pas joué. Et ce n'est pas nouveau, car cela rejoint d'autres rôles comme celui du «Fils préféré», des types à la recherche de ce qu'ils ont perdu et d'éléments pour comprendre. Moi, j'ai trouvé mon équilibre dans ma vie affective mais je me suis battu.
J'ai épousé une femme, il y a 25 ans, je n'ai pas envie de me retrouver avec une autre. C'est absurde. Je trouve cela émouvant de se dire: j'ai rencontré une femme, il y a 25 ans, on s'aime toujours aujourd'hui. Mais quand je vois un petit cul passer, je me dis aussi que je lui ferais bien 10 enfants... (rires).
Et la tentation doit être d'autant plus forte quand on s'appelle Gérard Lanvin?
Moi, je ne vis pas ma célébrité. Il n'y a pas d'embrouille là-dessus.
On dit que je suis un séducteur, je ne suis pas au courant. Je vis à la campagne au milieu des vaches. Je ne suis pas pipeule, je ne suis pas attiré par cela. Au début, on voyait Manu dans «Voici», dans «Gala». Je lui ai dit: «Manu, on peut réussir sa vie sans être obligé de vendre son cul.» Il est musicien et il vivait avec des gens qui l'encourageaient à le faire. Il ne l'a plus jamais fait. Il m'a étonné dans ses comportements, dans ses douleurs qu'il encaissait tout seul. Car tous les métiers artistiques sont douloureux. On cherche à être apprécié mais on ne peut pas l'être tout le temps. Il faut l'admettre.
Comment voyez-vous la jeune génération?
Elle est coquette, cette génération des 17-18 ans. C'est une génération qui s'isole, qui ne parle plus, ou plutôt c'est une génération qui parle avec les doigts. Mais elle est fragile, elle est dans le doute. Y a plus d'histoires d'amour, c'est le cul. Il doit rester des sentimentaux, mais c'est une minorité, il me semble. D'où l'importance d'être à la maison, pour parler, pour expliquer. Et les acteurs qui passent tout leur temps sur les plateaux de cinéma, on voit le résultat avec leurs enfants...
Comment réagissez-vous au fait que vous recevez davantage d'éloges pour les films qui montrent votre face fragile plutôt que votre face virile?
C'est la même chose pour Daniel Auteuil ou Gérard Depardieu. On a tous une carapace, mais c'est ce qu'on a à l'intérieur qui compte. Tout le monde a sa fragilité, je ne suis pas opposé à la montrer, ce sont les personnages les plus intéressants. Jouer un type sûr de lui, cela peut être amusant mais ce n'est pas le plus agréable si on veut aller dans l'émotion. Les gens sensibles ne sont pas des gens sensés. Je suis sensible et je vais vers l'inverse de ce que les gens croient que je suis. Le public l'accepte, tout va bien. Je suis plus entamé qu'on peut le penser car j'ai souffert avec ce métier. Mais je peux faire autre chose, parce qu'avant, j'ai fait autre chose. Au cinéma, j'ai souffert du manque de gratitude. Vous faites quelque chose pour quelqu'un, deux mois plus tard, il ne s'en souvient plus. Le balai neuf balaie toujours mieux dans ce métier. Comme tous les acteurs, on est fragile, car on vit sur la demande des autres. On aimerait qu'ils nous aiment. On essaie de se montrer à la hauteur d'une affection possible, mais ce n'est pas le cas. J'ai fait 8 films avec Fechner et d'un coup, il m'a boycotté sans que je ne sache pourquoi. Donc, on souffre et on peut jouer des gens qui souffrent. Moi-même, je suis ému par la souffrance d'un homme à l'écran. Et je n'ai pas honte à le jouer.
La honte pour vous, c'est la presse pipeule?
C'est une attitude. Vous n'êtes pas dans les boîtes de nuit, dans «Voici», dans «Match» - Ah, la fameuse photo avec le gosse dans les bras -, on vous oublie. J'ai entendu Michael Youn répondre à un animateur télé: «Je suis une pute. Les acteurs sont des putes.» Désolé, je ne suis pas une pute. S'il faut embrasser un type sur la bouche à la télé pour être acteur, j'arrête tout de suite. Parce que je les regarde les émissions «pipeule», c'est pour cela que je ne les fais pas (rires). Moi, je veux bien aller dans les villes de province présenter le film dans les cinémas. Je fais 10000 bornes pour chaque film, mais aller chez Ardisson pour qu'il me demande: «A quel âge t'as eu ta première pipe?» Je lui casse une bouteille sur la tête à un type qui me parle comme ça. Si j'y vais et qu'il me parle comme cela, je lui mets mon poing. C'est pour cela que je n'y vais pas. Je ne suis pas un comique de fin de repas. Claude Berri, le producteur, ne comprend pas cela, c'est dommage pour lui.
Vous avez tourné «Les Parrains», qui est aussi le dernier film de Jacques Villeret. Quel souvenir gardez-vous de lui?
Jacques est mort de sa belle mort. Il était alcoolique - ce n'est un secret pour personne - et il en est mort. J'ai vu cette émission où il faisait la promo de «Iznogoud», avec Michael Youn. Jacques Villeret, c'était un acteur populaire français, magique, puissant, phénoménal. C'était un comique sensible avec de la faiblesse, de la déprime. Quand Michael Youn est parti embrasser l'autre sur la bouche, j'ai vu l'oeil de Villeret, et j'ai lu «Je n'ai plus rien à faire ici. Je n'ai plus rien à vendre». Je le connaissais depuis longtemps Jacques, on a souvent travaillé ensemble. On a été heureux pendant ce tournage, mais je le voyais épuisé aussi. Jacques Villeret travaillait tous les jours, Jacques Villeret n'avait pas un jour de repos. Et quand on voit cela, on se dit, mais faites attention à lui. Il n'y avait personne pour lui dire: ce film-là n'est pas utile, repose- toi plutôt. C'était un homme au bout du rouleau. Sa mort ne m'a pas surpris du tout. Il est mort usé.
Quels sont vos projets?
C'est marrant, les gens pensent que j'ai du boulot. Il y a des mecs qui ont trois, quatre contrats d'avance, moi jamais. Quand j'ai terminé un film, c'est la merde. Pas financièrement, je suis très bien payé. Le problème n'est pas là, mais je ne sais pas ce que je vais faire après, et cela a toujours été comme cela. Mais j'ai l'habitude maintenant et le doute est ma ligne de flottaison. De toute façon, le succès c'est rien, l'échec c'est rien, la vie c'est grave et le cinéma, c'est juste une plaisanterie.
© La Libre Belgique 2005
http://www.lalibre.be/culture/cinema/gerard-le-gout-du-papa-51b8895ee4b0de6db9abe650
vendredi 8 juillet 2016
CHRISTOPHE LAMBERT parle d'Highlander 2
Votre carrière bascule avec Highlander 2 , Accident industriel qui vous vaut le les premières moqueries de la critique et du public.
J’avais signé le film à l’époque, et je n’avais pas mon mot à dire sur le scénario. Je me souviendrai toujours avoir expliqué aux producteurs qui ne fallait pas expliquer le concept d’immortalité. Le mec vient de la planète Zeist, ça veut dire quoi ? les mecs sont immortels, ils se réparent et doivent se couper la tête, fin de l’histoire. Cette science fiction était stupide. Et ce qui l’était encore plus c’était d’appeler le film Highlander. En promo, je disais aux gens « si vous vous attendez à voir le suite d’highlander, vous vous trompez », le producteur était fou, mais je vous le répète, je n’avais pas le choix. Si je ne faisais pas le film, le studio me collait un procès sur le dos, et j’étais content de retrouver Russel, ma caution visuelle à Hollywood.
Vous l’avez payé cher quand même, Le film marque un point de bascule dans votre carrière.
Pas sûr, j’aurai aimé qu’highlander 3 soit le numéro 2 Qu’on l’aime ou pas, ce film, au moins avait du sens par rapport au concept originel. Et puis, Highlander 2 ne m’a pas empéché de faire « Max et Jéremie », de Claire Devers, et Nivana de Gabriele Salvatore, des films dont je suis fier. Les autres, enfin certains autres, on n’en parle pas, on se comprend hein ?
jeudi 7 juillet 2016
CHRISTOPHE LAMBERT parle de SUBWAY
Dans la foulée de
Greystoke, vous enchaînez « Parole et musique » et Subway de Luc
Besson
J’ai obtenu le rôle de Parole et musiques avant que Greystoke ne sorte en salles. Une fois le film de Chouraqui terminé, Luc me propose Subway Entre-temps « Greystoke » était sorti et quand je finis Subway je signe « Highlander »
Cette subite Lambert-mania
vous grise-t-elle ?
Je ne peux pas dire que c’était désagréable, je me suis aperçu tout de suite du pouvoir incroyable de cette gigantesque machine qu’était le cinéma. On se dit qu’il faut surtout bien rester les pieds sur terre, prendre du recul. Il y avait moi, Christophe, et l’autre Christophe, la star de cinéma. Je n’ai jamais confondu l’un et l’autre. La starisation qu’engendre la promotion, les photos, les magazines, je jouais le jeu parceque j’avais la conviction de servir le public. Je me disais « peut être qu’ils veulent en savoir plus sur le film, qui je suis, mais après, je redevenais le Christophe banal , de la même façon qu’entre « action » et « coupez », je suis un autre mec.
Je ne peux pas dire que c’était désagréable, je me suis aperçu tout de suite du pouvoir incroyable de cette gigantesque machine qu’était le cinéma. On se dit qu’il faut surtout bien rester les pieds sur terre, prendre du recul. Il y avait moi, Christophe, et l’autre Christophe, la star de cinéma. Je n’ai jamais confondu l’un et l’autre. La starisation qu’engendre la promotion, les photos, les magazines, je jouais le jeu parceque j’avais la conviction de servir le public. Je me disais « peut être qu’ils veulent en savoir plus sur le film, qui je suis, mais après, je redevenais le Christophe banal , de la même façon qu’entre « action » et « coupez », je suis un autre mec.
Comment abordez-vous Subway ?
Vous pressentiez le potentiel de Luc Besson ?
Déjà son premier film, « le Dernier Combat »m’avait beaucoup impressionné. La manière de filmer, de faire beaucoup avec peu de moyen. Oui, sa mise en scène était plus aboutie que la moyenne, on voyait que ce mec allait devenir un poids lourd. Ce qui était super avec « Subway »,c’est que nous avions tous entre 26 et 30 ans, des acteurs , l’équipe technique. On travaillait sérieusement mais avec la décontraction, la vitalité de la jeunesse. Nous nous marrions comme des mômes à l’école.
Déjà son premier film, « le Dernier Combat »m’avait beaucoup impressionné. La manière de filmer, de faire beaucoup avec peu de moyen. Oui, sa mise en scène était plus aboutie que la moyenne, on voyait que ce mec allait devenir un poids lourd. Ce qui était super avec « Subway »,c’est que nous avions tous entre 26 et 30 ans, des acteurs , l’équipe technique. On travaillait sérieusement mais avec la décontraction, la vitalité de la jeunesse. Nous nous marrions comme des mômes à l’école.
Même avec Adjani, qui à l'époque
était la première star avec laquelle
vous tournez ?
Franchement, je ne voyais pas la différence. Ces gens-là sont normaux vous savez. Ou on connecte humainement, ou ne se connecte pas. La notoriété ne change rien àl’affaire. Quand j ai rencontré Isabelle, on s’est dit bonjour ça a bien fonctionné tout de suite. Comme avec Sean Connery sur « Highlander ». Ou mon pote De Niro. On s’est rencontré dans un taxi qui nous emmenait voir Terry Gilliam. On se dit bonjour, on monte dans la voiture. Comme de Niro est un mec trés timide, on s’est échangé des banalités pendant 30 secondes et on s est tus pendant deux heures. Mais chez Gilliam, il s’est un peu décontracté. Plus tard à New York, pendant la promo de « Subway » je lui passe un coup de fil. De Niro me propose de passer le voir. Ca me génait un peu, j étais avec Besson qu’il ne connaissait pas. « Pas de problème , passe avec lui ». On arrive dans un restau, De Niro était là avec Pacino qui nous ramenait en voiture à la fin de la soirée. Vous imaginez ? c’était une hallu complète. Tout ça pour dire qu’ils auraient très bien pu nous snober, becter dans leur coin. Avec le temps, je me suis aperçu que le niveau des gens de ce métier était lié à leurs qualités humaines. A un moment donné les gens prétentieux dérapent toujours
Franchement, je ne voyais pas la différence. Ces gens-là sont normaux vous savez. Ou on connecte humainement, ou ne se connecte pas. La notoriété ne change rien àl’affaire. Quand j ai rencontré Isabelle, on s’est dit bonjour ça a bien fonctionné tout de suite. Comme avec Sean Connery sur « Highlander ». Ou mon pote De Niro. On s’est rencontré dans un taxi qui nous emmenait voir Terry Gilliam. On se dit bonjour, on monte dans la voiture. Comme de Niro est un mec trés timide, on s’est échangé des banalités pendant 30 secondes et on s est tus pendant deux heures. Mais chez Gilliam, il s’est un peu décontracté. Plus tard à New York, pendant la promo de « Subway » je lui passe un coup de fil. De Niro me propose de passer le voir. Ca me génait un peu, j étais avec Besson qu’il ne connaissait pas. « Pas de problème , passe avec lui ». On arrive dans un restau, De Niro était là avec Pacino qui nous ramenait en voiture à la fin de la soirée. Vous imaginez ? c’était une hallu complète. Tout ça pour dire qu’ils auraient très bien pu nous snober, becter dans leur coin. Avec le temps, je me suis aperçu que le niveau des gens de ce métier était lié à leurs qualités humaines. A un moment donné les gens prétentieux dérapent toujours
En 1986, vous remportez
le césar du meilleur acteur pour « Subway ». La reconnaissance de vos
pairs vous évoque-t-il les premiers applaudissements qui vous avaient tant grisé
à 12 ans ?
J’ai dédié ma récompense à mon frère, je lui devais beaucoup de choses, dont une partie de mon identité artistique. Il était assez lunaire, dans son monde, il peignait, jardinait, Aujourd’hui, il est mort d’un cancer des os. Enfin voilà, A ce moment précis, j’ai pensé à lui, je n’avais rien préparé, c’est sorti comme ça. En quittant la scène, j’ai réalisé que je n’avais pas remercié Luc Besson. Je m’en veux encore aujourd’hui.
J’ai dédié ma récompense à mon frère, je lui devais beaucoup de choses, dont une partie de mon identité artistique. Il était assez lunaire, dans son monde, il peignait, jardinait, Aujourd’hui, il est mort d’un cancer des os. Enfin voilà, A ce moment précis, j’ai pensé à lui, je n’avais rien préparé, c’est sorti comme ça. En quittant la scène, j’ai réalisé que je n’avais pas remercié Luc Besson. Je m’en veux encore aujourd’hui.
Vous ne regrettez pas
non plus d’avoir refusé le rôle de Jacques Maillol dans le Grand Bleu ?
Il faut replacer les choses dans leur contexte. D’abort, j’ai beaucoup travaillé sur le grand bleu, On plongeait avec Luc Besson, avec les dauphins, c’était super excitant. Et puis je me suis dit que j’avais déjà tourné le grand bleu en tournant Greystoke. Au lieu d’un singe, on me collait un poisson ! La prochaine fois ça sera quoi ? un phoque, un chien, une vache ? j’adore Luc, on est pote ,on a le même univers, mais non, je ne le sentais pas. Je ne voulais pas devenir Alain Bougrain-Dubourg du cinéma.
Il faut replacer les choses dans leur contexte. D’abort, j’ai beaucoup travaillé sur le grand bleu, On plongeait avec Luc Besson, avec les dauphins, c’était super excitant. Et puis je me suis dit que j’avais déjà tourné le grand bleu en tournant Greystoke. Au lieu d’un singe, on me collait un poisson ! La prochaine fois ça sera quoi ? un phoque, un chien, une vache ? j’adore Luc, on est pote ,on a le même univers, mais non, je ne le sentais pas. Je ne voulais pas devenir Alain Bougrain-Dubourg du cinéma.
Source
http://tempsreel.nouvelobs.com/cinema/20120714.CIN8155/christophe-lambert-quand-j-ai-signe-highlander-je-parlais-anglais-comme-l-inspecteur-clouzot.html
mercredi 6 juillet 2016
CHRISTOPHE LAMBERT parle du tournage de GREYSTOKE
Vous décrochez votre
premier rôle dans Greystoke, Hugue
Hudson vient de tourner els chariots de feu, pourquoi mise t’il sur un parfait
inconnu comme vous ?
Hudson cherchait un inconnu, il avait raison d’ailleurs,
il fallait un mec qui s’efface derrière
la puisance du personnage - Il a fait le
tour du monde pour trouver son acteur.
Il a débarqué à Paris. La production ratissait large. Au casting nous
étions entre 500 et 600 types tous réunis dans une salle immence. Face à nous, Hudson et son casting director, une
pointure de l’époque.
Ils nous font faire des bonds. Au bout de trois
minutes, je m’assois. Alors, il s’est passé ce que j’ame dans la vie : un
seul mec assis au milieu de 500 autres qui sautent, on ne voit que lui . La casting director se tourne vers Hudson, et
lui dit en me pointant du doigt : « Fais
des essais avec ce garçon. » Hudson
me regarde, la regarde, suspicieux, du genre : elle a bu ou quoi ?
Je pesais 58 kilos, je portais des lunettes. Hudson appelle mon agent pour me
convoquer un mois et demi plus tard, à Londres. Pour des essais « singe »
puis des essais « civilisation». Les essais « singe » s’éternisent.
Pas le temps pour la « civilisation ».
Je rentre à Paris. Hudson rappelle mon
agent : il veut me laisser la même chance que pour la quinzaine de
candidats encore en course. Je repars à Londres
On connait la suite
Oui, six mois d’entrainement, à raison de quatre heures de gymnastique par jour. Hudson voulait un corps de danseur, pas un mec bodybuildé et là après-midi, quatre heures de singe. Puis huit mois de tournage, au Cameroun, à Londres. On termine le film dans un château magnifique à la frontiere entre l’Angleterre et l’Ecosse.
Oui, six mois d’entrainement, à raison de quatre heures de gymnastique par jour. Hudson voulait un corps de danseur, pas un mec bodybuildé et là après-midi, quatre heures de singe. Puis huit mois de tournage, au Cameroun, à Londres. On termine le film dans un château magnifique à la frontiere entre l’Angleterre et l’Ecosse.
Vous devenez une star
internationale, américaine serait-on tenté de dire, puisque vous apparaissez au
générique en tant que « Christopher Lambert » c’était quoi, une
coquetterie pour faire plus américain ?
Non, j’ai vraiment les deux prénoms. En France, c’est Christophe, mais pour l’état civil américain, c’est Christopher/// Mais de toute façon, le studio aurait anglicisé mon nom
Non, j’ai vraiment les deux prénoms. En France, c’est Christophe, mais pour l’état civil américain, c’est Christopher/// Mais de toute façon, le studio aurait anglicisé mon nom
C’était plus vendeur ?
Non, pas du tout, d’ailleurs mon accent français était bien difficile à maquiller à l’époque. Avant le tournage, je parlais un anglais scolaire, perfectionné par mes séjours à Londres. Au bout de deux mois et demi de préparation j’ai fini par parler couramment. Restait l’accent, qu’il fallait façonner de manière à brouiller mes origines. Ce qu’ils appellent l’accent mid-Atlantic. J’ai vraiment perfectionné cette technique sur « Highlander ». Mon agent m’avait fait signer le film avant que les studioss s’aperçoivent que je parlais anglais comme l’inspecteur Clouzot (rires). Pour jouer un Ecossais, vous imaginez la scène ! Les producteurs ont failli tomber de leur chaise. J’ai donc travaillé d’arrache -pied ce fameux accent. Depuis, la première question que me pose un américain lorsqu’il me rencontre est me demander d’où je viens.
Non, pas du tout, d’ailleurs mon accent français était bien difficile à maquiller à l’époque. Avant le tournage, je parlais un anglais scolaire, perfectionné par mes séjours à Londres. Au bout de deux mois et demi de préparation j’ai fini par parler couramment. Restait l’accent, qu’il fallait façonner de manière à brouiller mes origines. Ce qu’ils appellent l’accent mid-Atlantic. J’ai vraiment perfectionné cette technique sur « Highlander ». Mon agent m’avait fait signer le film avant que les studioss s’aperçoivent que je parlais anglais comme l’inspecteur Clouzot (rires). Pour jouer un Ecossais, vous imaginez la scène ! Les producteurs ont failli tomber de leur chaise. J’ai donc travaillé d’arrache -pied ce fameux accent. Depuis, la première question que me pose un américain lorsqu’il me rencontre est me demander d’où je viens.
Vous êtes sur un nuage,
mais pendant ce temps-là , votre partenaire Andie MacDowell vit un enfer
Andie n’a rien vu venir. Sur le tournage, elle travaillait dur, tout le monde était gentil avec elle. Sauf que Hugh Hudson a doublé sa voix en post production. Andie a vu le film seule dans une salle. Personne ne l’avait prévenue. Je l’ai su après coup, je trouvais ça monstrueux et parfaitement injustifié. Comme Andie venait du mannequinat, si on la doublait, c’est qu’elle était forcément nulle.Alors qu’elle était à la fois très belle et excellent comédienne. Ca lui a coûté très cher jusqu’à ce que Soderbergh lui fasse confiance avec « Sexe mensonges et vidéo » (1989).
Andie n’a rien vu venir. Sur le tournage, elle travaillait dur, tout le monde était gentil avec elle. Sauf que Hugh Hudson a doublé sa voix en post production. Andie a vu le film seule dans une salle. Personne ne l’avait prévenue. Je l’ai su après coup, je trouvais ça monstrueux et parfaitement injustifié. Comme Andie venait du mannequinat, si on la doublait, c’est qu’elle était forcément nulle.Alors qu’elle était à la fois très belle et excellent comédienne. Ca lui a coûté très cher jusqu’à ce que Soderbergh lui fasse confiance avec « Sexe mensonges et vidéo » (1989).
mardi 5 juillet 2016
CHRISTOPHE LAMBERT, le conservatoire, le cours Florent et MICHEL BOUQUET
Il parait que votre vocation d’acteur vous a attrapé à 12 ans, quand vous jouiez une pièce de théatre en vacances.
Christophe Lambert. C’ exact, on avait monté une partie des jeux de l’amour et du hasard. Je me sentais bien dans la peau d’un autre personnage, mais en fin de compte, ce que j aimais le plus, c’était les applaudissements de mes proches. Je me disais : «Â Pour une fois, j ai fait quelque chose de pas trop mal. Je voulais devenir acteur pour retrouver ce feeling. Pourtant, je n’avais pas envie de suivre des cours de théatre . Le cinéma en revanche, m’ attirait davantage.
Mais vous avez fait le Conservatoire à Paris ¦
Avant cela je suis arrivé à Paris tout court, à 19 ans. Mon père m’avait prévenu « Acteur pourquoi pas ? Mais avant de te lancer, il te faut un vrai métier
J ai d’abord travaillé dans une banque à Londres. Je devais faire le même genre de boulot à Paris. Le problème c’est qu’au moment où je suis arrivé, les agents de change étaient en grève, donc j’ai dit à mon père, en attendant que la grève se termine, j’essaierai acteur. Il m’a répondu à ok, je te donne deux ans pour que ça marche. Pendant un an et demi, je me suis plus amusé qu’à autre chose, je fais ais des boulots dans les boutiques avec une super copine, Caroline, et puis je me suis aperçu que par rapport à l’ultimatum que mon père m’avait fixé, il me restait six mois pour réussir. Il fallait donc que j’aille en cours.
Je ne m’étais pas inscris, j’achetais juste ‘’le technicien du film » pour les annonces de casting, les news de tournages, ma mauvaise conscience m’a poussé à agir. Comme je suis quelqu’un de timide, j’ai demandé à Caroline de venir avec moi au cours Florent. Elle est reste pendant deux semaines, le temps que je m’intègre, puis elle est retournée dans sa boutique. - Quatre mois plus tard, Yves Lemoine, le prof principal me dit « Toi, je vais te présenter au Conservatoire. J’ai pensé qu’il était complètement allumé, normalement on présente le conservatoire après deux ans de cours, mais bon c’était lui le prof, alors pourquoi pas ? et j’ai eu le conservatoire, malgré tout, j’ étais un peu triste de laisser ma bande de copains du Florent.
Les cours vous plaisaient finalement ?
Le Florent, oui, c’était marrant, franchement, la première annonce, je ne comprenais rien, il y avait tellement d’analyses de dialogues, de théatre abstrait, je me foutais de savoir ce que machin avait en tête lorsqu’il écrivait telle pièce. Jouons la puis voilà. Mais la deuxième annonce, j’ai eu de la chance, avoir Michel Bouquet comme prof
,
Un mec exceptionnel, passionnant et d’une générosité folle. En le regardant, je comprenais tout. Ce qui permet de faire croire, voire de se transformer en quelqu’un d’autre, c’est ça la passion, le cours et rien d'autre-
SOURCE INTERVIEW
Nouvel OBS. Guillaume Loison Publié le 14 juillet 2012
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